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Economie

Les grandes cessions d'Axa Assurance Maroc
Une question financière pas stratégique

Par L'Economiste | Edition N°:1710 Le 23/02/2004 | Partager

. Le round est presque fini: il porte sur plus de 1,6 milliard de DH. Axa Assurance Maroc avait des fonds propres en excédent pour sa tailleLES très grosses cessions d'Axa Assurance Maroc sur des titres, constamment sous la loupe des observateurs, intriguent beaucoup. Le marché et les langues du monde financier sont très actifs pour commenter ces cessions sur les titres ONA, BCM, BMCI et Centrale Laitière. Le président-directeur général d'Axa Assurance Maroc, Daniel Antunès, explique pour les lecteurs de L'Economiste les tenants et les aboutissants de ces opérations. Il révèle qu'il s'agit simplement de la poursuite d'une stratégie financière décidée conjointement par les actionnaires, il y a plus de sept mois, c'est-à-dire bien avant le rapprochement entre la BCM et le groupe Wafabank.- L'Economiste: Qu'entendez-vous par “redimensionnement” de vos fonds propres?- Daniel Antunès: Redimensionnement… Ce terme peut sembler barbare mais, en fait, il s'agit simplement de mettre en adéquation nos fonds propres avec nos activités. Nous étions surcapitalisés depuis la fusion entre Axa Al Amane et la Compagnie Africaine d'Assurances. Le capital est une ressource rare qu'il faut toujours utiliser au plus juste. L'été dernier, nos actionnaires -les groupes Axa et ONA- ont saisi l'opportunité que représentait la reprise de la Bourse pour mettre un terme à notre excédent significatif de fonds propres et assurer une meilleure allocation de ces fonds. Ces opérations leur permettent d'optimiser la gestion financière de leurs participations dans Axa Assurance Maroc. Tel a été notre objectif de départ et il le demeure: la compagnie a ainsi réduit ses fonds propres, en cédant tout simplement une partie de certaines de ses participations. De quoi tordre le cou à la rumeur qui lie ces cessions de participations avec le rapprochement BCM-Wafa. Nous allons mettre ce cash à la disposition de nos actionnaires en leur versant un dividende exceptionnel. L'opération s'est faite en deux temps (NDLR: voir encadré ci-contre), d'abord les allers-retours en bourse sur Centrale Laitière et BMCI, puis les cessions que nous venons d'opérer. Comme vous pouvez le constater, tout cela n'a vraiment rien à voir avec le rapprochement entre BCM et Wafa. La décision de ces opérations remonte au comité des actionnaires de juillet 2003.. 1,6 milliard de DH traités- Ces opérations se montent à combien?- C'est un montant important puisque ces opérations représentent plus de 1,6 milliard de DH. Etant donné la taille du marché boursier, nous sommes passés par des transactions de blocs. Ainsi, nous avons mené toutes ces opérations dans la plus grande transparence et en associant toutes les sociétés concernées. D'ailleurs, nous ne nous retirons d'aucune de ces affaires: nous avons dans chaque cas conservé des participations. Autre point important: toutes les alliances ont parfaitement fonctionné, le groupe ONA et son environnement avec Axa et Axa avec BNP Paribas, partenaire historique de notre maison mère. L'ONA s'est en effet porté contrepartie pour acquérir les titres cédés, sauf pour BMCI dont les titres ont été directement cédés à BNP Paribas. Tout cela prouve encore une fois -et si besoin était- que nos partenariats se déroulent comme il se doit, c'est-à-dire dans un esprit de coopération réaffirmé.- Une rumeur de marché dit que l'ONA veut vider Axa Assurance Maroc pour la reprendre au rabais…- Vous voyez bien que les modalités mises en place pour réaliser ces opérations contredisent totalement cette rumeur!. Marge de solvabilité à 3 - Quels sont vos fonds propres maintenant?- Encore au-dessus de la norme internationale ou marocaine avec une marge de solvabilité nous permettant de couvrir 3 fois nos obligations. Au Maroc, c'est la DAPS (direction des Assurances et de la Prévoyance sociale) qui nous fixe les règles de calcul. La profession en Europe retient un multiple normal d'une fois et demie, voire deux fois. Avant les cessions, nous étions à plus de 7 fois. Ce qui démontre bien que, tant du point de vue réglementaire que financier, nous étions au-dessus des standards. Aujourd'hui, nous avons largement encore de quoi assurer le développement de la compagnie. Et ce d'autant plus que l'année 2003 a été positive et que les résultats contribueront à grossir de nouveau nos fonds propres.- Mais vos opérations ont provoqué un beau remue-ménage sur le marché…- Effectivement, il paraît que ça bruisse beaucoup! En tout cas, il est clair aujourd'hui que nous n'avons pas la volonté de bouleverser nos alliances et encore moins l'intention de quitter le Maroc. Avec ce redimensionnement, nous n'avons fait que des réglages financiers, sans impact sur notre stratégie de croissance et d'alliances.- Les rumeurs de marché, dont vous connaissez l'impact, lient directement vos opérations au projet de BCM-Wafa?- Ah! décidément, les rumeurs… Je rappelle juste que cet ajustement de nos fonds propres était nécessaire et surtout programmé depuis sept mois, c'est-à-dire bien avant l'annonce du rapprochement BCM-Wafa. D'ailleurs, qu'a déclaré le président Oudghiri? Il veut construire un pôle bancaire marocain fort. Pour cela, il s'est rapproché de Wafabank. Or, pour détenir Wafabank, il doit aussi contrôler Wafa Assurance. Khalid Oudghiri a ensuite annoncé qu'il transférera la bancassurance de BCM vers Wafa. Axa Assurance Maroc a pris acte de cette décision qui touchera à terme environ 12% de son chiffre d'affaires actuel, soit quelque 300 millions de DH. Mais nous prenons des dispositions pour renforcer la bancassurance avec nos autres banques partenaires (BMCI, Crédit du Maroc et CIH). Et puis, sans tout vous dévoiler, nous avons aussi d'autres idées à explorer pour garantir le développement de notre compagnie dans ce secteur.- Cela fait quand même un gros choc pour Axa? - Gros choc, vous y allez un peu fort. Nous avons l'un des réseaux d'intermédiaires les plus développés de la place: nous allons le solliciter plus fortement. Cela nous mettra à l'abri de certaines secousses du marché. Actuellement, au Maroc, c'est la banque qui commercialise essentiellement l'assurance de personnes pour les particuliers. Mais cela évoluera. Il suffit de regarder de l'autre côté de la Méditerranée. En Espagne, aujourd'hui, la production des agents et des courtiers est importante, croissante d'année en année. Je pense qu'à terme, le Maroc suivra aussi cette voie.- Le transfert du portefeuille concernera-t-il aussi le groupe ONA dans le cadre de vos affaires avec Agma Lahlou-Tazi? - Non. Le seul transfert de contrats évoqué concerne les contrats de bancassurance avec BCM. Notre partenariat continue de fonctionner normalement. Avec ces cessions de titres, nos actionnaires ont optimisé la gestion de leurs participations. Leur répartition dans le capital d'Axa Assurance Maroc demeure inchangée. Les revenus de ces capitaux vont être maximisés par chacun d'eux comme il se doit. Donc pas de scoop de ce côté-là, non plus.


