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    Economie

    Les femmes médecins narguent le ministère

    Par L'Economiste | Edition N°:2835 Le 06/08/2008 | Partager

    . Elles refusent toujours leur affectation . Prochain «round» des négociations dans une semaine Le bras de fer entre les femmes médecins et leur ministère de tutelle se poursuit. Ce sont 101 femmes médecins qui refusent de prendre leurs fonctions et pour qui aller loin de leur foyer est inconcevable. Il s’agit de femmes mariées qui refusent d’être affectées à plus de 120 km de leur lieu de résidence familiale, quitte à abandonner leur carrière. Ces dernières ont constitué une commission nationale, celle des femmes médecins spécialistes mariées promotion 2007, pour défendre leurs droits. Elles ont d’ailleurs rencontré, vendredi dernier, Yasmina Baddou, ministre de la Santé, sans trouver de solution à leur problème. Le pire, c’est que face à ces femmes, il y en d’autres qui souffrent tout autant qu’elles. Leur lettre de mission entre les mains depuis plusieurs mois, ils attendent leur remplacement de pied ferme. «C’est plus facile pour ces femmes mariées de s’organiser en commission, car elles se trouvent dans les 4 villes CHU. C’est plus difficile pour nous, car nous sommes plus éparpillés», indique une femme médecin spécialiste qui attend impatiemment sa mutation. Aujourd’hui, ces derniers réagissent à leur tour face à «l’injustice». «Il n’est plus question de continuer à payer les pots cassés», ajoute-t-elle. Que préconise donc le ministère comme solution? Pour le moment, aucune, les femmes mariées continuant à défier le ministère. «Ce que ressort de notre audience avec un responsable est la certitude que le ministère n’admettra aucune marche arrière, promettant de trouver une solution au cours de ce mois. Il n’a, à aucun moment, été question de sanctions, mais le ministère saura, le moment venu, prendre les mesures qui s’imposent, assure un responsable auprès du ministère. Le critère de femmes mariées ne suffit plus. Pour le moment, le ministère attend des propositions pour la semaine prochaine ainsi qu’un exposé des cas particuliers pour lesquels une dérogation pourrait être envisagée. Mais la solution ne doit pas remettre en cause la procédure mise en place, ni constituer une injustice envers ceux qu’elles doivent remplacer. «Même les hommes et femmes célibataires souffrent de ces éloignements», souligne le même responsable au ministère de la Santé, car ces affectations repoussent leur projet de mariage. Certaines femmes médecins sont même contraintes de reporter leur projet d’avoir des enfants. «Nous leur demandons de considérer d’abord l’intérêt du citoyen qui a le droit à des soins décents, et de leurs collègues qui attendent leur affectation et qui sont dans la même situation qu’elles. D’autant plus que ces femmes médecins ont signé un contrat qui les engagent pendant 8 ans à servir le pays», ajoute-t-il. «Au moment de la signature de cet engagement, le regroupement familial était acquis», rétorque une membre de la commission nationale. Leurs propositions? «Entre autres, réinclure le regroupement qui est un acquis social, proposer des bonifications matérielles», annonce ce même médecin. Autrement dit, un retour à la case départ.


    Procédure

    Le nouveau système de tirage au sort mis en place cette année par le ministère de la Santé pour les affectations ne prend pas en compte le critère de regroupement familial. «On ne nous a pas demandé notre avis sur cette décision», indique une membre de la commission. Auparavant, les femmes mariées étaient affectées dans un rayon de 100 km du domicile conjugal. Pourtant, la circulaire ministérielle apporte un bonus en précisant que les femmes médecins devront passer un à deux ans dans la zone d’affectation avant de rejoindre leur lieu de résidence. «Nous voulons des garanties concrètes du retour au domicile conjugal au bout de 1 ou 2 années, de peur d’être piégées sur place», affirme cette même membre.Jihane Kabbaj

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