×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

International

Les choix difficiles du président des Etats-Unis d’Amérique
Par le colonel Jean-Louis DUFOUR

Par L'Economiste | Edition N°:3367 Le 22/09/2010 | Partager

EN démocratie, sauf exception, les électeurs ne sont pas réputés se passionner pour la politique étrangère. Cela n’empêche pas les hommes et les femmes de gouvernement de devoir à l’occasion prendre l’opinion publique en compte. Surtout si les représentants du peuple reprochent à l’exécutif son action extérieure. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis où les sénateurs renâclent à ratifier le traité START russo-américain de réduction des armements stratégiques. Les élus républicains accusent le président démocrate, vieille antienne, d’être laxiste en matière de sécurité nationale.Si les élections de mi-mandat, en novembre, sont un échec pour les démocrates, rassembler au Sénat une majorité des deux tiers en faveur du traité sera impossible. Voilà qui ne manquera pas d’influer sur les relations des Etats-Unis avec le reste de la planète. La dynamique du système international risque de s’en voir affectée.Rappelons trois aspects de l’Amérique d’aujourd’hui: - Un, l’accession à la Maison-Blanche de Barack Obama n’a pas été le fruit d’un raz de marée électoral. 48% des grands électeurs avaient choisi quelqu’un d’autre. Quelle qu’ait pu être la forte popularité initiale du président Obama, son assise politique n’était pas de celles qui permettent de soulever les montagnes. Depuis un an, les sondages lui accordent moins de 40% d’opinions favorables. Sans être impossible, la direction du pays ne s’en voit pas facilitée. - Deux, le mandat a mal commencé. Pour Obama, la guerre d’Irak était la mauvaise, celle d’Afghanistan, la bonne. Le président démocrate s’est opposé à la politique menée par son prédécesseur mais sans apparaître comme l’homme de la paix. Or la situation en Irak s’est plutôt améliorée quand celle d’Afghanistan s’est détériorée. Obama, de plus, n’avait pas prévu la crise financière: en septembre 2008, rien dans son programme n’indiquait comment il allait y faire face. Modérément populaire, Barack Obama a dû se débattre entre ses promesses électorales et les réalités stratégiques du moment, le tout dans une situation de crise économique majeure. Pour juguler celle-ci, le président a dû combiner les vieilles recettes du «New Deal» avec les mesures prises par son prédécesseur. Pas de quoi ravir les foules!- Trois, la politique étrangère, où les présidents ont en général les mains libres, a cédé la place aux questions intérieures, beaucoup plus délicates à traiter. En ce domaine, Obama propose, il ne peut rien imposer.L’administration démocrate est affaiblie. Elle souffre, à la fois, d’un soutien populaire médiocre et d’une forte poussée des extrêmes. Là où la gauche reprochait à George W. Bush de favoriser la société Halliburton et les compagnies pétrolières, Obama, lui, est accusé, par une partie de la droite, d’être à la fois communiste et musulman… Si Barack Obama perd les élections de mi-mandat, il ne sera plus maître de son agenda. Au Congrès des Etats-Unis, seules des majorités puissantes permettent au président de vraiment gouverner. La Maison-Blanche a le choix entre deux solutions: s’opposer au Congrès et le rendre responsable de tous les malheurs du pays, ou faire effort sur la politique étrangère. Dans ce cas, et si l’appui du Congrès lui fait tout de même défaut, il sera possible d’accuser les élus de droite de négliger la sécurité. Problème! Cette attitude a toujours été celle des présidents républicains, jamais des démocrates, traditionnellement soupçonnés de brader la supériorité stratégique du pays. Si Obama choisit l’international, d’un côté, il frappe au cœur de l’identité républicaine mais sans vraiment réduire l’opposition de ses adversaires, de l’autre, il s’aliène le soutien d’une partie des démocrates, plus intéressés par les réformes économiques et sociales que par une guerre lointaine plutôt mal partie! Obama ne peut pas éviter de s’opposer au Congrès mais cette lutte, si elle est capable de motiver sa base électorale, lui aliènera le centre. Ses plus ardents supporters identifieront leur leader à une victime, laquelle peinera à rassembler une coalition gagnante en 2012.Le président est condamné à mettre l’accent sur la politique étrangère. Or Barack Obama a fondé sa première campagne sur la recherche de la paix, le «soft power», le renforcement des alliances, guère sur l’emploi de la force. Il a bien ordonné d’envoyer des renforts en Afghanistan, mais il a assorti cette mesure d’une date butoir pour commencer à rapatrier les troupes. A cet égard, l’Alliance atlantique apparaît divisée (voir encadré). Fidèles parmi les fidèles, les Hollandais ont décroché. D’autres pays d’Europe guettent l’occasion d’en faire autant. L’offensive diplomatique d’Obama en direction du monde musulman n’a pas eu les effets escomptés. Le succès des négociations entre Israël et les Palestiniens est loin d’être garanti. Avec la Chine, si les relations semblent s’améliorer, c’est d’abord parce que Washington a abandonné ses exigences sur la réévaluation du yuan. La Maison-Blanche assure avoir besoin de temps pour que ses initiatives aboutissent mais le temps est ce qui manque le plus au futur candidat Obama. Les deux guerres continuent, marquées par deux erreurs fondamentales. Les troupes américaines ne sauraient évacuer complètement l’Irak en faisant l’impasse sur un accord avec l’Iran. L’Afghanistan est la mauvaise guerre au mauvais endroit. De plus, le Pakistan, allié de l’Amérique, et le plus indispensable, pourrait se décomposer. Le tableau n’est pas gai! Hors d’état d’agir aux Etats-Unis même, pour cause de Sénat récalcitrant, confronté à deux conflits qui ne sont pas près de finir puisqu’il ne peut probablement pas les gagner, Barack Obama est placé devant un choix impossible. Ou bien il continue de la sorte sans stratégie claire ou il se lance dans une troisième guerre, aérienne sans doute, pour détruire les installations nucléaires de l’Iran et réduire ses forces conventionnelles. A moins qu’à l’instar de Nixon en 1971, quand il se tourna vers la Chine au moment où les soldats américains se battaient au Vietnam, Barack Obama ne tente un coup diplomatique: sa base serait ravie, et l’hostilité des républicains à son égard le renforcerait.Mais quel coup? Se rendre à Téhéran? Négocier avec les Talibans? Proposer à la Chine un traité d’alliance? Difficile de savoir ce que pense un chef d’Etat aussi énigmatique que Barack Obama, encore plus difficile de dire ce qu’il va faire. En revanche, imaginer la pression politique qui s’exerce sur lui avant toute prise de décision est plus simple. Rarement dans l’histoire des Etats-Unis, l’action extérieure aura autant dépendu des aléas de la politique intérieure.


