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Economie

Les cliniques privées creusent dans l'affaire Annajat

Par L'Economiste | Edition N°:1453 Le 06/02/2003 | Partager

. Elles pointent du doigt les conditions de passation du marché des examens médicaux . L'association des cliniques privées accuse les autorités de vouloir faire le black-out sur l'affaire L'affaire Annajat n'en est pas encore à son ultime rebondissement. Par une tentative, peut-être pas la dernière, de démêler les fils de l'arnaque, plusieurs intervenants reviennent à la charge. Il y a d'abord la réaction de l'association des cliniques privées. Pour son président Farouk Iraki, l'affaire est d'entrée de jeu frappée d'illégalité, «puisqu'elle n'a pas suivi le cheminement normal des contrats». Il n'y avait jamais eu d'appel d'offres et «toutes les cliniques privées n'ont pas reçu le cahier des charges de l'affaire», souligne Iraki. Ces propos sont confortés par un communiqué diffusé récemment et cosigné par les cliniques Andalous, Val d'Anfa et Al Hakim. Ces dernières rejettent une affirmation faite par Abbas El Fassi, selon laquelle «quatre cliniques ont été consultées suivant un cahier des charges bien établi, lesquelles cliniques refusant l'offre, seule Dar Salam avait accepté les conditions». Contacté par L'Economiste, Dr Abdelkader Filali, cogérant de la clinique Al Hakim, précise que son établissement avait manifesté son intérêt pour le marché mais que «la clinique a tout de même été écartée sans aucune explication valable». Les responsables d'Al Hakim affirment être allés jusqu'à s'enquérir de l'authenticité de l'affaire en contactant l'ambassadeur marocain aux Emirats arabes unis qui «a affirmé ne pas être au courant de l'opération». . Black-out L'association des cliniques privées invoque «le black-out que les autorités tentent de faire sur un dossier à ramifications politiques». Pour Farouk Iraki, le retard enregistré par la Commission spéciale d'enquête sur l'affaire Annajat, mise sur pied par Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi, est une «tentative d'endormir l'affaire dans l'espoir d'éviter l'interpellation de hauts responsables». Les cliniques ne sont pas les seules à prendre position sur cette affaire. De plus en plus de professionnels dans le secteur médical crient à l'arnaque. Abbas El Fassi avait affirmé dans une déclaration que sur les 30.000 candidats, 1,6% seulement ont été éliminés pour inaptitude. Or, plusieurs informations ont fait état de 47.000 examens effectués, voire 80.000. Sachant que la société émiratie Annajat, dont la bonne foi a été conjointement soulignée par Abbas El Fassi et l'ambassadeur marocain aux EAU, n'avait alors besoin que de 30.000 candidats. La mise en rapport des éléments chiffrés de l'affaire permet ainsi de tirer des conclusions sur la manière dont le contrat a été passé. Un gérant d'une clinique parle d'»un marché de gré à gré où le relationnel joue le tour». . MachinationLe choix exclusif de la clinique Dar Salam a été fait, selon un responsable d'une clinique, au détriment des candidats dont la plupart venaient de régions reculées du pays. Un médecin s'est dit moralement peiné de voir l'intérêt des candidats bafouillé. Un autre pense qu'il est plutôt anodin de croire que des médecins ont été victimes de «machination». «Le contraire aurait profondément choqué», ajoute-t-il. Quant à l'association des cliniques privées, elle se dit ne pas avoir les coudées franches et «l'autorité légale requise» pour mener sa propre enquête. Il n'en reste pas moins que l'image de marque de la médecine privée en a plus ou moins pris des coups. Alors que la profession, selon Iraki, traverse une crise, «les nouveaux dérapages qui deviennent de plus en plus fréquents ne font qu'empirer les choses». A l'association des cliniques privées, on parle désormais de détresse.


Responsabilité

La Commission d'enquête mise sur pied par le successeur d'Abbas El Fassi, Mansouri, n'a pas encore répondu aux attentes de l'opinion publique marocaine et des victimes. L'enthousiasme que cette commission a suscité au départ a fini par céder place à la déception devant le retard dans la communication des résultats (contactés par L'Economiste, les responsables de la commission sont restés injoignables). Un porte-parole des victimes doute fort de l'efficacité de celle-ci face à «l'immunité du gouvernement». Un juriste évoque «le boycott des projets de règlement permettant d'élargir le champ d'interpellation des membres de l'exécutif». Il n'en demeure pas moins, poursuit-il, que «la responsabilité de l'Etat en la personne du Premier ministre envers les citoyens lésés, reste toujours posée. Les indemniser est un devoir garanti par la loi et non une «charité».Mostafa BENTAK

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