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Politique Internationale

Les coeurs solitaires tentent Internet

Par L'Economiste | Edition N°:433 Le 01/02/1999 | Partager

Et si l'on se mariait par Internet? Plus besoin d'aller dans une agence matrimoniale traditionnelle pour trouver le partenaire idéal. Si vous êtes vraiment intéressé, il vous suffit de naviguer sur certains sites Web, remplir quelques formulaires, choisir le profil qui vous convient, et le tour est joué.

Zsa Zsa Gabor avait une fois déclaré: "Je veux un homme aimable et compréhensif. Est-ce trop demandé d'un millionnaire?".
Debra Willis est une belle femme pétillante de 35 ans. Elle dirige une banque à Londres, gagne 100.000 Livres (1.556.410 DH) par an, et possède un dépôt dans les quartiers des docks. Elle a tout ce qu'elle veut à l'exception d'une chose: un homme avec qui elle pourrait partager sa vie. Un millionnaire ferait bien l'affaire. En tant que femme libérale des années 90, maîtresse de son propre sort, elle a décidé de faire appel aux dernières technologies pour trouver un mari. Elle va chercher sur Internet.
Internet est une grosse affaire, tout comme l'industrie des coeurs solitaires. Si vous mélangez les deux, vous obtiendrez un amalgame très harmonieux. Un nouveau site MatchNet.com (www. matchnet.com) vient d'être lancé sur le Net. C'est une agence matrimoniale qui vise à aider des personnes comme Debra Willis à choisir l'homme idéal. Nigel Coster, le directeur marketing de cette agence, a précisé que "les personnes qui réussissent dans leur vie professionnelle ont peu de temps pour chercher des partenaires. D'où la nécessité d'avoir recours aux services de l'Internet".
Il a ajouté que, dans les trois à cinq années à venir, 95% de la population du pays aurait accès à Internet via leurs postes de télé. Les premières offres d'abonnement au Matchnet plc(1) ont rapporté 250.000 Livres (3.891.025 DH). L'objectif est d'atteindre 1,5 million de Livres (23.346.150 DH).
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les investisseurs font ingénument appel aux services des agences matrimoniales. Chaque nouvel adhérent est tenu de remplir un long formulaire (avec des précisions sur le salaire, la fonction, ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas), qui constituera une base de données précieuse pour les annonceurs.
Colombus, le groupe d'édition et d'information, a récemment versé la somme de 1,45 million de Dollars (13.752.235 DH) à la vénérable agence matrimoniale Dateline, pour acquérir des informations sur ses adhérents.
Mais qu'en est-il pour ces clients? La quête de Willis a commencé par www.jdate.com, l'agence matrimoniale des célibataires juifs américains "American Jewish Singles Dating Agency" qui a inspiré Matchnet ultérieurement. Elle a passé 30 minutes à remplir le formulaire affiché sur son écran. Celui-ci contenait des détails sur sa personnalité et des dissertations du genre "mon partenaire idéal".
La recherche de JDate pour un homme professionnel âgé de 30 à 55 ans, mesurant entre 1.74m et 1.89m, et habitant dans la région de Londres a abouti sur les personnes suivantes: un comptable, un directeur de publicité, un dirigeant d'entreprise de très petite taille et un écrivain fondamentaliste israélien. Certains profils donnaient des photos.
Trois personnes ont répondu à l'annonce de Willis: Jim, l'analyste de fond new-yorkais, Stephen qui habite dans les comtés du centre de l'Angleterre et Michael le Californien, dont le revenu annuel dépasse les 100.000 Livres (1.556.410 DH), à partir d'une occupation qu'il a tout simplement décrit comme "un travail amusant que j'aime bien".
Willis a également consulté la page web www.cupidnet.com qui donnait l'accès à plus de 100 agences. Mais elle devait faire très attention: certaines parmi elles qui portaient des noms sérieux étaient des réseaux de prostitution déguisés en agences matrimoniales. Elles proposaient des Russes ou des Thaïlandaises pour le "mariage".

