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    Entreprises

    Les nouvelles donnes de la sidérurgie mondiale

    Par L'Economiste | Edition N°:512 Le 21/05/1999 | Partager

    · Les choix d'Usinor: Cas d'école pour la mondialisation
    · Les nouveaux aciers, dits technologiques, chassent les anciens
    · Marchés porteurs: Automobile et électroménager


    Francis Mer, PDG du groupe Usinor, le numéro trois mondial des sidérurgistes, a choisi les créneaux de développement de l'entreprise. Un peu d'aciers spéciaux, davantage d'inox et surtout de l'acier plat au carbone. Appellation technique des tôles dont l'automobile est avide. Pourquoi l'auto? Parce que c'est une industrie mondiale et Usinor veut être parmi les quelques sidérurgistes capables de fournir la même qualité partout sur la planète. Les constructeurs automobiles sont des clients exigeants. L'acier, pourtant bon marché (de 3.000 à 5.000 Francs la tonne), se doit d'être de plus en plus technique pour répondre aux spécifications de sécurité (déformation), de surface (pour de belles peintures) et de protection anticorrosion. Comme tous les fournisseurs, Usinor s'intègre de plus en plus à la filière auto jusqu'à prépeindre ou présouder certaines pièces.
    "Désormais, explique Bernard Serin, actuellement directeur général-adjoint de Sollac (une filiale du groupe qui va ressentir durement les effets de la mondialisation stratégique) et futur patron d'Usinor Auto, pour que notre acier soit choisi par General Motors pour son prochain modèle, il faudra être capable de le produire en Europe pour Opel. Pas de problème, puisque nous avons l'usine de Florange en Moselle. Mais aussi aux Etats-Unis, puisque le même modèle sera produit là-bas sous marque GM. C'est pour cela que nous avons pris 20% d'un sidérurgiste canadien installé sur les Grands Lacs". Usinor dispose aussi d'une unité au Brésil, qui accompagnera les clients européens (Renault, PSA, Volkswagen) dans leur conquête de l'Amérique du Sud.
    L'autre clientèle que recherche Francis Mer, outre le bâtiment, n'est pas moins exigeante, puisqu'il s'agit des groupes internationaux d'électroménager, comme Whirlpool et Electrolux, grands consommateurs d'aciers recouverts dits "prélaqués". A leur intention, Usinor a déployé à Florange une unité spéciale où l'on ne se déplace qu'en tenue de laboratoire, dans une atmosphère en constante surpression pour éviter toute poussière.
    Des investissements qui se chiffrent en milliards de Francs que le groupe, même s'il est au troisième rang mondial, ne peut multiplier. Pour suivre le train d'enfer du "plat", Francis Mer a donc décidé de se séparer du "long": Unimetal, ses poutrelles et ses milliers d'emplois ont été vendus à l'Anglo-Indien Ispat, les rails à British Steel, et d'autres cessions suivront. Le rachat du sidérurgiste belge, Cockerill-Sambre. Avec cette acquisition, Usinor est devenu, non seulement Franco- Belge, mais aussi Allemand, puisque Cockerill Sambre est propriétaire de Eko-Stahl, situé dans les nouveaux länder. Pour Sollac, c'est un choc en retour. D'une part, il va falloir trouver des synergies avec les Belges, qui sont présents sur des créneaux très proches.
    La fonte et l'acier devraient donc se balader des deux côtés de la frontière pour être affinés ou laminés dans des unités de nationalités différentes. De plus, certains marchés d'avenir, comme les usines Dacia, en Roumanie, que Renault devrait acquérir, pourraient échapper aux usines lorraines, à cause de la guerre au Kosovo.


    Reformatage du groupe


    Il s'agit d'éclater le groupe en 24 unités. Chaque unité deviendra un centre de profit. "Il faut être plus mobile et plus efficace", confiait Francis Mer. La communication, la comptabilité, les achats et la recherche deviennent des "services partagés", auxquels les unités de production "s'abonneront" ou pas. L'objectif est d'atteindre une forte rentabilité du capital. En interne, le chiffre de 15% circule. Une gageure pour la sidérurgie.o


    Hervé NATHAN
    Syndication Libération France-L'Economistes

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