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Les cliniques affectées par le temps plein aménagé des médecins

Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

Les cliniques de Rabat et Casablanca connaissent depuis quelques jours une inquiétude, suite à une lettre du Président de l'Ordre des Médecins, rappelant que les dispositions sur le temps plein aménagé doivent être appliquées. Elles concernent l'exercice des médecins du secteur public dans le privé. Cette application risque de perturber le fonctionnement des cliniques et de grever leur rentabilité.

Après donc plus de cinq ans de pratique de TPA, le Conseil National de l'Ordre a reitéré aux médecins, par une lettre datée du 21 Mai, les indications qui devaient régir le temps plein aménagé. En Octobre 1990, trois cliniques dans trois villes différentes étaient les seules aptes à recevoir les médecins pour l'exercice à titre privé. A Rabat, c'est la clinique Riad, à Salé c'est Beauséjour, et à Casablanca, c'est la polyclinique Ziraoui.
Le temps plein aménagé est une disposition souple qui autorise les médecins-enseignants (professeurs et maîtres de conférence agrégés) du secteur public à exercer deux demi-journées par semaine à titre privé. Cela leur permet d'améliorer leur condition, autant en termes de revenus qu'en termes de valorisation morale. Ils peuvent alors soigner les malades, dans un cadre suffisamment équipé, spacieux, qui utilise leurs compétences. Les cliniques sont les lieux où se réalisent ces conditions.

Le Docteur Archane, président du Conseil National de l'Ordre National des Médecins, nous affirme que le choix s'est porté sur ces cliniques car "ce sont les mieux équipées, les plus spacieuses". Les responsables des autres cliniques n'hésitent pas à qualifier cette décision "d'arbitraire". "En interdisant aux médecins le choix des cliniques où ils voudraient exercer, c'est la liberté du médecin que l'on remet en cause. C'est aussi la liberté du malade que l'on touche: c'est-à-dire celle de se faire soigner par le médecin de son choix, dans le lieu de son choix", poursuivent-ils. "Il est inadmissible de privilégier certains au détriment d'autres", concluent-ils.

A Rabat, c'est presque le quart -sinon plus- des activités des cliniques qui serait touché par ces dispositions. Cela diminuerait d'autant leur chiffre d'affaires. Les crédits importants accordés par les banques, pour ces entreprises d'un type particulier, dont la gestion ressemble fort à celle de l'hôtellerie grèveront leur rentabilité. Les échéances restent lourdes, et nécessitent une pleine utilisation des capacités, en termes de lits occupés, pour permettre les remboursements à temps. Les calculs de rentabilité ont été réalisés avant l'ouverture des cliniques. Certaines prévisions sont difficiles à chiffrer, pour peu qu'elles concernent une concurrence nouvelle. D'un autre côté, les cliniques ont besoin de ces médecins-collaborateurs, pour leur bonne marche. Leur souplesse, leur disponibilité dans certains cas et surtout leurs compétences en font des collaborateurs nécessaires.

L'expérience passée a montré que les enseignants dépassent les deux demi-journées par semaine qui leur sont accordées. "On les trouve partout" nous dit le docteur Archane. "Cette situation a fait qu'en Tunisie, par exemple, le TPA a tout simplement été supprimé" nous rappelle le docteur Saadi, Cancérologue et Directeur de la clinique Moulay Youssef. En Tunisie, les abus sont arrivés à un point tel que l'administration ne pouvait plus exercer son contrôle. Au Maroc, les deux ministères de tutelle, le Ministère de la Santé Publique et le Ministère de l'Education Nationale, ainsi que le Secrétariat Général du Gouvernement ne veulent pas s'engager pour l'instauration d'un quelconque texte qui puisse régir le temps plein aménagé.

La difficulté de contrôle par la loi, dans le cas où les médecins n'arriveraient pas à s'autoréguler laisse les pouvoirs publics dans l'expectative. Le vote d'un texte législatif aurait une valeur irréversible. Les directeurs de cliniques, de leur côté, réclament des décisions qui précisent les modalités détaillées de l'application du TPA, mais refusent de se voir priver de "leurs" médecins, qui seraient donc dirigés "arbitrai-rement" dans des centres concurrents. A Casablanca déjà, la majorité des 80 médecins-enseignants refusent d'aller à la clinique Ziraoui, qu'ils disent "sous-équipée". C'est aujourd'hui vers la clinique Kadi, qu'ils se dirigent le plus.

Le président du Conseil National de L'Ordre des médecins a demandé deux mois pour remettre de l'ordre au sein de la profession. Il a donc jusqu'au 13 Juillet pour faire appliquer les dispositions prises. Les réunions prochaines avec les Ministres de la Santé et de l'Education Nationale pourraient déboucher sur un compromis qui évitera les débordements du TPA et ne lésera personne.

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