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    Economie

    Les Européens iront au plus rentable

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Les opérateurs étrangers, Téléfonica et France Telecom semblent séduits par la bonne santé financière de l'ONPT. Mais les responsables marocains ne sont pas encore clairs sur le rythme à donner à cette privatisation, et sur les échéances.


    Quand l'un des intervenants étrangers insiste sur la nécessité de la privatisation du secteur des télécommunications, M. Abderrahmane Saidi jette un regard du haut de la tribune vers différentes personnalités dont M. Abdesslam Ahizoune, présent dans l'assistance. Un geste significatif et d'un sourire à peine dissimulé, il semble leur adresser un "Je vous l'avais bien dit".
    Le ministre de la privatisation et de l'incitation à l'économie et le ministre des Télécommunications et directeur général de l'ONPT sont d'accord sur le principe. Mais comment peuvent-ils ne Lpas l'être. La loi a mis du temps, mais elle est votée.
    M. Ahizoune a précisé que la libéralisation des télécommunications est un processus universel et que le Maroc a franchi depuis 1984 certaines étapes dans cette voie. Pour lui, l'ONPT, a commencé le processus avec les concessions des téléboutiques, ou la distribution d'Internet par les providers. Il fut un temps où l'ONPT se targuait de ses actions et ses investissements pour dire «A quoi bon me privatiser». Aujourd'hui, c'est l'ONPT même qui doit être privatisé. Aucune période de transition ni aucun seuil pour l'ouverture du capital n'ont été retenus par la loi. Dans cette perspective, il a été décidé la création d'une société anonyme "Itissalat Al Maghreb" à la place de l'ONPT et d'une Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications. "Nous préparons actuellement le terrain pour le transfert des parts de l'Etat au privé dans Itissalat Al Maghreb", indique M. Ahizoune.

    Rendre l'ONPT mieux vendable


    Ainsi, la privatisation des télécoms ne pouvait intervenir sans opérer auparavant un toilettage des services afin de les rendre plus performants plus compétitifs, et donc mieux vendables. L'ONPT a procédé ainsi à un rééquilibrage de ses tarifs pour s'approcher des coûts d'exploitation. Ainsi, la politique de l'office est de réduire les tarifs internationaux et d'augmenter par contre les tarifs nationaux et les frais d'abonnement. M. Ahizoune a tenu à préciser que les tarifs pratiqués restent inférieurs aux coûts d'exploitation: les frais de communication sont à 26 centimes la minute alors que le coût d'exploitation est de 29 centimes. Les frais d'abonnement sont dans un rapport de 52 DH/ 105 DH. Par ailleurs, dans le domaine fiscal, un effort a été fourni pour baisser les prélèvements effectués par l'État.
    Toutes ces mesures et bien d'autres ont permis à l'office de réaliser un taux de progression annuel exceptionnel de l'ordre de 16,5%. "Sur la base de cet indicateur, nous occupons la troisième position mondiale juste derrière la Turquie et l'Indonésie", déclare M. Ahizoune en ajoutant que le taux de productivité par agent a été propulsé de 35 lignes par agent à 91 lignes. L'objectif étant d'atteindre 125 lignes par agent en l'an 2000.

    Autant d'indicateurs qui ont encouragé certains opérateurs étrangers à s'intéresser de plus prés à la privatisation du secteur des télécommunications au Maroc. Il en est ainsi de la compagnie espagnole Telefonica, présente en force avec son directeur général, M. Ignacio De Benito et de France Telecom, avec son directeur-adjoint au développement international, M. Christian Chauvin. Ils ont saisi l'occasion de leur présence à la conférence pour mettre en exergue les performances de leurs entreprises respectives (et voilà les acheteurs potentiels qui se vendent!). Au passage dans un langage un peu plus clair ils expriment leurs prédispositions à l'égard de la privatisation des télécoms marocains. Ces opérateurs sont décidés à investir à l'étranger et d'y mettre le paquet. "Nous projetons de porter à 30% du chiffre d'affaires la part de nos investissements à l'étranger. Le marché français connaît une croissance très lente. Il nous est nécessaire et presque vital de chercher d'autres sources de croissance. Nous n'avons pas à priori de marchés préférentiels. Nous investirons là où c'est le plus rentable pour nous", déclare pour sa part M. Chauvin.

    Salim Lahjomri

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