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Les nouvelles frontières des Marocains
Ali Mimouh: «Les réacteurs d’avion, synonymes d’état de guerre»

Par L'Economiste | Edition N°:2401 Le 15/11/2006 | Partager

. 6 mois de vie au cœur de la République de Guinée. Témoignages d’un vécu peu ordinaire. L’Afrique, espace de développement pour le MarocAli Mimouh, 41 ans, père de trois enfants, est directeur ingénierie à la société Reminex, une filiale de Managem. Avant de prendre le chemin de la direction, il a occupé la fonction de chef de projet avec comme premier gros chantier, la mine d’or de Akkam (province de Tiznit) en 1997. Parallèlement à l’exploitation du site, Ali Mimouh se voyait confié la mission de réfléchir à une stratégie de développement à l’international (zone Afrique de l’Ouest) pour le compte de Managem. Parti avec un groupe d’experts sur le terrain, la prospection a été fructueuse. En effet, le premier projet de Managem à l’international a vu le jour avec la gestion de la mine d’or de Kiniero en Guinée (2001). Ali Mimouh prenait la direction du site minier et débarquait en pleine forêt, sans toit ni repère. Il revient sur ses trois années d’expatriation qui sont rythmées de souvenirs et d’anecdotes «croustillantes».. L’Economiste: Larguer en pleine «jungle» comme minier, c’est un peu l’histoire d’un aventurier à l’esprit conquérant.- Ali Mimouh: Ça a été très difficile! L’environnement africain, je l’ai découvert lors de missions ponctuelles de prospection de projets en Afrique de l’Ouest quelques mois avant d’atterrir en République de Guinée. Sur place, plusieurs défis étaient à relever. D’abord culturel, c’est dû à mon nouvel environnement de vie et ensuite au niveau humain. Sur ce second volet, comprendre la culture, le contexte, les codages de vie, n’ont pas été chose facile. En outre, je devais composer avec le facteur temps et l’impératif d’être opérationnel au plus vite. Chargé du recrutement, la tâche était ardue car les ressources humaines ne correspondaient pas à nos besoins alors que les attentes de la population étaient grandes. Je me souviens que pour le recrutement d’un comptable, nous recevions 200 CV! Il a donc fallu recruter des personnes qui se rapprochaient le plus des profils recherchés grâce à une formation acquise au Maroc. Pour les autres postulants, des formations internes étaient organisées sous la houlette de cadre marocain. La philosophie de la démarche se déclinait en deux axes majeurs. Primo, la coopération Sud-Sud au travers d’un investissement économique et d’un accompagnement social à la hauteur du projet. Secundo, l’inscription sur le long terme de notre initiative d’où l’aspect formation des ressources humaines locales érigées en priorité. C’est ce qu’on appelle communément du développement durable.. Et vos conditions de vie comme le logement, vos contacts avec les autorités, les acteurs économiques…- J’avais sous ma responsabilité une équipe composé d’une quinzaine d’expatriés. Lorsque nous avons posé nos valises à Kiniero, nous n’avions pas de logements prévus. Il a fallu construire nous-mêmes des bâtiments afin que chacun puisse avoir sa chambre et jouir d’un espace individuel. Quant à notre intégration sociale, la présence de sociétés minières étrangères nous a permis de mieux nous familiariser avec l’environnement. Se retrouver du jour au lendemain dans un contexte diamétralement opposé à celui que nous avons toujours connu, c’est loin d’être simple. Se réadapter à une culture nécessite du temps et une capacité d’adaptation hors norme. Autre point important, c’est qu’il a fallu créer des réseaux avec les autorités nationales, régionales, locales et également avec des sous-traitants. Sur ce dernier point, nous avons dû faire appel à des sous-traitants marocains comme la société CID pour la réalisation d’un barrage afin d’avoir de l’eau pour alimenter la mine. Localement, personne n’a été en mesure de répondre favorablement à ce besoin.. Concernant les anecdotes, qu’avez-vous à nous conter?- J’en ai deux qui me viennent à l’esprit. La première, c’était la légende de la colline qui surplombait la mine. Les sages des deux villages qui entouraient la mine racontaient qu’un trésor y était enfoui et que le salut des villageois interviendrait grâce à un «blanc». En effet, celui-ci allait trouver le fameux butin et en faire profiter les habitants. Du coup, les deux villages se disputaient la propriété de la colline.La deuxième anecdote est liée à l’inauguration de la piste d’atterrissage que nous avions construite pour favoriser l’accès à la mine. Le jour du vol d’essai, les villageois s’étaient rués dans la forêt complètement terrifiés car, pour eux, le bruit des réacteurs coïncidait à un état de guerre. Par contre, les personnes âgées vivaient cette situation comme un moment de joie. Ils nous avaient remerciés de leur avoir permis d’assister à ce moment unique et inoubliable de leur vivant. J’ai été très frappé et surpris de la réaction de la population. J’étais loin de m’imaginer qu’à notre époque des citoyens du monde pouvaient réagir de la sorte. Cela reste un souvenir inoubliable!. Avant de rejoindre la Guinée, vous étiez marié et père de famille. Dur, dur, d’être expat’ ou pas?- J’ai fait mes valises la veille de mon départ pour la Guinée. Cela a été une épreuve difficile. Néanmoins, ma détermination à vivre cette expérience pleinement et de la réussir était plus forte que tout. C’était mon choix et je l’ai assumé. Pour ce qui est de l’organisation de ma vie familiale, mon épouse, mes parents et beaux-parents se sont serré les coudes pour encadrer les enfants de manière à ce qu’ils ne souffrent pas d’un manque d’affection. Il était acquis que l’éducation des enfants ne devait pas être affectée par mes absences ponctuelles. Etre loin de sa famille durant 8 semaines consécutives et effectuer un retour au foyer pendant 2 semaines, il est délicat de trouver l’équilibre. Toutefois, avec le recul, je peux dire que l’expérience méritait d’être vécu. L’union fait la force et nous avons relevé collectivement ce défi.. Prêt à tenter une nouvelle expérience africaine?- Non. Par contre, dans le cadre de ma fonction de directeur de projets, je m’emploie à préparer des projets de développement à l’international. Je suis également très attaché à faire partager mon expérience d’expatrié à de futurs expat’s. Il y a tout à faire dans ces pays et le Maroc a tout à gagner en s’investissant dans ces zones. Notre développement passe par l’essor économique de l’Afrique et la région nord-ouest en particulier. Notre contribution va dans ce sens.


