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Economie

Les provendiers pris au piège de la spéculation?

Par L'Economiste | Edition N°:3509 Le 15/04/2011 | Partager
Plusieurs unités industrielles seraient à court d’intrants
Les cargaisons de céréales en attente de déchargement

Victimes collatérales de l’embouteillage artificiel, créé par une étonnante arrivée simultanée de céréaliers au port de Casablanca, les fabricants d’aliments composés (de bétail) sont aux abois.
Plusieurs unités industrielles, 25 au total selon la profession, sont à la diète faute de matière première. Il s’agit du maïs qui entre pour 60% dans la fabrication de la provende. Celle-ci est destinée à 90% à l’alimentation de la volaille. Le reste est destiné à l’élevage laitier et autres ruminants.
Nourreddine Karim, président de l’Association des fabricants des aliments composés (Afac) met en garde contre le risque de rupture d’alimentation de l’élevage hors sol (poulet de chair et œufs de consommation). La production pourrait s’effondrer, prévient-il.
Comment en est-on arrivé là? La profession met en cause la décision de l’Agence nationale des ports (ANP) d’imposer le passage par les silos des cargaisons de céréales sauf pour les bateaux mixtes (céréales et sous-produits) qui peuvent accéder aux autres postes de déchargement». Or, «si l’ANP a fait exception au monopole accordé aux silos, c’est que ces derniers ne sont pas équipés pour décharger les sous-produits». De plus la rapidité des opérations de déchargement doit être accompagnée par une fluidité d’évacuation des marchandises. Ce qui n’est pas le cas actuellement, faute de flotte de camions et de la disponibilité des réceptionnaires pendant la nuit. Situation que reconnaît la direction générale de l’ANP.
Seulement, «pour ce qui est du passage obligatoire par les silos, il n’est de cours que pendant une période normale», affirme Nadia Laraki, directrice générale de l’ANP. Au-delà d’un délai d’attente des bateaux de 9 jours, les autres postes de déchargement sont ouverts aux importateurs, précise-t-elle. «Toujours est-il, pourquoi ce forcing des importations de céréales de manière générale si les opérateurs ne trouvent pas intérêt dans les avantages fiscaux et autre prime de restitution?», s’interroge Laraki.
Ce qui est présenté par les opérateurs comme une nième difficulté au port de Casablanca cacherait en réalité une opération de spéculation/optimisation à laquelle se livrent les importateurs de céréales.
Si chercher à profiter de l’opportunité offerte par une détente sur les prix internationaux est légitime, la prolongation de l’exonération des droits de douane jusqu’au 30 avril, au lieu du 15 comme prévu à l’origine, a poussé les opérateurs à accélérer les achats sur le marché international. L’afflux de navires chargés de céréales au port de Casablanca en cette période s’explique par cette course au bénéfice de l’exonération des droits de douane.
Il y a aussi l’enjeu financier lié au nouveau système de restitution forfaitaire (de la subvention) par tonne dont le montant est fixé pour la quinzaine sur la base d’une moyenne des cotations quotidiennes de la quinzaine précédente. Et là, les montants se chiffrent en dizaines de millions de dirhams.


Maïs et sorgho


Au 14 avril, on dénombrait 14 céréaliers en rade dont 3 chargés de 53.650 tonnes de maïs et 16.500 tonnes de sorgho. Les opérateurs qui ont opté pour le port de Jorf Lasfar ont été confrontés à la même situation. Le délai d’attente dépasse pour la plupart des cas les 15 jours.
Or, avec la situation que connaît actuellement le port de Casablanca, en particulier pour ce qui est du déchargement des céréales fourragères (maïs et sous-produits), les difficultés d’approvisionnement risquent de s’exacerber pour les unités de fabrication des aliments composés. Surtout que le Maroc est net importateur du maïs. La production nationale ne couvre que 10 à 15 jours de consommation.


A.G/A.S.

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