×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Les procès du 16 mai commencent

Par L'Economiste | Edition N°:1565 Le 21/07/2003 | Partager

. L'émir des cellules intégristes de Tanger et Fès apprenait à ses éléments la manipulation des explosifs. La fascination de l'Occidental converti. La nébuleuse intégriste n'est pas facile à cerner La série des procès très attendus des attentats du 16 mai commencent aujourd'hui. Un groupe de 27 personnes, accusées d'être en relation avec les attentats du 16 mai, comparaît aujourd'hui devant la Cour d'appel de Casablanca. Il s'agit d'une première comparution faisant partie d'une série de procès qui se dérouleront à la Cour d'appel de Casablanca et Rabat, les 22, 23 et 28 du mois de juillet. A Casablanca, le nombre de prévenus qui seront jugés au cours de cette période est estimé par une source judiciaire entre 90 et 95. Les chiffres ne sont pas toujours concordants. Et il est très difficile à l'état actuel des choses de faire un éventail précis des groupes et personnes impliqués dans les attentats du 16 mai. Il s'agit bien d'une nébuleuse difficile à cerner et dont les ramifications s'étendent au-delà des frontières marocaines.Le groupe le plus important qui sera déféré devant la Cour d'appel de Rabat est sans conteste celui de l'émir français Robert Richard, 31 ans, alias Abou Abderrahmane. C'est la personne sur laquelle l'on sait le plus de choses puisque la plus médiatisée. Il est le célèbre émir des cellules intégristes de Fès et Tanger, filiales du mouvement salafiste. Ces deux cellules ont la particularité d'être directement influencées par l'organisation d'Al Qaida. En effet, après sa conversion à l'islam, Robert Richard est parti en Afghanistan où il a suivi, dans un camp militaire, «des entraînements sur la guerre des bandes«. Il a suivi des formations à la manipulation des armes et la fabrication des explosifs. Après son mariage avec une Marocaine, il s'est installé à Tanger où il a noué des relations avec des éléments intégristes. Il a pu endoctriner plusieurs jeunes Tangérois, fort de la fascination qu'un Occidental converti à l'islam est capable d'exercer sur eux. Abou Abderrahmane a pu convaincre ses militants de passer à l'acte. Il visait la destruction de certains lieux par le biais d'explosifs commandés à distance par des téléphones portables. Une technique qu'il a apprise au cours de son séjour en Afghanistan. A Fès, il avait monté son propre camp d'entraînement dans un lieu comptant des grottes. Ce camp ressemble curieusement à Tora Bora, le maquis de Ben Laden et acolytes. Abou Abderrahmane et ses éléments y menaient une vie réglée par les entraînements qui commençaient juste après la prière de l'aube et prennent fin un peu avant la tombée de la nuit. Les mêmes activités ont aussi été organisées dans les montagnes près de Chefchaouen. Pour assurer un financement consistant à ses activités, Robert Richard était en contact avec un réseau de trafic de drogue. Ce réseau devait l'aider à se procurer des armes et mettre la main sur les munitions de plusieurs casernes. Sur le plan idéologique, Abou Abderrahmane s'est beaucoup inspiré de figures emblématiques de la Salafia Jihadia. Une source judiciaire cite Hassan Kettani, le prêcheur de Salé et Abdelouahhab Rafiki, alias Abou Hafs, fils d'Abou Houdaifa (l'infirmier condamné; cf. ci-contre). Ces derniers comparaîtront au 4 août prochain devant la Cour d'appel de Casablanca. Un compatriote de Robert Richard a été déféré devant la Cour d'appel de Rabat. Ce dernier a appris l'arabe en Algérie et se déplaçait dans plusieurs pays. Il avait des contacts réguliers avec Abou Abderrahmane et sa cellule. . Maillon manquant et «kamikazes réservistes« Mohamed Ammari, gardien de nuit, est le principal accusé dans le groupe de 27 prévenus qui comparaît aujourd'hui devant la Cour d'appel de Casablanca. Ammari comme Rachid Jalil ne se sont pas fait explosés au soir du vendredi 16 mai. Ils ont ainsi constitué le début d'une importante piste pour les enquêteurs. Sur la base de leurs indications, les enquêteurs ont remonté les filières et fait écrouer un nombre considérable de «kamikazes réservistes«, dont Yassine Lehnech. Ammari, Jalil et Lehnech faisait partie d'un groupe dont l'émir n'est autre qu'Abdelhak Madkour, alias Moul Sebbat. Il est considéré comme le maillon manquant de la filière qui a commandité les attentats du 16 mai. Rappelons que Moul Sebbat arrêté le 26 mai dernier est décédé lors de son transfert de Fès à Casablanca. Une petite polémique a éclaté sur les causes de sa mort et les conditions de son transfert. Les autorités ont déclaré que sa mort était due à «une cause naturelle en rapport avec une maladie chronique du coeur«. Moul Sebbat est considéré comme le maestro, tristement célèbre, des attentats de Casablanca. Par ailleurs, le procès de 7 personnes, dont Mohamed Fizazi, Miloudi Zakaria, l'émir d'Assirat Moustakim (Droit chemin) aura lieu au 28 juillet à la Cour d'appel de Casablanca. Plusieurs autres procès auront lieu dans d'autres villes du Royaume. Mercredi prochain, un groupe de 28 personnes, accusées d'être en relation avec les attentats de Casablanca, sera jugé à la Cour d'appel de Fès. Le nombre des procès, leur complexité ainsi que les interférences qui les lient, ne laisseront aucun répit à la Justice. Pas de vacances judiciaires cet été. Mostapha BENTAK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc