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Les Marocains surendettés à la naissance

Par L'Economiste | Edition N°:2336 Le 08/08/2006 | Partager

. L'augmentation de la dette intérieure plus rapide que la croissance du PIB. Via l’Etat, un Marocain doit 80% de son revenu annuelQue d’arriérés à payer! Que de dettes à rémunérer! Arriérés des retraites (11 milliards), arriérés de la Caisse de compensation (11,3 milliards de DH), intérêts de la dette (17 milliards), rééchelonnements de certaines de ces dettes… etc. Quand un bébé marocain naît, il est déjà endetté jusqu’au cou, ce via l’Etat. Pis, en son nom, l’Etat s’endette pour payer ses dettes!Le poids de la dette contractée au nom des Marocains est considérable. Rapportée au revenu du citoyen: elle représente 80% de ce qu’il gagne en une année! Déjà que ce qu’il gagne n’augmente pas vraiment (+2% du PIB par habitant entre 1990 et 2002, Femise 2006).Le revenu national par an et par habitant est de 16.700 DH (Revenu national brut disponible en 2005: 503 milliards de DH, source: BAM).La dette globale directe de l’Etat est de 327,4 milliards de DH (hors garanties), dont 80% représentent la dette intérieure (258 milliards de DH). Cela fait 11.000 DH de dettes directes par habitant et par an, soit près de 70% de son revenu annuel! En intégrant les fonds de garantie, le montant passe à 13.000 DH. En plus de cela, pendant que le revenu par habitant fait du surplace, la dette publique directe, elle, augmente de 11,3% entre 2004 et 2005! C’est-à-dire qu’elle représente en 2005, 71,6% du PIB. Pour BAM, la hausse est imputable à l’apurement des arriérés de l’Etat vis-à-vis de la CMR (Caisse marocaine des retraites).Mais le plus gros de la dette intérieure directe se retrouve dans les bons du Trésor levés sur le marché des adjudications: 251,5 milliards soit  17% de plus qu’en 2004.En gros, un Marocain ne s’enrichit pas, mais s’endette plus, via les finances publiques.Si la dette publique extérieure a légèrement baissé, elle reste importante: 115 milliards de DH en 2005, dont 70 milliards en dettes directes, soit 3.800 DH par Marocain. Le service de la dette extérieure, lui, coûte à l’année 700 DH environ (20 milliards).Ce travail d’analyse, éminemment politique, ne se fait plus. Pourtant, ce sont ces données qui parlent à l’électeur pour utiliser sa voix à bon escient. Il ramène les ordres de grandeur à la réalité du citoyen, à ce qu’il vit et peut concevoir. Quand l’actuel ministre des Finances, Fathallah Oualalou, était à l’opposition, pour rien au monde il n’aurait manqué de rappeler l’état de la «politique» d’endettement du gouvernement. Aujourd’hui, plus personne ne le fait, même pas le PJD (Parti de la justice et du développement) pourtant si friand de «choses à opposer».Sur le sujet de la dette, le Maroc a droit, de manière récurrente, aux critiques des institutions internationales. Le FMI (Fonds monétaire international) s’inquiète de la manière de gérer le déficit public qui est de 5,9% hors recettes des privatisations (4,4% du PIB en 2005). L’assainissement des finances publiques coûte très cher: «le besoin en financement sur le marché interne a atteint 30 milliards de DH» qui a eu pour conséquence «un nouvel accroissement de la dette intérieure». La cause: l’apurement des arriérés de la Caisse marocaine des retraites et paiement des échéances de la dette extérieure. 30 milliards représentent à peine la moitié de la masse salariale. On en arrive à s’endetter pour honorer ses dettes!


2% de la population active paient pour tous

Le Trésor fait rentrer dans ses caisses 131,4 milliards de DH (recettes ordinaires). Il en dépense 126,7 milliards de DH en 2005 (BAM) (dépenses ordinaires, mais dans lesquelles ont bizarrement été intégrés les 11,4 milliards de DH de l’opération «Intilaka», opération exceptionnelle).Les salariés inscrits à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), soumis à l’IGR (Impôt général sur le revenu) sont grosso modo 1,5 million. En y ajoutant les 700.000 fonctionnaires qui coûtent à l’Etat près de la moitié de ce qu’il gagne (60 milliards de DH), cela fait près de 2,2 millions de personnes salariées qui concourent réellement au paiement de la dette: cela a rapporté à l’Etat 22,7 milliards de DH, c’est-à-dire quasi autant que les intérêts à payer pour la dette extérieure en une année! La population active est estimée à quelque 10 millions de personnes! (recensement 2004, HCP): 2% seulement de la population active paient la dette!En somme, non seulement un salarié en règle paie la dette pour tout le monde, mais paie aussi pour l’autre salarié qui ne paie aucun impôt. Quant aux entreprises, selon les dernières estimations de la direction des impôts, près de 65.000 sociétés sont inscrites au titre de l’IS (Impôts sur les sociétés). Parmi elles, 60% sont en déficit récurrent. Seulement près de 40% des sociétés paient l’IS, qui a rapporté, en 2005, 19,3 milliards de DH (+22% quand même). Ce qui montre bien que la modernisation de l’économie est et sera une excellente affaire pour les finances publiques et que c’est la seule solution financière pour équiper le pays sans se surendetter. Les banques et les entreprises de télécoms sont les plus gros payeurs. . Confiance et répartitionLa dette intérieure est représentée à 97% de bons du Trésor, levés sur le marché pour une valeur de 251 milliards de DH. L’endettement intérieur, auprès d’organismes et de particuliers marocains, est évidemment un signe de confiance en l’Etat. Un fait important quand les financiers se souviennent encore des «bons du Sahara» de 1976-1978.Cependant, le choix du mode de financement, l’emprunt plutôt que l’impôt, modifie la politique de répartition du revenu.La progression de la dette étant plus importante que celle de la richesse, ce mécanisme pose le problème de la redistribution des richesses. En effet, la dette met en jeu une répartition du revenu des contribuables vers les épargnants (ceux qui ont prêté leur argent à l’Etat) et ce n’est pas neutre.Plus l’endettement est important, plus l’écart entre ceux qui prêtent et ceux qui paient l’emprunt est grand. Mouna KADIRI

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