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Les marbriers en panne de matière première

Par L'Economiste | Edition N°:3506 Le 12/04/2011 | Partager
200.000 tonnes produites par an
Pas de spécialisation envisageable pour l’instant

La filière du marbre au Maroc compte quatre étapes de transformation où se concentre la valeur ajoutée industrielle. Ces quatre étapes sont dominées par les importations

LE secteur du marbre a besoin d’un électrochoc! En stagnation depuis plusieurs années, le modèle de production actuel montre de sérieux signes d’essoufflement. C’est en tout cas ce qu’ont constaté des experts espagnols venus diagnostiquer des usines marocaines dans le cadre de la semaine du marbre, organisée récemment par le Centre de technique et de matériaux de construction (Cetemco). Les experts andalous ont passé au crible un échantillon représentatif de cinq unités de production: Granimarbre, Mabo, Atlas-Stone, Wafaa Marbre et Sorevet. Au terme de cette semaine, le bilan présenté par les spécialistes est tout sauf réjouissant.
Principaux problèmes: la très mauvaise gestion des ressources humaines et l’organisation archaïque de l’activité industrielle. En effet, la main-d’oeuvre n’a pas d’expérience suffisante dans l’utilisation des machines et les risques d’accident sont omniprésents. «Il n’existe pratiquement pas de signalisations de prévention des risques», déclare l’un des spécialistes. Le parc de machines, quant à lui, est satisfaisant, mais ne serait pas utilisé au maximum de sa capacité, à cause d’une mauvaise organisation des tâches et d’une distribution irrationnelle des outils de travail. «Nous avons constaté une mauvaise distribution des tâches industrielles dans les usines visitées. Il faudrait que l’expertise d’utilisation des machines soit détenue par l’encadrement de l’entreprise et non pas seulement par ses employés», explique José Estruch Camarena, expert du Centre technologique de la pierre espagnol. Pour ce dernier, ce qui paralyse le secteur, c’est d’abord l’absence de stratégie commune entre les principaux opérateurs pour réussir une spécialisation. «Or, ce n’est qu’en permettant à chaque unité de production de se spécialiser dans l’une des étapes de transformation de la pierre qu’on peut améliorer la qualité, créer de la valeur ajoutée et donc renforcer la compétitivité», ajoute-t-il.
Sans nier les constats des experts, les marbriers affirment pour leur part souffrir «d’une vraie pénurie de matière première à cause des entraves à l’obtention des autorisations d’exploitation de carrières». C’est ce que nous ont expliqué les représentants de l’Association marocaine des marbriers (AMM). Ces difficultés sont principalement liées à des exigences d’ordre environnemental: les Eaux et Forêts, principaux détenteurs des carrières, imposent un cahier des charges très serré en matière de réhabilitation de forêts exploitées: «Pour exploiter un hectare, il faut parfois payer de quoi réhabiliter dix hectares de forêts, ce qui est très décourageant».
Pour les marbriers, le secteur ne peut pas évoluer vers une spécialisation des activités tant que les opérateurs se contenteront d’importer la matière première et de la transformer par la suite. «Aujourd’hui, nous continuons à importer l’essentiel de notre matière première alors que le sol marocain regorge de pierres naturelles de très bonne qualité». En attendant une solution durable, les représentants du ministère du Commerce extérieur se sont déclarés ouverts à une restructuration tarifaire de la matière première, pour permettre aux opérateurs d’importer à moindres coûts. Selon les derniers chiffres communiqués par l’AMM, la production nationale s’élèverait à 200.000 tonnes par an. Les importations se chiffreraient à 330.000 tonnes. Quant aux exportations, elles atteindraient 79.000 tonnes par an.

Ayoub NAÏM

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