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    Economie

    Les indicateurs sociaux ne sont pas à la mesure du développement marocain

    Par L'Economiste | Edition N°:25 Le 16/04/1992 | Partager

    Le social, le privé, l'ajustement et la rationalisation de la décision publique, tels sont les orientations maintenues ou données, d'un commun accord entre le gouvernement et la Banque Mondiale, aux aides de l'institution financière en faveur du Maroc. Dans un entretien exclusif accordé à L'Economiste, M. Caio K. Koch-Weser, Vice Président de la Banque Mondiale en charge des dossiers Afrique du Nord et Middle East, explique cette orientation est précise les critères qui gouvernent les aides de la Banque dans le domaine social.

    La première des orientations reste à l'ajustement indique le vice-président de la Banque, ajustement qu'il souhaite "cohérent et complet" et considère comme la clef des autres axes. Il se dit "impressionné" par les résultats de l'ajustement mais souligne l'absolue nécessité de continuer.
    Il place au second rang "le renforcement du secteur privé": "Beaucoup a déjà été fait, mais je crois qu'il faut faire d'avantage, spécialement pour élever le niveau des investissements". Il insiste particulièrement sur trois domaines, la réforme du système financier, la privatisation et la création d'un environnement favorable.
    M. Koch-Weser développe spécialement les axes rangés sous le générique social. Il cite l'éducation, la santé, le planning familial, le logement, l'alphabétisation spécialement pour les écart existants entre les hommes et les femmes. "Nous pensons que certains indicateurs sociaux sont particulièrement mauvais, plus bas que ce que l'on est en droit d'attendre d'un pays de ce niveau de développement" estime M. Koch-Weser.
    Le programme préparé par l'Administration marocaine à l'intention de M. Koch-Weser comportait des visites sur les "points chauds" en matière socio-économique, tels qu'un hôpital et des quartiers populaires à Fès. "Nous voulions lui montrer nos problèmes, tels qu'ils sont et tels que nous voulons les résoudre" commentent les promoteurs du programme.
    M. Koch-Weser, qui vient de prendre en charge le département Afrique du Nord, a semblé un peu surpris que des observateurs indépendants lui confirment que Fès est effectivement considéré comme le dossier difficile par excellence. L'impression de son équipe est que la volonté de lutte contre la pauvreté, de rationalisation des interventions et la volonté de moderniser le pays est fermement ancrée dans la politique gouvernementale, comme elle est aussi une volonté nette du secteur privé.
    M. Koch-Weser admet que "ajustement, discipline des finances publiques, ... sont mis en balance avec les engagements sociaux et que dans beaucoup de pays, l'ajustement s'est traduit par les problèmes sociaux". Il demande néanmoins de "voir quelle serait la situation des pauvres si l'ajustement n'était pas fait". L'équipe de M. Koch-Weser n'avait pas encore eu connaissance des résultats de l'enquête sur le niveau de vie.
    Cette enquête souligne le recul de la pauvreté au cours des dernières années, années d'ajustement sévère (Cf L'Economiste du 12 Mars). Il n'en demeure pas moins que "la stratégie marocaine doit cibler les dépenses publiques": "La Banque a des programmes avec le Maroc pour accroître les interventions dans le domaine de la santé et les secteurs annexes".
    Intimement lié au ciblage, le quatrième et dernier axe prioritaire concerne la réforme de l'action publique. Celle-ci ne doit pas être entendue au sens étroit de la seule réforme de la fonction publique ou la seule réforme des entreprise publiques: "Il s'agit, précise M. Koch-Weser, de faire mieux avec moins", ce qui ramène à l'ajustement. Il donne comme bon exemple à reproduire la gestion intégrée et globale des ressources en eau qui porte à la fois sur l'usage, les recherches, la tarification, les conséquences sur la santé, ...
    Toujours dans le domaine social, M. Koch-Weser souligne qu'il existe maintes situations où des disfonc-tionnement de services publics engendrent des dépenses supérieures à ce qui serait strictement nécessaire.
    Il reprend l'exemple révélé par l'enquête Icone-Sedes sur le coût de la santé marocaine, où les malades vont à l'hôpital de préférence au dispensaire, qui fonctionne mal, engendrant un accroissement du coût pour la collectivité. "Il nous semble essentiel d'améliorer la distribution des services sociaux" conclut-il en admettant qu'il y a aussi un fort besoin d'accroître les dépenses sociales et que la Banque soutiendra fortement les programmes dans ce domaine.

    Les projets en cours de montage

    Le PERL II ne sera pas financé par la Banque Mondiale, par contre une série de projets, orientés vers les infrastructures sociales ou favorisant le développement de l'initiative privée, est en cours de négociation avec la Banque.
    Il s'agit de:
    - projet d'appui à la grande irrigation pour un montant de l'ordre de 140 à 170 millions de Dollars;
    - développement des télécommunications pour environ 100 millions de Dollars;
    - financement d'interventions du Fonds d'Equipement Communal, pour des programmes d'infrastructures locales, avec un montant de 100 millions de Dollars;
    - aide à la résorption de l'habitat insalubre pour 50 ou plus probablement 100 millions de Dollars
    - 5° Projet Eau Potable, dont le montant sera fixé à l'automne.Le 5° PEP comprend notamment des réhabilitations dans les réseaux de distribution d'eau (spécialement pour l'ONEP), une aide pour la Météorologie, et une étude pour l'Administration de l'Hydraulique concernant la gestion des réserves d'eau;
    - programme de vulgarisation d'hygiène, notamment pour l'eau;
    - programme de protection de l'environnement, pour 5 millions de Dollars. les négociations n'ont pas encore commencé pour ce programme qui sera le premier de la banque en matière d'environnement. Il sera très probablement accompagné d'aides bi ou multi-latérales non remboursables. Le programme comprendra des études sur les cadres juridiques institutionnels, ... de la lutte contre la pollution;
    - étude pour le développement du secteur privé industriel et pour le développement du secteur privé industriel et pour le développement du secteur agro-alimentaire;
    - étude pour la lutte contre la pauvreté.
    D'autres programmes de grande envergure sont en cours ou sur le point d'être lancés. Il s'agit du programme comprenant un prêt Banque Mondiale de 104 millions de DH et destiné à la réhabilitation du secteur de la Santé Publique.
    Il est à signaler aussi le programme avec un financement de 146 millions de Dollars pour la construction de collèges dans le monde rural, pour lequel des appels d'offre d'architecture ont été lancés à l'automne dernier.
    Par ailleurs, la Banque Mondiale a réalisé une étude sur le secteur des transports qui selon les observateurs "donnera certainement lieu à des financements".
    De même des contacts sont établis pour l'analyse du marché de l'emploi et un programme est en préparation sur l'intermédiation entre offre et demande d'emplois.

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