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Les retards de paiement: Danger!
Des ravages dans les affaires en toute impunité

Par L'Economiste | Edition N°:1610 Le 26/09/2003 | Partager

. Les délais vont de 6 mois à 2,5 ans, aucun secteur n'est épargné. L'Etat, l'éternel bouc émissaire. Les banques ferment le robinetAlerte! L'économie est en train de s'asphyxier! Les symptômes? Des délais de recouvrement à durée indéterminée et des retards de paiements qui freinent la croissance des entreprises et donc du PIB..Le constat est sans appel: aucun secteur n'est épargné, mais les PME sont les plus touchées. Cependant, elles préfèrent souffrir en silence par peur de représailles de la part de leurs clients, y compris et surtout des gros clients. Ainsi, l'enquête menée par l'Economiste auprès des chefs d'entreprises et banquiers a dû être conduite contre la promesse de l'anonymat.Bien sûr l'infection n'en est pas à ses débuts. Les retards de paiement ont d'ailleurs souvent été présentés comme “un sport national”. Cependant, faute d'un traitement de choc, de réglementation et de recours juridique, la contamination se fait plus virulente, ces derniers mois. La morosité économique aidant, la maladie risque de prendre une ampleur dangereuse. La situation inquiète tout autant les banquiers. Et pour cause, des secteurs entiers, en proie à “une concurrence féroce”, se livrent à la course au chiffre d'affaires . Il s'agit, entre autres, des minotiers, des grossistes en pharmacie, des distributeurs en matériel électroménager, des industries de transformation… “Ces entreprises sont prêtes à de gros sacrifices sur les prix réduisant leurs marges et accordant des délais clients exagérés”, s'inquiète un responsable à la BMCE. A charge ensuite pour l'entreprise de faire patienter ses fournisseurs et de négocier avec le banquier des dépassements sur les lignes de crédits. De tels procédés ne peuvent fonctionner indéfiniment. Il suffit qu'un maillon cède pour qu'il entraîne toute la chaîne dans la débâcle. D'abord, l'entreprise ne pourra pas pratiquer durablement le dumping sans mettre en péril sa viabilité. Or la concurrence n'en est qu'à ses débuts avec l'ouverture du marché et le démantèlement douanier. “Le producteur local à la traîne dans sa mise à niveau, a beau brader ses prix, il ne réussira pas à conserver ses parts de marché face aux produits importés, souvent de meilleure qualité et plus compétitifs”, souligne un analyste financier. Ensuite, le manager ne peut augmenter les délais fournisseurs de façon exagérée. Faute de recouvrer leurs créances, ces derniers finiront par suspendre leurs livraisons. A moins qu'ils se laissent prendre au jeu du client en renouvelant la traite à l'échéance, dans l'espoir de récupérer ses fonds. Ainsi, de proche en proche, au lieu de croître, le tissu économique stagne ou se restreint.Enfin, reste le crédit bancaire. Fini le temps du laxisme. Dès son arrivée aux affaires, le nouveau gouverneur de la Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri, a mis les pendules à l'heure: Les banques devront faire preuve de plus de rigueur en matière de gestion et de suivi du risque client, de classement des créances douteuses et de réduction du délai de provisionnement. “Face à la pression de l'Institut d'émission, les banques ont déjà commencé à fermer le robinet”, s'alarment les opérateurs. Iront-elles jusqu'à l'asphyxie générale?En tout cas les autorités monétaires seront intraitables sur le respect des ratios prudentiels. Elles entendent s'aligner sur les accords du comité de Bâle II qui impose le rating aux entreprises des 10 pays les plus industrialisés. Par effet de contagion, via les maisons-mères et les correspondants étrangers, le système bancaire marocain devra s'y conformer pour ne pas être marginalisé sur le marché international.Autre cheval de bataille des autorités monétaires: instaurer une cohérence dans le règlement des litiges entre la banque, le fisc et la justice. Selon le gouverneur de BAM, c'est le seul moyen de réduire le montant global des impayés, d'éviter l'asphyxie générale et donc de préserver la sécurité financière du pays (cf. www.leconomiste.com).Dans la situation actuelle, tout le monde a sa part de responsabilité. Bien sûr, les entreprises interrogées préfèrent jeter la pierre à leurs partenaires. Sur le banc des accusés, l'Etat et les Offices publics sont en première ligne malgré les gros efforts de ces deux dernières années. Cela n'a pas suffi à redorer le blason du secteur public aux yeux des opérateurs. Le règlement des arriérés est palpable sur le plan macro-économique, notamment en 1999 et 2000. “Pour autant, il ne soulage que partiellement la trésorerie des petites entreprises qui réalisent la totalité du chiffre d'affaires grâce aux marchés publics”, ajoute un directeur d'entreprise de matériel électrique. Et de dénoncer un rallongement des délais depuis 2001. Est-ce une erreur de parcours ou le retour des mauvaises habitudes? Reste à démanteler les procédures tatillonnes souvent dénoncées lors de notre enquête. “L'Etat a certainement amélioré le délai moyen des paiements, mais de fortes disparités subsistent d'une administration à l'autre, d'un Office à l'autre…”, dénonce un opérateur dans la pièce détachée. Un exemple: les régies de transport. Elles battraient tous les records avec des délais dépassant 2,5 ans! “Il va falloir statuer rapidement sur leur sort, soit en les recapitalisant, soit en les cédant au secteur privé. Si elles sont déclarées en cessation de paiement, alors bon nombre de PME se retrouveront avec des ardoises de 2 à 3 millions de DH chacune”.Autre cas de figure: Les donneurs d'ordre sont des Offices publics parfaitement solvables mais soumis à une procédure de règlement complexe et longue. Ainsi, l'ONE est actuellement le principal donneur d'ordre du secteur électrique, grâce au Programme d'électrification rurale (PERG). “La procédure interne de l'Office impose que le village soit entièrement livré avant le déblocage du paiement”, explique un soumissionnaire. Résultat: des délais de règlement de 7 à 8 mois et des tensions de trésorerie aiguës.Mais attention, le règlement des arriérés ne concerne pas uniquement les créances liées à la passation des marchés publics. Il englobe aussi la restitution d'impôts, le remboursement des avances sur TVA notamment. Là aussi, les entreprises ne ménagent pas leurs mots. “L'Etat n'accomplit pas son devoir et donne le mauvais exemple”. Dans le secteur électrique, le cumul de la TVA non payée tourne en permanence autour de 400 millions de DH par an. Quand le secteur est au bord de l'asphyxie, la profession, par la voie de sa Fédération (la FENELEC), se mobilise et fait pression. Le Trésor lâche prise et rembourse une partie des arriérés. Mais le problème rejaillira quelques mois plus tard.Mouna KABLY

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