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Les singularités de la vie moscovite
De notre envoyée spéciale à Moscou, Malika ALAMI

Par L'Economiste | Edition N°:2250 Le 06/04/2006 | Partager

. Toute voiture est un taxi potentiel l’espace d’une course. Ouverture du marché mais esprit tourné vers le passé. Le séjour chez l’habitant taxé à partir du quatrième jour  Versace, Givenchy, Hédiard, Zara… Ce n’est pas de Paris, Londres ou New York qu’il s’agit, mais de Moscou qui, ces toutes dernières années, offre un visage nouveau. C’est une ville qui peut paraître singulière pour qui y met les pieds pour la première fois. Dès que l’on quitte l’aéroport Cheremetievo, on peut se sentir perdu si l’on ne parle pas le russe. Difficile en effet de trouver quelqu’un qui parle anglais et encore moins français ou arabe. En fait, les Russes ne sont pas très portés sur les langues étrangères. Tous les panneaux indicateurs sont en cyrillique. Un alphabet difficile à déchiffrer. Le touriste est également frappé par les dimensions pharaoniques des boulevards de la capitale russe. Les artères moscovites, héritées du passé urbaniste communiste, sont larges parfois de plus de 300 mètres et s’étendent souvent sur plus de 100 km. Elles ne sont jamais vides, même la nuit. Et ces larges avenues se transforment, dès le lever du jour, en un grand capharnaüm animé par les coups de klaxon et les crissements de freins. Dans ce dédale, tout néophyte peut se trouver perdu. Les règles, connues et admises dans la plupart des pays du monde, ne semblent pas avoir leur place ici. Le conducteur de droite n’a pas automatiquement la priorité et les automobilistes la ravissent aux piétons. Par ailleurs, pas de passages cloutés. Alors pour traverser, le piéton se résigne à marcher deux ou trois kilomètres à la recherche d’un passage souterrain. Les habitants les connaissent par coeur, mais le visiteur comprend difficilement que pour rejoindre l’immeuble d’en face, il faille faire un détour de plusieurs kilomètres. Trouver alors un taxi est un exercice aléatoire, car des taxis à Moscou, il y en a très peu. Mais tous les Moscovites le diront: en Russie, toute voiture est un taxi potentiel l’espace d’une course. Il suffit de lever le pouce et le premier conducteur de passage s’arrête (quatre millions de voitures de toutes marques circulent à Moscou). Cela peut être même un ambulancier dont le véhicule est vide ou le chauffeur d’une voiture diplomatique. Tous sont prêts à vous prendre, à condition de payer bien sûr. Commence alors une petite partie de négociations où le prix peut varier du simple au quintuple car en Russie, comme au Maroc, le marchandage est un sport national. Tout peut être marchandé, même la contravention de police ou la nuit d’hôtel. Sur ce dernier plan, il faut être certain d’avoir fait le bon choix. Car une fois les formalités de visa et administratives communiquées aux autorités, pas moyen d’en changer. A moins de s’adresser au département des Affaires étrangères russes. Et là, c’est une autre paire de manches. Parmi les autres particularités de la ville moscovite, l’exigence du paiement d’une taxe dès le quatrième jour pour tout étranger séjournant chez l’habitant. Dans certains cas, il n’y a pas matière à discuter. Le visiteur peut être confronté à l’agressivité, sans raisons, de ses hôtes, surtout que le handicap de la langue ne facilite pas les choses. Des touristes marocains en ont fait les frais lors de leur séjour dans le cadre du Salon MITT Moscou (cf. www.leconomiste.com). A proximité de l’hôtel de la délégation marocaine, un grand magasin en a attiré plus d’un en raison des prix bon marché des parfums de grandes marques, notamment françaises. Les produits dans cette grande surface sont trois fois, voire quatre fois moins chers qu’en France ou ailleurs. Intrigués, les visiteurs marocains se sont promenés entre les rayons où ils ont découvert même des échantillons «not for sale» exposés à la vente. Produits de contrebande, blanchiment d’argent, produits volés? Difficile à savoir. Et les clients marocains ont été invités de manière brutale à quitter illico les lieux par des agents de sécurité, alors qu’ils ne faisaient que se promener entre les rayons. Dans ce cas, il faut partir sans demander son reste. Car souvent, assurent des Moscovites, il est préférable de ne pas chercher à comprendre. «Le crime et les organisations mafieuses sont partout et ils ne font pas de sentiments», prévient un habitant de la ville. Dans ce paysage d’insécurité où l’ouverture du marché contraste avec un passé communiste très présent, des Marocains ont tout de même choisi la Russie et Moscou comme terre d’adoption. Pour certains, cela leur réussit très bien. Selon un représentant de l’ambassade du Maroc, la cité compte une soixantaine de résidents marocains déclarés, mais en fait, ils sont beaucoup plus nombreux. En arrivant en 1989 à Moscou, bénéficiant d’une bourse octroyée par le gouvernement russe, Hicham Machrouh ne savait pas que dix-sept ans après, il serait encore là. Après des études spécialisées dans l’industrie automobile à l’Institut des Ponts et Chaussées, il occupe aujourd’hui le poste de sales manager chez Nestlé. Rachid El Aarabi, un homme d’affaires dans l’import-export, originaire de Khénifra, est également bien introduit et bien intégré dans les milieux moscovites. Parallèlement à son activité, il gère également aujourd’hui, avec des associés étrangers, l’ancien bunker de Staline devenu un musée ouvert au public. D’un autre côté, avec son frère, il tente de promouvoir la culture marocaine et l’amitié maroco-russe à travers un centre baptisé «Dar Al Maghrib». Comme ces deux MRE, beaucoup de Marocains continuent à choisir la Russie pour faire leurs études supérieures. Toutefois, selon des informations recueillies auprès d’anciens étudiants, le phénomène de vente de diplômes persiste et entache leur valeur. «3.000 à 5.000 dollars suffisent pour assurer le succès dans toutes les matières enseignées», déplore un Marocain résidant à Moscou.


Relations économiques

Le Maroc est le deuxième partenaire commercial arabe de la Russie. Ce pays importe essentiellement du Maroc des agrumes, farine de poisson, tomates, minerai de zinc et pommes de terre. Outre les importations de pétrole, le Maroc bénéficie de partenariats dans les domaines des barrages, pêche et télédétection spatiale. Pour rappel, les premières bases de cette coopération ont été jetées lors de la visite officielle du Roi Hassan II dans l’ex-URSS, en octobre 1966. Une visite marquée par la signature de plusieurs accords bilatéraux portant sur la coopération économique, scientifique, technique et culturelle. Ces relations économiques ont été renforcées lors de la visite de SM le Roi Mohammed VI en 2002 à la Fédération de Russie. Des partenariats stratégiques ont été à cette occasion conclus entre les deux pays.

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