Bancassurance: Transferts de contrats

BCM a fait savoir que ses activités de bancassurance allaient être désormais réalisées par Wafa Assurance. Rappelons que Wafa Assurance contrôle Wafabank (et pas le contraire, comme on le pense généralement), ce qui a contraint la BCM à prendre le contrôle de la compagnie d'assurances pour s'emparer de la banque. Axa Assurance Maroc indique qu'à ce jour, elle gère toujours les contrats des clients de BCM. Pour les contrats en cours, souscrits via BCM, les clients en principe auront le choix de maintenir leur contrat auprès d'Axa et ainsi de conserver les avantages acquis, ou de souscrire un nouveau contrat. Le paysage de la bancassurance peut donc connaître des bouleversements avec le rapprochement BCM-Wafa. Mais ce n'est pas la seule origine. A la suite du nouveau code des assurances, de nouvelles règles obligent aussi à modifier les modalités de vente des contrats dommages (entre autres, les multirisques habitation, les seules vraiment développées au Maroc) via les banques. Celles-ci ne peuvent plus souscrire directement pour le compte de leurs clients. C'est ainsi que les compagnies d'assurance de la place comme les banques, vont intégrer ces nouvelles dispositions. Il ne leur reste plus que quelques mois pour se mettre en totale conformité avec le nouveau code des assurances.


