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Les pêcheurs au pied du mur

Par L'Economiste | Edition N°:1695 Le 30/01/2004 | Partager

. Repos biologique: Pas de visibilité . Les marins-pêcheurs menacent de faire grève de la faim le jour de l'Aïd «Dimanche prochain, lorsque vous serez en train de déguster vos brochettes, pensez aux pêcheurs qui seront en grève de la faim ce jour même». Les paroles de ce pêcheur sont poignantes. La situation de ces personnes l'est manifestement encore plus. Et pour cause, la décision ministérielle de remettre la reprise des activités de pêche des céphalopodes aux calendes grecques les pénalise. «Le repos biologique a assez duré. Il nous est impossible de subvenir à nos besoins les plus élémentaires avec de telles contraintes», ajoute ce pêcheur. La profession reproche au ministère de la Pêche d'avoir d'abord décrété le 13 octobre 2003 le prolongement du repos biologique jusqu'à fin décembre de la même année. Ensuite, le même ministère, s'appuyant sur une étude de l'Institut national des recherches halieutiques (INRH), qui fait état d'une situation désastreuse de la reproduction du poulpe dans les eaux nationales, a tout simplement décidé de prolonger encore une fois le repos biologique jusqu'à fin avril, voire plus. Pis, certains pêcheurs craignent même un arrêt de l'activité jusqu'en octobre prochain. «Ce qui représente un repos biologique de 13 mois. C'est tout simplement aberrant», déplore un autre pêcheur.Ne comptant pas baisser les bras face à une telle situation, le corps des marins pêcheurs, réunis sous la bannière du Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière, a décidé d'observer une grève de la faim le jour de l'Aïd-el-Kébir. De plus, un sit-in a eu lieu à Safi et Tan-Tan le 27 janvier dernier. Des familles des marins étaient présentes, et dans la foule, des femmes et des enfants brandissaient des banderoles sur lesquelles se lisait leur désarroi. «Jettou ne me prive pas de mon lait», pouvait-on lire sur la banderole d'une petite fille. «Rhafes, vous avez fait de moi une SDF», lisait-on sur une autre.. Indemniser les périodes d'arrêtCes pêcheurs ne revendiquent pas l'abrogation de la décision de prolongement. Ils souhaitent qu'elle soit accompagnée d'une politique d'indemnisation. «Nous avons toujours appuyé la préservation des ressources. Mais le gouvernement doit penser à la préservation de l'emploi et des investissements aussi», soutient un professionnel. Il s'agit par exemple de créer une caisse de compensation pour indemniser les marins sur les périodes d'arrêt. Cette caisse pourrait être alimentée, selon ce même professionnel, par des fonds que le gouvernement retiendrait sur les exportations de poisson.A l'heure où nous mettions sous presse, le ministre de la Pêche devait tenir un point de presse pour expliquer l'état d'avancement des négociations.Il convient de signaler par ailleurs que les armateurs n'ont pas été épargnés non plus. Ces derniers avaient signé en juin 2002, avec le gouvernement un accord suivant lequel ils s'engagent à faire travailler les pêcheurs 8 mois par an au minimum. Avec tous ces prolongements, les armateurs ne pourront pas respecter cet engagement. C'est dire si ce problème tiendra encore longtemps les professionnels de la pêche en haleine. Naoufal BELGHAZI

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