Les personnalités aussi


L'agence www. photo-personals.co.uk qui lui a semblé convenable à première vue et à travers laquelle elle a posté son annonce, n'était pas du tout ce qu'elle cherchait. Le jour suivant, elle a reçu 73 réponses, dont 90% étaient tout simplement des descriptions graphiques de scènes érotiques. Il y avait même des photos pour lesquelles le mot "répugnant" serait un euphémisme.
Elle a aussi consulté le site www.match.com qui permet d'avoir un nom anonyme et une adresse e-mail secrète.
C'est ce qui est le plus amusant dans Internet: garder l'anonymat tout en ayant un très grand choix. Plusieurs histoires d'amour se sont épanouies entre des personnes qui se sont rencontrées à travers les espaces cybernet. Vous pouvez très bien garder l'anonymat jusqu'à ce que vous décidez de dévoiler votre personnalité (vous pouvez facilement inventer un faux nom et une fausse adresse e-mail). En revanche, vous ne devez pas oublier que la personne avec laquelle vous correspondez peut certainement vous mentir elle aussi. Comment donc passer au crible les personnes qui ne vous conviennent pas? Comment une femme émancipée et peu méfiante réussira-t-elle à éviter les nombreux brigands?
"C'est dangereux, incertain. C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin", a expliqué David Carter, un spécialiste du capital risque. Ce dernier vient tout juste d'acquérir l'agence chevronnée Virginia Charles et de négocier une fusion nettement plus intéressante avec Only Lunch, le service qui organise des déjeuners galants pour les professionnels. Les agences matrimoniales, a-t-il affirmé, c'est l'industrie du futur. Dans 10 ans, cette industrie atteindra 1 milliard de Dollars.
Plus le nombre de femmes responsables au travail augmente, plus les histoires d'amour dans les bureaux tombent en désuétude et les agences matrimoniales sont tolérées. Selon Janetta Hamilton-Brown de l'agence Only Lunch, il y a eu un véritable changement dans les attitudes des gens pendant ces deux dernières années. Au Royaume-Uni, la notion de "honte" est en train de s'éclipser. Aux Etats-Unis, elle a disparu depuis longtemps.
Bien que le recours à ces agences puisse être risqué, Internet a considérablement facilité la tâche des agences traditionnelles. Sirius, par exemple, a lancé ce mois-ci son site Internet: www.clubsirius.com. L'objectif est de permettre à toutes les personnes d'accéder aux listes des partenaires potentiels (et unanimes) et d'organiser des rencontres entre ces personnes.
Sirius compte un total de 10.000 affiliés. Le prix de l'abonnement est estimé à 468 Livres (7.284 DH) par an.
Une autre agence, Sara Eden, compte 2.000 membres et coûte 695£ par an. Fondée et gérée par Karen Mooney, Sara Eden était principalement connue comme "l'agence des beautés". Après une longue interview, vous choisissez le profil des personnes qui pourraient éventuellement vous convenir et vous désignez enfin la personne que vous souhaiteriez rencontrer. Il y a également une liste secrète des grandes personnalités qui ont le droit de choisir, mais qui ne peuvent être choisies. Ma liste des partenaires potentiels comprenait des médecins, des avocats, des gens de la presse et un yachtsman.
Only Lunch est plus petite, plus récente et légèrement plus chère (750 membres pour 750 Livres (11.674 DH). La date de votre déjeuner est inconnue. Vous n'avez aucune idée sur votre partenaire excepté son prénom et le fait qu'il a été choisi comme quelqu'un qui pourrait vous convenir.
Que vous ayez recours à Internet, à l'approche traditionnelle basée sur le choix minutieux, ou à un rendez-vous galant organisé par l'un de vos amis, le problème du mariage reste très complexe. Toutes ces méthodes se basent sur l'idée que vous savez ce que vous cherchez et que votre partenaire idéal serait quelqu'un avec qui vous avez des choses en commun. Mais nul n'ignore que les affaires du coeur sont beaucoup plus compliquées que cela.

Lesley DOWNER (Financial Times)
Traduction: Majda BENKIRANE
L'Economiste

(1) Public limited company. L'équivalent de SA au Maroc.


Rencontres


1ère rencontre:
Sirius a sélectionné pour moi (journaliste au Financial Times) un architecte, un directeur d'entreprise, un PDG et quelques banquiers. Plusieurs d'entre eux paraissaient charmants. Mais après un entretien téléphonique plaisant, j'ai finalement choisi de déjeuner avec "Barry" dans son club de golf.
C'est un vrai gentleman du genre plutôt classique. Il avait 40 ans et dirigeait une banque d'affaires. Il a passé une grande partie de sa vie à travailler à l'étranger. C'est pour cela qu'il était difficile pour lui de rencontrer des femmes. Mais, grâce à Syrius, il a pu se faire de nouveaux amis et faire la connaissance de plusieurs femmes intéressantes. Ces relations n'étaient cependant pas basées sur des histoires d'amour. Il a demandé à me revoir et il m'a semblé honnête de lui avouer que, dans mon cas aussi, une histoire d'amour était peu envisageable.

2ème rencontre:
J'était plutôt nerveuse au départ. Je suis arrivée à un restaurant tranquille situé au centre-ville, et j'ai discrètement demandé au serveur de m'indiquer la table Only Lunch. Dieu merci, "Jim" était un homme d'affaire présentable, élégant et très distingué. Tout comme Barry, il avait passé de nombreuses années à l'étranger.
J'ai commencé à réaliser que les clients des agences matrimoniales n'étaient pas tous des tristes perdants comme on avait l'habitude de croire. C'est des personnes qui ont vécu pendant plusieurs années à l'étranger et qui sont capables de franchir tous les obstacles pour aboutir à leurs fins.
A la fin du repas, le moment est arrivé pour décider si nous devions échanger nos coordonnées. Nous nous sommes dit en même temps: "Bonne chance". Une façon courtoise pour dire: "Eh bien, nous n'allons plus nous revoir".

M. Be.

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