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Economie

Les industriels de la pêche cherchent poisson

Par L'Economiste | Edition N°:1833 Le 16/08/2004 | Partager

. La surexploitation et le manque de contrôle des prises accentuent la pénurie . L'envolée des prix accélère la perte des marchés à l'exportationBaisse des prises de poisson, absence de contrôle, surexploitation de la ressource halieutique, difficultés d'approvisionnements, hausse des prix, pratiques illégales de pêche … Les exportateurs des produits de la mer, transformés ou frais, sont aux abois. Ils croient vivre en effet un cauchemar. C'est du moins le constat relevé par plusieurs d'entre eux par la voix de leurs associations professionnelles. Les propos tenus tracent un tableau beaucoup plus sombre que ce qu'a présenté, au mois de mai 2004, la DPEG (direction de la politique économique générale). Sa note souligne une hausse des captures côtières de 7,8% en valeur malgré le recul de 12,9% du volume des débarquements. Un repli attribuable, selon l'Office national des pêches (ONP), à la baisse de 15% des débarquements des poissons pélagiques qui représentent 82,6% du total des débarquements. La valeur des débarquements des poissons blancs et des céphalopodes à haute valeur marchande a augmenté, quant à elle, respectivement de 7,7% et de 31% à fin mai 2004, « mais les prises ont diminué », selon l'Association marocaine des exportateurs des produits de la mer (Apromer). Pour les exportations des crustacés, mollusques et coquillages, elles ont continué leur tendance baissière entamée depuis 2003. Elles ont reculé de 56,4% en valeur et de 61,5% en volume. Les exportations en valeur des conserves de poissons et des poissons frais ont pour leur part également régressé respectivement de 2,2% et de 25,4%. L'Apromer note en fait que les exportations du poisson blanc frais reculent depuis près de 6 à 7 ans, mais que la perte est compensée par les activités nouvellement développées d'exportation des poissons pélagiques (dits de seconde catégorie) vers le Portugal et l'Espagne. Acheminés par des camions, les produits exportés ont réussi tant bien que mal à maintenir, jusqu'en 2003, les revenus des exportateurs relativement au même niveau qu'il y a une dizaine d'années. Les professionnels constatent aujourd'hui que les prises des poissons pélagiques se sont amenuisées, ce qui provoque une pénurie des approvisionnements sur le marché. Cette situation a induit automatiquement une hausse des prix. . Une crise virtuelle?La tendance s'est accélérée depuis le début de 2004. Elle a été observée d'abord au niveau des prises de poulpe, puis a concerné successivement les calamars et enfin le poisson blanc. Les prix pratiqués sur le marché se sont alors davantage augmentés, provoquant ainsi une perte de compétitivité des exportateurs sur leurs marchés respectifs face à d'autres pays concurrents comme l'Argentine. Quelques exemples: « Les prix du pageot, du loup ou encore de la dorade atteignent respectivement les 250 et 300 DH le kilo; des prix qui ne permettent guère d'en écouler en grandes quantités sur le marché en raison de la concurrence internationale», note l'Apromer.L'Association marocaine de la semi-conserve de poisson (Amascop), qui regroupe notamment les industries de valorisation des anchois, relève également le même constat: baisse drastique des prises depuis 2002, triplement des prix sur le marché et pénurie d'approvisionnements. Ces industries qui réalisent plus de 850 millions de DH à l'export s'approvisionnent ainsi depuis l'année dernière sur les marchés de l'Argentine. « Une alternative qui répond beaucoup plus à la nécessité d'assurer une certaine régularité des approvisionnements qu'à un moyen de réduire les coûts, puisque les prix pratiqués restent les mêmes », souligne l'Amascop.Les professionnels du secteur estiment que la surexploitation des ressources, en l'absence de contrôle rigoureux, est la principale cause de cette situation «alarmante» sur le devenir du secteur. Un professionnel déplore les méthodes illégales de pêche qu'utilisent généralement des armateurs et qui détruisent la biomasse, empêchant ainsi sa régénération. La pression exercée sur les ressources halieutiques est telle que des palangriers, qui pêchent habituellement à l'hameçon, utilisent actuellement des filets dans les eaux côtières. Un professionnel relève également un gap entre les volumes des prises débarqués aux ports et les statistiques sous-évaluées émanant de l'ONP ou le ministère de la pêche. Il explique cette situation par les débarquements illégaux effectués par les professionnels et dont les caractéristiques des poissons ne répondent pas aux normes établies. Des banquiers attestent aussi: «Malgré la crise apparente du secteur, les comptes des armateurs et des exportateurs de poisson ne désemplissent pas pour autant». C'est qu'il y a bien de grandes quantités qui échappent à tous les contrôles, même sanitaires. Bouchaïb EL YAFI

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