Pas toujours facile…

PAS toujours facile de se développer… et pourtant Axa affirme qu'elle veut continuer à travailler au Maroc et y développer ses affaires! La branche bancassurance d'Axa Assurance Maroc doit se réorganiser après “l'éloignement” d'un partenaire bancaire (cf. encadré bancassurance), ce qui va représenter, dans un premier temps, une baisse de son chiffre d'affaires. En même temps, la CIMR a décidé de changer sa stratégie, ce qui aura des impacts sur les résultats de toutes les compagnies d'assurance, y compris sur ceux d'Axa Assurance Maroc. En effet, dès 2003, la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites a décidé de rapatrier la part salariale, gérée par capitalisation jusque-là par les compagnies. La part patronale, gérée en répartition, était déjà chez la CIMR. La perte de chiffre d'affaires se situe entre 1,2 et 1,3 milliard de DH pour les compagnies de la place. Pour Axa, le transfert s'élèvera à terme à environ 250 millions de DH.Le deuxième round de la sécurisation de la CIMR, un dossier très politique, concernera les réserves. Il s'agit des réserves de la Caisse gérées par les compagnies avant 2003. Sous le mandat de Jouahri, des audits avaient été commandités auprès des compagnies pour s'assurer des modes de gestion pratiqués. La difficulté du transfert concerne les compagnies qui auraient trop placé en actions et qui se retrouvent aujourd'hui en sous-valeurs par rapport aux cours des années 1996-1998. Il se dit sur la place que des compagnies seraient bien ennuyées si elles devaient le faire rapidement… Invérifiable.Du côté d'Axa Assurance Maroc, son PDG affirme que “la compagnie ne se trouve pas dans ce cas de figure: grâce à notre politique de placement sécuritaire qui s'appuie sur les obligations, nous sommes en mesure de faire face à tous nos engagements”.


Axa, ONA, BCM, Wafa

et les autres…Daniel Antunès revient plusieurs fois sur le thème, très chaud, de la concomitance entre les cessions d'Axa et le rapprochement BCM-Wafa. “J'insiste, dit-il, notre opération a été décidée à la mi-juillet 2003, c'est-à-dire bien avant le rapprochement entre BCM et le Groupe Wafabank”. Ce rapprochement n'a pas remis en question la stratégie d'Axa, précise le président. Les transactions se sont poursuivies comme elles avaient été programmées au cours de l'été de l'année dernière.“A la fin 2003, explique Daniel Antunès, la compagnie a commencé d'abord par une opération d'allers-retours. Il s'agit de vendre puis de racheter des titres en bourse, de manière à ce que les transactions soient inscrites sur les livres de compte au nouveau cours, l'ancienne inscription ne correspondant plus à la valeur des actions”. Les compagnies d'assurance font assez régulièrement des “allers-retours” pour mettre à jour la valeur de leurs réserves. De plus, la hausse générale de la Bourse de Casablanca a permis, du fait de la qualité des titres détenus, de reprendre une partie des provisions effectuées en 2002. Ces deux opérations ont abouti à constituer l'enveloppe nécessaire au redimensionnement souhaité des fonds propres.La poursuite de la stratégie d'Axa s'est déroulée la semaine dernière. “Ces transactions ont été effectuées avec l'accord et le consentement de toutes les sociétés concernées, comme l'autorise la cession sur le marché des blocs de la Bourse de Casablanca”, affirme Daniel Antunès. En effet, la grande sensibilité de la bourse et sa faible liquidité “nous ont conduit à réaliser nos transactions par blocs”, précise-t-il. Et il enfonce le clou: “Vous voyez bien que ces opérations ont été réalisées en totale concertation entre partenaires, cela n'a rien à voir avec les rumeurs qui peuvent circuler”.Propos recueillispar Bouchaïb EL YAFI

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