×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Les employés de l'ONMT contre la Maison Tourisme

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    L'idée d'une société privée pour faire la promotion du tourisme ne remporte pas l'adhésion de tout le monde. Les salariés de l'ONMT s'opposent à la décision du ministre du Tourisme et révèlent danMM une lettre au Premier ministre les abus qui ont mené l'Office à la situation de blocage.


    Le projet de démantèlement de l'Office National Marocain du Tourisme (ONMT) et les déclarations du ministre de tutelle dans la presse le 11 février 1997 continuent à susciter, de la part des employés de l'Office, une réaction au plus haut niveau. Le bureau syndical de l'UGTM a adressé, en guise de mise au point, une lettre très détaillée au Premier ministre, signée par M. Hafid Ouachak en sa qualité de secrétaire général du Syndicat Général du Tourisme.
    Dans cette lettre, le syndicat exprime son désaccord avec la décision du ministre du Tourisme de démanteler l'ONMT et de le remplacer par une société privée dénommée Maison Marocaine du Tourisme.
    Pour le bureau syndical, ce projet aura de lourdes conséquences. D'abord, la société anonyme ne pourra prétendre aux recettes fiscales dont la taxe de promotion touristique apporte chaque année 50 millions de Dirhams aux caisses de l'Office. Ensuite, la nouvelle société aura à renouveler le bail de ses locaux, ce qui augmentera ses charges. Enfin, les employés des délégations implantées à l'étranger seront soumis aux lois et règlements des pays hôtes et devront consentir à payer des impôts qui peuvent atteindre 50% de leurs émoluments. La société elle-même sera tenue de s'acquitter des taxes sur son chiffre d'affaires. Par ailleurs, la Maison Marocaine du Tourisme, qui ne bénéficie pas de la garantie du gouvernement, pourra se voir refuser l'ouverture de succursales à l'étranger.

    Contrairement aux déclarations du ministre du Tourisme, pour qui l'Office emploie 470 personnes, le bureau syndical précise que 416 salariés seulement émargent à l'Office. Toutefois, est-il souligné dans la lettre, 214 personnes seulement travaillent effectivement pour l'Office, le reste étant affecté au Ministère, aux délégations régionales et aux écoles de tourisme. C'est, selon le syndicat, la raison du gonflement des charges salariales. Elles n'atteignent pas cependant, indique-t-il, les proportions citées par le ministre qui avait déclaré que les salaires absorbaient 80% du budget de l'Office, estimé à 100 millions de Dirhams.
    Le syndicat réplique dans sa lettre que, d'une part le budget est de 150 millions de Dirhams et que, d'autre part, les salaires n'en représentent que 28%.

    Office trop généreux

    La situation de l'ONMT s'est dégradée, écrit le bureau syndical, à partir de 1993, avec la nomination d'un nouveau secrétaire général au Ministère du Tourisme, venu du Ministère de l'Energie et des Mines. Les cadres de l'Office lui reprochent notamment de nommer des personnes sans la moindre expérience du domaine. Le directeur et le secrétaire général de l'ONMT arrivaient respectivement du Ministère de la Santé et du MCIA. Huit autres nominations ont été citées dans ce sens.
    La diversité des origines des responsables du tourisme dé-pouillait les décisions de toute crédibilité. Selon le syndicat, cette période a été marquée par une gestion laxiste causant une «hémorragie des ressources» de l'Office.
    Pour la première fois, précise la lettre, une prime de 11.520 Dirhams a été accordée par le Ministère, sur les fonds de l'Office, aux directeurs centraux qui disposaient par ailleurs d'autres avantages. Ceci en contradiction avec la loi qui interdit le cumul de plusieurs salaires dans la Fonction publique. Les membres du cabinet du ministre du Tourisme ont à leur tour reçu des primes allant de 2.600 à 5.200 Dirhams à partir du premier avril 1995. Neuf cadres du département se partagent ainsi «illégalement» 800.000 Dirhams par an, précise la lettre.

    Ce ne sont pas pour le bureau syndical les seules entraves aux règles de gestion rationnelle. Dans la lettre, il est aussi question des dépenses relatives aux déplacements des responsables du Ministère. Ces derniers ont bénéficié d'une enveloppe de 77.000 Dirhams, réglée par mandat du 28 janvier 1997, pour couvrir les frais de transport et de séjour du salon Fitour de Madrid. Cette somme s'ajoute, rappelle le syndicat, aux indemnités que ces cadres ont obtenues, «pour un nombre de jours supérieur au séjour nécessaire à la mission».
    La lettre a révélé également deux cas d'utilisation abusive des fonds de l'Office. Une étudiante poursuit ses études au Canada aux frais de l'ONMT, grâce à une dotation de 280.000 Dirhams et un salaire mensuel en tant qu'employée de l'Office, et un cadre de la Banque Populaire perçoit toujours un salaire de l'ONMT.

    Hakim ARIF


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc