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Les polycliniques CNSS redorent leur blason

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Apres les hôpitaux et leurs services d'urgence, secoués par M. Harouchi, les polycliniques CNSS cherchent un second souffle. Le ministre de l'Emploi les incite à un sursaut d'organisation et d'amélioration de leur image. C'est la condition pour solliciter de nouveaux crédits qui permettront d'aboutir à des équilibres structurel et de fonctionnement.

Le scanner "Toussote" à la polyclinique Derb Ghallef. Il en était la fierté, mais maintenant il est las, après avoir réalisé 30.000 images. Le cas du scanner illustre la situation des polycliniques CNSS.

“Il y avait un déficit infrastructurel en matière de santé. Les polycliniques l'ont révélé, y ont pallié, en amenant des plateaux techniques modernes”, rappelle un responsable. Depuis, il y a eu la création de 13 établissements, puis leur détérioration par le temps et par les déficiences de gestion.

Cependant, les policliniques veulent se ressaisir par quelques mesures d'urgence et d'autres actions à terme. Grâce à un "oeil neuf", le ministre de I'Emploi, des Affaires Sociales et de l'Artisanat a perçu l'importance de la communication dans le domaine de la santé. Il invite donc les policliniques, revenues à la tutelle de son ministère à redorer leur blason. Son collègue de la Santé Publique a montré la voie, secouant les hôpitaux et leurs services d'urgence.

Maintenance

Les mesures d'urgence prises ont d'abord visé à "sauvegarder le patrimoine des polycliniques", selon l'expression de la direction de la CNSS. Sauvegarder c'est maintenir, et une cinquantaine de marchés ont déjà été lancés pour la réfection des locaux et le renouvellement des draps. Plus que l'image, le bâtiment est la réalité d'une clinique, tout autant que son chauffage ou ses rideaux.

Le matériel coûteux se trouvait parfois incomplet, détérioré, et donc inutilisable. L'entretien des équipements médicaux est relancé par la conclusion d'un nouveau contrat de maintenance. Certains matériels, comme le fameux scanner de Derb Ghallef, seront remplacés. Les prix varient de 5 à 20 millions de Dirhams et le tout est de définir le scanner optimal.

Pour les "consommables", en particulier les médicaments, il restera à consolider la décentralisation des commandes, l'accélération des règlements aux laboratoires pour aboutir à une meilleure gestion de stocks. Dans cet ordre d'idées, la délégation des fonctions et des crédits devrait rapidement supplanter l'actuel système de "régies" dépenses, par mois. Parmi les mesures d'urgence figure également la nomination d'un administrateur-délégué, pour chaque polyclinique, dont le rôle est de gérer, libérant le médecin-chef vers les fonctions médicales, pour une meilleure allocation des ressources humaines.

Sur ce point, il semble qu'il y ait un malaise, un non-dit, les médecins voyant peut-être leur échapper une autorité qu'ils pensent leur revenir. La notion de responsabilité du médecin est désormais discutée. "Est-il responsable quand il n'y a pas de draps, de rideaux?. Oui, répond le ministre, quand les conditions d 'exercice ne sont plus adéquates".

Manuels de procédure

Pour renforcer les établissements de manière structurelle, des manuels de procédures sont à la rédaction: ils permettront de standardiser les actions, les décisions surtout le territoire marocain. Les dérapages ont eu lieu dans la gestion car les démarrages ont été précipités. A terme, la direction CNSS prépare même une stratégie médicale pour donner un sens à ces actions.

La CNSS affiche ses premiers satisfecits, les taux d'occupation remontent à 40%, avec une pointe de 65% à Hay Hassani. Ces premières mesures coûtent peu et devraient rapporter, par amélioration de l'efficacité. Elles sont la condition pour obtenir des crédits, pour retrouver les équilibres structurels. La règle semble être comme pour la Santé Publique "Utilisez mieux ce dont vous disposez. Vous serez en droit de demander plus de moyens".

Sur ce point, le ministre de l'Emploi, qui a réuni les directeurs des polycliniques "pour les écouter", affirme qu'il est "personnellement engagé à leurs côtés". Le dénigrement systématique des polycliniques CNSS devenant une règle, des responsables de la CNSS parlent d'une "caballe", d'autres d'une "malédiction, depuis le début", et d'autres encore de "jaloux". Les critiques les plus radicales vis-à-vis des polycliniques viennent du patronat, de la CGEM dont les leaders les contestent jusqu'à la légalité. Rien dans les textes instituant la CNSS ne prévoit les prestations santé (à l'exception de l'aide sanitaire, très limitée). Dans tous les cas, le principe de la séparation des catégories de prestation (à court terme, long terme et éventuellement maladie) est sacré. Les flux des allocations familiales ou des retraites ne peuvent s'investir dans d'autres activités.

La CNSS et son ministère du tutelle se plaisent à rappeler que des PV du conseil d'administration étaient signés par le patronat. Ils évoquent même une "instruction" particulière de 1984, qui devait expirer au bout d'un an. Depuis c'est le "vide juridique".

Ces ambiguïtés institutionnelles ont entraîné, aggravé les déséquilibres financiers. La CNSS a hérité, avec la DAS (Direction de l'Action Sociale) de 4 millions de Dirhams d'arriérés, c'est-à-dire un peu plus que son budget annuel. Sa direction affirme qu'elle ne traîne plus d'arriérés commerciaux et que tous les fournisseurs ont été, ou seront, incessamment payés. Il reste les arriérés sociaux. La CNSS doit à la CNSS les parts patronales des cotisations du personnel de la polyclinique qui n'ont jamais été payées. Elle doit aussi à la CIMR prés de 8 millions de Dirhams, d ' autres montants à la mutuelle interne, et d'autres encore au personnel pour des régularisations de salaire. Le montant des rappels atteindrait 67 millions de Dirhams en Janvier. l'objectif premier est de ne pas créer de nouveaux arriérés. Côté recettes, le chiffre d'affaires en 1992 de l'ensemble des polycliniques atteint 141 millions de Dirhams pour un taux de recouvrement jugé bon de 78%. Reste quelques inconnus, qui ne relèvent pas de la gestion, mais de décision au niveau des autorités de tutelle. La révision de la tarification (à la hausse) et des subventions de l'ordre de prés de 400 millions de Dirhams.

Le redressement des polycliniques et l'amélioration de leur image ont valeur de test à l'heure où un projet de loi veut confier l'assurance maladie à une caisse, gérée par la CNSS.

K.B.

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