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Les Chambres de Commerce, grandes oubliées de la déclaration gouvernementalePar Tayebi GUEMOURIA*

Par L'Economiste | Edition N°:1429 Le 03/01/2003 | Partager

Dans sa déclaration au Parlement, Driss Jettou n'a pas eu une seule pensée pour les CCIS, elles qui réclamaient depuis un temps plus de reconnaissance et de prérogatives pour accompagner notre économie dans sa modernisation et sa relance. Le nouveau cabinet ne compterait donc pas sur ces institutions élues pour remplir à côté des autres départements concernés les deux missions économiques, liées au demeurant et complémentaires que sont la mise à niveau des entreprises et la promotion de l'investissement. En tous cas, une lecture neutre de la déclaration du Premier ministre ne permet à aucun moment une interprétation autre que celle déduite dans ses grandes orientations politiques stratégiques. Certes, personne ne met en doute le constat que ces chambres connaissent de graves problèmes inhérents à leur mode de financement et de gestion et à leur mode d'élection et d'action, mais personne n'ignore non plus que depuis ces dernières années, un changement lent mais profond commence à être annoncé pour les doter de structures nouvelles mises au service de l'entreprise, comme les centres d'information économique, les cellules d'assistance conseil, les espaces collectifs d'usage de l'Internet ou les centres de conciliation et d'arbitrage. Il est quand même regrettable que tout le programme établi par le ministère de l'Industrie et du Commerce pour redorer l'image de ces chambres afin de les transformer en véritables instruments au service de l'entreprise, n'ait pas été reconnu par la déclaration du Premier ministre, qui aurait pu insister sur la nécessité de le renforcer et de le diversifier, en fondant une vision de récupération et d'intégration de ses acquis vitaux pour l'entreprise. Il est facile de répondre à ces remarques par le fait que les Chambres professionnelles sont des institutions électives indépendantes et qu'il leur incombe de choisir le camp dans lequel elles voudraient bien s'installer, sauf que cette mise au point est fausse et infondée, puisque ces chambres sont des établissements publics, disposant d'une base constitutionnelle et sont régies par des lois. Par conséquent, leur indépendance est garantie seulement dans le cadre posé par le législateur et tout débordement de ce cadre est strictement prévu par les textes en vigueur. Il est donc tout à fait logique que ces chambres soient encadrées pour consolider les efforts que tous les organes de l'Etat devront fournir pour bâtir une nouvelle société économiquement forte.Une politique de mobilisation des acteurs en présence de l'Etat, des institutions électives et de la société civile ne peut générer de plus-value que si les veleillités d'exclusion volontaires ou involontaires sont bannies aussi bien des schémas de pensée que de la stratégie globale d'impact sur les différents segments de la société. Comment peut-il être autrement d'ailleurs quant le développement régional n'a aucune autre chance de se produire que lorsqu'il est propulsé localement et par des acteurs locaux? Les responsables et les professionnels du tourisme ont pris conscience très tôt de la pertinence de ces enjeux et ont dévolu à l'ONMT la charge de la promotion du produit Maroc, et aux CRT la mission de promouvoir chacun en ce qui le concerne, son produit régional. Ceci ne semble pas encore être le cas pour les autres secteurs de l'économie car à aucun moment, la déclaration ne s'est penchée sur la façon dont semblerait se préoccuper l'Etat pour drainer les investissements dans les régions, ce qui laisserait encore une grande marge à l'improvisation et à la démobilisation, alors que les CCIS pouvaient être investies de cette mission, officiellement, en les dotant de tous les moyens pour accomplir cette mission. A moins de ne comprendre à travers les larges paragraphes réservés par la déclaration aux CRI que le gouvernement compte n'avoir pour partenaires en matière de politique régionale que les centres en question et rien d'autre, ce qui constituerait un terrible revers pour les chambres à un moment où celles-ci traversent un véritable tournant dans leur histoire et dans leur longue quête d'une identité nouvelle. Personne ne conteste que les CRI sont des instruments fiables au service des investisseurs, mais personne ne doit oublier non plus que les investisseurs sont de plus en plus rares, difficiles à convaincre, et fins négociateurs de leurs intérêts.Alors et d'abord, les organismes consulaires peuvent parfaitement grâce à leurs réseaux internationaux faire connaître les atouts de leur région, inviter les délégations étrangères et chercher de nouveaux marchés pour les exportateurs de leur territoire. Ensuite, la mise à niveau si chère à notre Premier ministre, les CCIS, peuvent également se positionner et réclamer une part dans le travail notamment de proximité qui sera déployé au niveau des entreprises des régions pour accéder aux fonds mobilisés et opérer les corrections nécessaires en matière d'équipements ou de formation pour faciliter leur compétitivité et leur résistance à la concurrence. L'actuel ministre Abderrazak El Mossadeq, depuis qu'il a présidé aux destinées de l'administration des Douanes, a toujours préféré tâter le pouls des professionnels et dialoguer avec eux dans l'enceinte des CCIS et non ailleurs. Rien donc n'empêche que la confiance qu'il a dans ces organismes puisse continuer et même être consolidée. A partir de Rabat, la mise à niveau pourra être conçue et définie, mais c'est dans les régions qu'elle pourra se traduire en un ensemble de mesures en faveur de l'entreprise.Les CCIS ne prétendent pas au statut d'interlocuteur unique en matière de mise à niveau sur le plan régional, mais peuvent contribuer à sa mise en place et à sa réalisation. Enfin, le troisième apport des CCIS concernerait les petites et moyennes entreprises, qui ont toujours trouvé auprès de ces institutions un moyen d'expression complémentaire vis-à-vis des autorités locales, des administrations territoriales et dans bien des cas, face au gouvernement. Et curiosité peut être marocaine, les chambres sont l'unique forum où coexistent avec les mêmes droits et prérogatives les PME/PMI et la grande entreprise et où siègent le grand entrepreneur multimillionnaire employant des dizaines de personnes avec l'exploitant d'un commerce modeste aidé dans le meilleur des cas par un ou deux auxiliaires. Cette vocation de représentativité et d'écoute des PMI/PME par les chambres, il ne faudrait pas non plus la dilapider et devra au contraire être redéfinie en tenant compte du projet de création de l'agence. Là encore, les chambres n'ont pas l'in-tention d'être le porte-parole des PME/PMI, bien que dans l'exercice quotidien de leurs activités, c'est bien auprès d'elles qu'elles trouvent un interlocuteur de proximité. Sur ces trois chapitres, au moins de la promotion des investissements, de la mise à niveau et de l'appui aux PME/PMI, les CCIS peuvent sans doute apporter aux entreprises de leur région, les capitaux étrangers frais et des nouveaux partenaires, faciliter sa restructuration et sa modernisation, et enfin assurer sa défense immédiate aux niveaux régional et national, sans attendre la modification des lois et règlements entravant son activité. Maintenant, la question cruciale qui sera posée concerne l'aptitude des CCIS à accompagner ce programme dans les termes de rigueur et de célérité requises et leur capacité à se transformer rapidement en moteur de développement régional, catalyseur des ressources et programmeur de leur déploiement dans le temps et dans l'espace au profit de l'entreprise. Si les pouvoirs publics sont convaincus de la nécessité d'incorporer les chambres dans la bataille qu'ils comptent mener contre la pauvreté, le chômage et en favorisant la croissance économique, il est tout juste temps de préparer leur entrée en lice dans cette dynamique avant la fin de cette investiture, qui prendra fin dans les prochains mois.* Directeur de la CCIS de Marrakech.

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