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Les militaires et l'économiePolitiques économiques/défense: Les nouveaux rapports

Par L'Economiste | Edition N°:1825 Le 04/08/2004 | Partager

.Un seul outil de planification.L'économie de guerre a “sauvé” le Canada….Puis la «guerre de l'économie» sauva la SuisseL'économie au service de la sécurité nationale? Ou est-ce la sécurité qui assure l'essor économique? Aujourd'hui, après les époques des guerres féodales (conquête de territoire), puis des guerres coloniales (conquête d'espace économique), et dans un contexte de paix entre les nations et de guerres de réseaux, la question taraude plus que jamais. “Allier les facteurs militaires et ceux de l'économie est un objectif de planification souhaitable, d'autant que le pragmatisme prôné dans la conduite de la sécurité nationale y incite fortement”, explique le général Arroub, président de la Commission marocaine d'histoire militaire, qui a ouvert lundi à Rabat, les travaux du XXXe congrès international d'histoire militaire.La problématique s'est emparée du thème de ce trentième congrès qui se passe pour la première fois au Maroc, sous le Haut patronage du Souverain (cf. L'Economiste du 3 août 2004, www.leconomiste.com). Venus de 36 pays, dont Israël, des responsables militaires de haut rang, mais aussi des professeurs d'histoire, d'économie et de stratégie militaire ont tenté de cerner la question. Le général Arroub ne croit pas si bien dire quand il affirme que “la dialectique entre la guerre et l'économie demeure encore de nos jours une des préoccupations majeures des décideurs, aussi bien à l'échelle des Etats que des ensembles internationaux”. Dans un climat de paix entre nations, où les puissances militaires sont amenées à jouer un rôle humanitaire plus que défensif, il est tout de même quasi impossible de “séparer les systèmes productifs de la raison d'être d'un système de défense de sécurité”. La souveraineté d'un pays figure au plus haut niveau des priorités nationales. Les politiques économiques s'en trouvent parfois manipulées. La Suisse, lors de la Seconde Guerre mondiale, a eu à jouer de ses atouts économiques pour sauvegarder sa neutralité, donc sa sécurité. Elle réalisait plus d'un tiers de ses échanges commerciaux avec l'Allemagne durant les années de guerre. Le Canada, pour confirmer son engagement “limité” dans la guerre auprès des Alliés, a décrété l'instauration d'une économie de guerre, entre 1939 et 1945, laquelle est devenue une véritable industrie créatrice d'emplois mais aux dépens d'un déficit commercial important. L'économie de guerre a réussi à résorber un chômage important: de 11,4% en 1939, il a atteint un seuil historique de 1,4% en 1944. L'emploi dans l'économie de guerre occupe près de 31,5% des emplois civils. Les responsables de l'époque “réveillent et mettent en branle une industrie dormante, l'acier, et en créent une nouvelle de toutes pièces: l'aéronautique”, explique le professeur Richard Carrier, enseignant au Collège militaire royal du Canada. Ainsi, “entre 1939 et 1945, le Canada fait un bond économique et militaire prodigieux que peu de pays connaissent”. La Belgique, au lendemain de la Seconde Guerre, a eu à prendre des mesures impopulaires, comme le rallongement du service militaire de 12 à 24 mois, pour prévenir les éventuelles menaces qui pesaient sur sa sécurité. L'une des craintes était aussi de sombrer dans l'austérité économique. Ce qui n'arriva pas, relate le professeur Jean-MichelSterkendries. Ainsi, “la sécurité belge ne fut pas obtenue au détriment de la prospérité. La tension générée par la Guerre froide n'empêcha pas l'Etat-providence de se mettre en place et le niveau de vie moyen des Belges ne cessa d'augmenter malgré le grand programme de réarmement conventionnel du début des années 50”. Ces différentes expériences d'une même histoire, la Seconde Guerre mondiale, montrent bien comment, en situation de guerre, les économies sont bouleversées, et parfois améliorées. L'industrie militaire, gros employeur, naît d'une priorité régalienne ou de défense de souveraineté, donc de défense d'une économie, une richesse, laquelle à son tour contribue à la puissance militaire. Voilà pourquoi ces deux facettes d'un même pays doivent faire l'objet d'une seule et même planification.


Le message du Souverain

C'est SM le Roi du Maroc qui avait défini le thème de ce trentième congrès international d'histoire militaire (qui se déroule sous son haut patronage): le lien entre la défense et l'économie. “C'est parce qu'il est dans l'esprit des temps, en phase avec la conjoncture actuelle et ses ramifications. Il traduit également la prise de conscience des mutations qui s'opèrent dans le monde d'aujourd'hui”, explique-t-il dans son message adressé aux participants. “Ces transformations constituent un moule pour le formatage des différents modes de gestion, imprimant plus d'ouverture au mouvement des échanges et fixant de nouvelles normes de compétitivité, qui s'imposent autant à l'économie qu'à la défense”.Le Souverain a par ailleurs rendu un hommage particulier à la Commission internationale d'histoire militaire. Laquelle “par une action originale et efficiente, menée depuis plus d'un demi-siècle, a aidé à clarifier et analyser certains aspects de l'histoire militaire (…) Elle demeure ainsi attachée avec foi à la notion de civilisation dans son acception humaine et universelle”. Cette commission, dont l'objectif est de faire connaître et préserver le patrimoine militaire, joue un rôle d'autant plus important qu'elle représente un autre lien entre les différents Etats. Le Roi a également salué l'effort des hommes de sciences. “Il nous appartient aussi d'œuvrer de concert pour stimuler et impulser la recherche scientifique dans ce domaine pour établir et favoriser les échanges et la communication entre les Etats”, a ajouté le Roi Mohammed VI.


Que valait la menace soviétique?

La menace soviétique et communiste était-elle réelle ou chimérique? Etait-elle justifiée ou s'en servait-on pour justifier le réarmement et le boom de l'industrie militaire, le «complexe militaro-industriel», comme l'ont baptisée certains économistes? Cette question taraude toujours les stratèges et les historiens. Elle n'a pas manqué de faire l'objet d'interrogations lors du Congrès international d'histoire militaire.“L'économie de réarmement s'inscrit obligatoirement dans un cycle économique. Pour amorcer ce cycle, il faut qu'il y ait une menace (consommation en économie). Dans la période initiale de réarmement (la Guerre froide), la menace soviétique (en remontant à Staline) était-elle une réalité ou une construction intellectuelle? s'interroge un militaire du Moyen-Orient. Selon le professeur belge Jean-Michel Sterkendries, docteur en philosophie et lettres, professeur de l'histoire des guerres à l'Ecole royale de Bruxelles, cette question reste jusqu'à aujourd'hui très discutée. “L'URSS était trop occupée à panser ses plaies à ce moment-là. Et Staline était de ceux qui n'avançaient leur pion que quand le coup était jouable, sans prise de risque inconsidérée”, explique Sterkendries. Ainsi, la plupart des experts occidentaux s'accordent à dire que Staline n'avait pas l'intention, dans le court terme, de lancer une grande guerre. A long terme, en revanche, celle-ci aurait été possible. “On ne sait pas ce qu'aurait pu devenir la politique russe après la reconstruction d'après-guerre. De toutes façons, le risque de cette grande guerre n'étant pas exclu, il fallait se préserver”, poursuit le professeur comme pour justifier la période de réarmement et de course au réarmement qu'a vécue le monde jusqu'à la chute du mur de Berlin. Mouna KADIRI

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