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Politique Internationale

Les enfants et le SIDA

Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

L'UNICEF a célébré le 16 Juin 1992, la journée de l'Enfant africain. La date a été choisie pour rappeler le massacre des enfants de Soweto en 1976. Les enfants africains sont particulièrement touchés par le SIDA et le sous-développement rend la prévention difficile(1).

D'ICI la fin de cette année, il y aura en Afrique Subsaha-rienne, presque un million d'adultes malades du SIDA, soit environ deux tiers du nombre total de victimes estimé dans le monde, et plus de 6,5 millions d'adultes auront été infectés par le virus de l'immu-nodéficience humaine (VIH). La propagation rapide de la maladie submerge les services de soins de santé, met à rude épreuve les systèmes d'appui traditionnels et anéantit les bénéfices réalisés en ce qui concerne la survie des enfants.
Les récentes statistiques de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reflètent une réalité tragique.
Dans les pays de l'Afrique Centrale et Orientale, entre un quart et un tiers de l'ensemble de la population adulte âgée de 15 à 49 ans vivant dans les centres urbains avaient déjà été infectés par le VIH en 1992. Au cours de ces dernières années, la prévalence du VIH a également augmenté de façon significative dans plusieurs villes de l'Afrique de l'Ouest et est maintenant devenue la cause principale de décès à Abidjan (Côte d'Ivoire). A cause du SIDA, le taux de mortalité des adultes en Afrique risque de tripler et l'espérance de vie à la naissance pourrait baisser de 5 à 10% d'ici l'an 2000, alors qu'on avait prévu une amélioration de 20% avant l'apparition de cette maladie.

Le nombre de décès dûs au SIDA chez les jeunes enfants et les personnes âgées de 15 à 49 ans, pourrait faire baisser de plus de 30% la croissance démographique prévue.
Jusqu'en 1992, environ 750.000 enfants infectés par le VIH étaient nés en Afrique et leur nombre total estimé pour la fin de la décennie est de 4 à 8 millions. Le nombre prévu de décès causés par le SIDA pourrait faire augmenter les taux de mortalité infantile de 50% au cours des années 90. La plupart des enfants infectés par le VIH mourront avant l'âge de cinq ans.

Orphelins du SIDA

Jusqu'à un tiers des femmes enceintes qui fréquentent les services de consultation prénatale urbains en Afrique Subsaharienne sont infectées par le VIH et ont 30% de chances de transmettre le virus à leurs nouveaux-nés. L'infrastructure des soins de santé est inadéquate pour supporter le fardeau que constitue le traitement des maladies liées au VIH et jusqu'à 80% de la totalité des patients hospitalisés dans certains grands hôpitaux urbains en Afrique Centrale et Orientale sont infectés par le VIH.
Au cours des années 1990, entre 10 et 15 millions d'enfants âgés de moins de 10 ans vivant dans les pays de l'Afrique Subsaharienne risquent de se retrouver orphelins en raison du SIDA; ceci ébranlera la famille élargie et constituera un lourd fardeau pour les personnes âgées qui devront élever ces enfants. En Ouganda seulement, entre 600.000 et 1,2 million d'enfants sont devenus orphelins à cause du SIDA.

Néanmoins, l'UNICEF estime qu'en Ouganda, tous les programmes éducatifs réunis n'ont pas influencé plus de 30% de la population. En 1990, une étude de l'USAID effectuée auprès de 600 ouvriers ougandais a révélé que 71,2% d'entre eux avaient entendu parler des préservatifs, sans pour autant les avoir jamais utilisés.
Parmi ces derniers, 39% ont déclaré que les préservatifs n'étaient pas nécessaires puisqu'ils faisaient confiance à leur partenaire.
Le statut social des femmes complique encore davantage le problème, dans la mesure où il est souvent difficile pour les femmes de refuser d'avoir des rapports sexuels avec leur mari. La sexualité est souvent un moyen de survie économique pour nombre d'entre elles. C'est pourquoi il s'avère particulièrement difficile de demander aux gens de modifier leur comportement sexuel.

(1) La présente analyse a été préparée par l'UNICEF, dans le cadre de la journée de l'Enfant Africain.

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