×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique Internationale

Les puissants de Casablanca

Dixième épisode
Roman inédit de Rida LAMRINI

Par L'Economiste | Edition N°:540 Le 30/06/1999 | Partager

10- La secrétaire a disparu

Résumé de l'épisode d'hier
Amine, le jeune chef d'entreprise, arrive d'un voyage d'affaires. Dans l'avion et dans l'aéroport, il s'est silencieusement énervé contre les privilèges. Mais son chauffeur lui apprend que les choses vont changer: une campagne d'assainissement, contre la contrebande et les riches, vient de commencer.

Le chauffeur d'Amine ne cache pas son approbation pour cette campagne qui vient de commencer mais que le puissant Président Yamani ainsi que son beau-frêre, le député Talibi, croyaient encore secrète.
"La police organise quotidiennement des descentes dans les dépôts de Derb Omar, raconte le chauffeur. Pour une fois, poursuit-il, les petites gens s'amusent pendant que les gros rats trinquent. Le reste est toujours pareil. Il y a un climat d'insécurité en ville. Les agressions se multiplient. Il faut faire extrêmement attention, même en circulant en voiture.
- Et au dépôt, comment ça marche?
- Ça va, Monsieur Amine. A part le moqaddem et deux fonctionnaires de la Commune qui ne cessent de demander après vous depuis votre départ".
Pour Amine, fraîchement débarqué d'Europe, la transition est rude. Au mot moqaddem, il a l'impression de revenir au Moyen-âge. Il pense que la disparition de ce personnage du paysage social sera le véritable indicateur de l'entrée du pays dans la modernité et son ancrage définitif dans la démocratie, mais il garde cette opinion pour lui. Amine n'a d'ailleurs jamais réussi à expliquer le concept à ses interlocuteurs étrangers, curieux de connaître la culture du pays et les moeurs des habitants.
"Et que me veulent ces messieurs?
- Ils ne le disent pas. Ils n'ont pas de convocation officielle. Mais nous avons compris qu'il s'agit de bakchich. Peut-être à cause de l'aménagement des bureaux avec des cloisons amovibles que vous avez demandé de faire, Monsieur Amine.
- Pourquoi? Cela nécessite-t-il une autorisation?, demande Amine en se tournant vers son nouvel ami, le journaliste Youssef.
- Non, tant que tu ne touches pas au plan de la bâtisse, répond celui-ci. Mais c'est classique, tout est prétexte à versement de pots-de-vin.
- Ils peuvent toujours attendre, s'enflamme Amine. Je ne dois rien à personne, je paie mes impôts, je suis à jour dans mes cotisations sociales et j'opère dans la transparence totale. Il n'est pas question que j'engraisse ces pourris de l'Administration.
- Bravo! fait Youssef. Si chacun agissait comme toi, il y a longtemps que nous aurions éliminé la corruption. Parce qu'au fond, s'il y a des corrompus, c'est parce qu'il y a des corrupteurs! Malheureusement, nous mettons facilement la main à la poche pour réclamer nos droits. Ou tout simplement pour avoir la paix. Seulement, méfie-toi! Tu dois être probablement fiché. Ils te chercheront des noises! Un contrôle fiscal ou une calamité du genre!
- A part ça? demande Amine à son chauffeur.
- Nous n'avons pas de nouvelles d'Aïcha la secrétaire, Monsieur Amine.
- Depuis quand?
- Depuis mercredi dernier, la veille de la fête.
- C'est ennuyeux pour le service, mais j'espère que rien de grave ne lui est arrivé.
- Il y a de quoi s'inquiéter, reprend le chauffeur. C'est une fille sérieuse et ponctuelle. Sa disparition est anormale. Ses parents ne savent pas non plus où elle est passée. Ils la cherchent partout. Ils ont demandé après elle vendredi, puis samedi.
- Il ne faut pas s'inquiéter. Je pense qu'elle sera bientôt de retour".

Demain, vendredi 2 juillet, onzième épisode
Le commissaire Nasser a-t-il grillé le feu rouge?


Avertissement

Malgré la grande familiarité avec la vie casablancaise et le monde du petit commerce ou de la grande finance, les événements et a fortiori les personnages de ce roman sont parfaitement fictifs. Le lecteur qui croirait reconnaître un ami, un ennemi ou une relation d'affaires ferait fausse route.
Pour ceux qui voudraient contacter M. Lamrini: [email protected]

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc