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Economie Internationale

Les Européens demandent des mesures de sauvegarde

Par L'Economiste | Edition N°:613 Le 11/10/1999 | Partager


· La déferlante asiatique menace l'intégrité du secteur
· Plus de la moitié des opérateurs ont vu baisser leur chiffre d'affaires
· Pour survivre, il faut délocaliser


Le textile européen est en danger, ont affirmé les tisseurs européens qui fournissent directement l'industrie d'habillement en crise.
A l'occasion du salon de textile «Première vision», les 876 tisseurs affiliés à ce salon ont mis à l'index les producteurs asiatiques à bas coûts. Ces derniers, grâce à des salaires inférieurs, profitent mieux que les Européens de la mondialisation des échanges.
Certains patrons du tissage européen parlent de plus en plus de «survie» et envisagent à haute voix de délocaliser leurs activités vers des pays à faibles coûts salariaux. Ils demandent aux autorités européennes d'assurer, à travers une réglementation restrictive le cas échéant, «la réciprocité absolue des échanges» entre l'Europe et ses partenaires étrangers.
«Que les politiques nous donnent les moyens de survivre et de développer nos atouts en matière de créativité et de qualité», s'est exclamé M. Jean-de Jaegher, président du groupe italien Marzotto et d'Euratex, une organisation regroupant des industriels européens. Deux courants divergent. Le premier, représenté par Eduardo Miroglio, veut «conserver les usines en Europe et continuer à y investir».
Le second, représenté par le président du Français Chargeurs (laine), Eduardo Malone, ou l'Allemand Girmes, Nico Leendertez, estime qu'il faut «externaliser l'industrie», même s'il faut rester en Europe pour être plus près de la mode. «Nous devons attaquer nos concurrents en produisant sur leurs propres marchés», a dit Eduardo Malone.
Les députés européens ont réclamé pour leur part une action énergique des Etats pour défendre le textile européen à Seattle (Etats-Unis) à l'occasion du cycle du millénaire de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui doit s'ouvrir dans les prochaines semaines.
Hormis l'Asie, Eduardo Malone a critiqué les droits douaniers élevés imposés par les Etats-Unis aux textiles européens. Ils atteignent un pic à 36% contre 11% pour les textiles américains admis en Europe actuellement. Ils doivent passer en 2005 à 25%, contre 5% pour les produits américains vendus en Europe.
«Un tel protectionnisme fait perdre sa crédibilité au libéralisme» estime le président de Chargeurs, pour lequel «l'Europe ne fonctionne pas parce qu'elle n'a pas de patron». Il est rejoint par le député européen français Gérard Caudron qui estime que «ce n'est pas par excès de l'Europe, mais par manque de l'Europe que des décisions n'ont pas été prises».
Les tisseurs de «Première Vision», salon qui expose deux fois par an les nouveautés en tissus d'habillement, représentent 107,7 milliards de Francs de ventes annuelles, dont 54,5% à l'exportation, et emploient 106.000 salariés. Après un début d'année soutenu, ils ont dû faire face, dès la fin de l'exercice, à un retournement brutal de la conjoncture, qui s'est amplifié au premier semestre 99, prenant en tenailles les entreprises européennes, selon une étude de «Première Vision».


Mauvais cru en 1999


Les importations massives d'habillement d'A sie profitant du réveil de la consommation en Europe, ont eu pour effet de «casser» les prix sur les marchés européens et de tirer vers le bas les résultats des entreprises, déjà grevés par des charges élevées. En même temps, les entreprises européennes ont vu rétrécir leurs marchés en Asie du fait de la crise financière. Plus de la moitié de ces entreprises affirment accuser une baisse de leur chiffre d'affaires au premier semestre 99, 15% l'avoir maintenu et le petit tiers restant l'avoir augmenté. Un tiers envisagent de délocaliser leurs activités pour assurer leur survie.

Radia LAHLOU (AFP)

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