Le retour gagnant de Mimouh

Né à Missour (région de Fès-Boulmane), Ali Mimouh a obtenu son baccalauréat de sciences et mathématiques au lycée Moulay Driss de Fès avant de rejoindre la France et plus particulièrement la ville de Limoges (Vienne) pour poursuivre ses études supérieures en classe préparatoire. Puis, il a pris la direction de Nancy et l’Ecole nationale supérieure des industries chimiques de Nancy (ENSIC). C’est en 1989 qu’il décidait de revenir au Maroc pour mettre en pratique l’expertise théorique obtenue dans l’Hexagone. «J’ai opté pour l’ONA car l’opportunité professionnelle qui m’a été faite n’avait pas d’égal. Cela correspondait parfaitement avec mes études supérieures, c’était donc la continuité», déclare Mimouh. Ainsi, il rejoignait le secteur des mines et prenait la route de Meknès, en tant qu’ingénieurs de production puis chef de division de production au sein de la société Samin. Après huit années d’exercice, il optait pour la société Reminex en qualité de chef de projet avec comme projet majeur l’exploitation de la mine d’or de Akka à Tiznit.Propos recueillispar Rachid HALLAOUY-----------------------------------------------------------DemainAmine Mamou, responsable Europe centrale, Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afriqueà Procter & Gamble

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