Afghanistan, les Européens s’interrogent
«Afghanistan: expliquer à l’opinion publique les raisons d’une guerre», tel est le titre d’un rapport de l’Assemblée européenne. Tout un programme!Après le 11 septembre 2001, le président Bush lance une «guerre contre le terrorisme». Les frappes aériennes en Afghanistan débutent le 7 octobre 2001. Le 20 décembre, l’ONU autorise le déploiement d’une force multinationale. L’OTAN se trouve engagée, hors d’Europe, dans une opération difficile, sur le point d’entrer dans sa dixième année.Cette guerre se mène sur plusieurs fronts. Au-delà de l’Afghanistan, voire du Pakistan, une partie de l’affaire se passe devant les opinions publiques des pays contributeurs. Ils sont 43, même si certains détachements sont purement symboliques. Les Etats-Unis représentent en 2010 l’essentiel des troupes et des pertes. Au 15 août 2010, les USA comptent 1.226 tués dans leurs rangs sur un total de 2002 soldats de la coalition morts au combat.En dépit du poids des troupes américaines, la participation des membres de l’UE et de l’OTAN est non seulement appréciée mais sollicitée. Cependant leur participation n’est pas acquise ad vitam aeternam. Les Européens supportent difficilement les pertes.Le rapport permet une approche transversale des opinions publiques des principaux contributeurs européens, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, France, Italie, Espagne, Pologne.Avec 331 tués au 15 août 2010, l’opinion britannique a décroché. Un tiers des Anglais seraient favorables à un retrait immédiat. En Allemagne, qui compte 42 disparus, la population, à 70%, se dit opposée à l’opération. Les Pays-Bas, eux ont déjà décidé. Ils ont choisi de se retirer. Français et Italiens sont peu convaincus. 58% de ces derniers répugnent à participer à ce qui ressemble plus à une guerre qu’à une opération de maintien de la paix. Seules l’Espagne et la Pologne maintiennent sans barguigner leur participation. Source: d’après «diploweb.com»,20 septembre 2010
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc