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    Les nouveaux visages du marché de l'emploi

    Par L'Economiste | Edition N°:441 Le 11/02/1999 | Partager

    Menace pour les uns, chance pour les autres, la mondialisation n'est plus une figure de style pour le Maroc: elle a déjà commencé à modeler le marché de l'emploi. L'Etat prépare des systèmes de formation-reconversion. Ils seront accompagnés par la création cette année de l'agence d'intermédiation. En attendant, le taux de chômage est à son plus haut niveau depuis 1995.

    Les Marocains pourront-ils conserver leurs emplois face aux défis de la mondialisation? Combien d'entre eux seront forcés de quitter leur secteur pour aller chercher de nouvelles opportunités sous des cieux plus cléments? Y aura-t-il des condamnations à un chômage à "perpétuité"? S'il n'est pas facile d'avancer des chiffres, on prévoit qu'ils seront nombreux. Il suffit pour cela d'examiner la structure de la population active. Les chiffres du Ministère du Plan et de la Prévision Economique révèlent que plus de la moitié des 5 millions de personnes actives est sans diplôme. Et 50% du reste n'a en poche qu'un certificat de l'enseignement fondamental. Ce n'est pas encore fini. La population rurale n'est pas concernée par ces chiffres. Quelle est donc la véritable qualification de la population active?
    Si le processus de libéralisation est bien enclenché, ce ne seront pas seulement les produits "made in Morocco" qui seront concurrencés, mais aussi (conséquence simple) ceux qui les produisent. Une partie verra en cette mondialisation "un messie libérateur" des contraintes du marché intérieur. D'autres seront contraints, pour sauvegarder leur poste ou leur employabilité, de retourner sur les bancs de l'école. En attendant, le système de la formation-reconversion est encore à mettre en place par les pouvoirs publics.
    Ce qui est sûr c'est que les "recalés" de cette mondialisation rejoindront les rangs des chômeurs, aujourd'hui estimés à près d'un million de personnes, soit 19% de la population active urbaine. Ils pourront toutefois bénéficier du système d'assurance contre la perte de l'emploi, annoncé par M. Khalid Alioua le 9 février lors de son passage à l'émission "Hiouar" sur la RTM. Ils auront ainsi droit à six mois de salaire. De quoi "se dépanner" momentanément.
    Parallèlement, ils bénéficieront des services de la future agence d'intermédiation dont la création est prévue pour la mi-1999. Cette dernière héritera du réseau des CIOPE et des bureaux de placement qui fonctionnent déjà tant bien que mal et de la Direction de la Promotion de l'Emploi relevant actuellement de l'OFPPT. Le programme action-emploi mené par cette dernière est aujourd'hui, après 7 mois de sa deuxième version, à plus de 40% de ses objectifs. L'Agence devra rendre ce système encore plus souple et plus dynamique. Le Maroc est appuyé pour cela, en plus du Bureau International du Travail, par la France.


    Grève: La jurisprudence, en attendant


    Sera-t-il possible de lever la contradiction touchant le droit de grève? Ce droit reconnu comme un droit constitutionnel se trouve toujours devant un vide juridique. Un projet datant des années 80 est toujours dans les tiroirs du Ministère de l'Emploi. Faute de concertation, il n'a jamais été adopté. Avec quelques petites modifications, pour satisfaire aux revendications des différents partenaires sociaux, il sera présenté parallèlement au Code du Travail.
    En attendant, la jurisprudence tente de combler l'absence de textes et apporte sa propre vision des comportements grévistes. Les décisions des juges constituent une base de données pour l'élaboration de la loi sur les mouvements de grève, très en vogue ces derniers mois. Reste que la scène juridique souffre d'une absence de juridictions spécialisées au niveau du droit du travail. Revendication répétée à maintes reprises par les juges sociaux: "Le code du Travail doit prévoir ces institutions".

    Aniss MAGHRI

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