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Les MRE et les législatives de 2007: D’abord la faisabilité
Par le Dr Mounir FERRAM*, enseignant et chercheur universitaire

Par L'Economiste | Edition N°:2209 Le 08/02/2006 | Partager

La participation des Marocains résidant à l’étranger aux élections législatives de 2007 va permettre de rapprocher, davantage, ces milliers de Marocains de leur pays d’origine. Elle leur confère le droit d’élire des représentants et de prendre part, par conséquent et sans intermédiation, à la prise de décision et à la gestion de leurs affaires.. Des politiques pour les expatriésEn effet, il est inconvenant d’élaborer des politiques à destination de ces expatriés sans les y associer. Répondre à une multiplicité de leurs attentes par des événements conjoncturels, comme lors du retour au pays, est ressenti comme une déconsidération de leurs apports, une dépréciation de leurs différentes formes de contribution au développement du Maroc. Ces élections permettront, donc, de relier les Marocains de l’étranger aux instances du pouvoir. Il faut avouer que beaucoup d’enjeux et d’espoirs se portent sur ces élections. Les perspectives d’un Maroc ambitieux et dynamique, guidé par un jeune roi, et la conjoncture régionale et internationale font prendre conscience aux Marocains des réelles nécessités de la cohésion et la solidarité nationales, de l’intégrité territoriale et de la consolidation des libertés et des acquis démocratiques. Cependant, outre les pré-requis de transparence, de l’exigence de responsabilité et d’équité attendues de ces élections, une question d’ordre de «faisabilité» reste posée.Elle est tributaire de certaines réalités qui risquent d’atteindre aux objectifs d’une authentique représentation parlementaire. En fait partie la quasi-absence des partis politiques marocains au sein de ces expatriés, apolitiques pour la plupart. L’activisme actuel de ces partis, auprès des Marocains de l’étranger, répond plus à des échéances électorales qu’à des programmes politiques avérés. Le discrédit de certaines associations et organismes, inopérants, issus généralement de «l’auto-proclamation», est aussi une donnée non moindre.Ces faits sont à prendre en compte pour apporter à ces élections leur lot de réalisme et d’authenticité. Sans quoi, elles renforceraient le sentiment de l’impasse politique et de l’éternel retour des situations d’échec. Surtout pour des générations de Marocains, jeunes, aspirant à des partenariats et à des modes d’échange nouveaux avec leur pays d’origine. Un préalable est nécessaire: cerner les particularités techniques de chaque pays de résidence. La complexité est d’engendrer la «fédération» et la convergence des points de vue au niveau des acteurs politiques et associatifs concernés. L’intérêt général et les principes supérieurs de la cohésion nationale devront primer pour un Maroc stable et fort de toutes ses composantes unies.De cette concertation et convergence d’idées, découlera la nomenclature juridique de ces élections allant de l’organisation jusqu’à l’établissement des listes électorales, en passant par les conditions de recevabilité et les attributions confiées aux différentes commissions. Il est à rappeler qu’un découpage consulaire fait partie de «l’existant étatique». Il a été certainement établi sur la base des concentrations géographiques des Marocains expatriés. Cet existant pourra servir d’apports et d’appuis à exploiter, qu’ils soient logistiques ou dans le cas d’établissement de collèges électoraux.Bien au-delà, demeurent le poids de l’histoire et celui des responsabilités qui doivent interpeller la conscience. Il est question d’avenir et de générations en attente de nouvelles approches de gouvernance. Le sens à donner à ces élections est d’aller de l’avant, de déconstruire les archaïsmes et de réinventer les synergies capables de doter le Maroc de structures de référence, à tous les échelons.----------------------------------------------------------------------------------------------------------* Mounir Ferram enseigne au Conservatoire national des arts et métiers de [email protected]

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