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Les céphalopodiers pour un repos biologique groupé

Par L'Economiste | Edition N°:354 Le 12/10/1998 | Partager

Les céphalopodiers préconisent que le repos biologique dure quatre mois successifs. L'objectif apparent est de le faire coïncider avec la période de reproduction. L'objectif réel: éviter le prolongement de la pêche européenne.


ranle-bas de combat dans les rangs des céphalopodiers. La décision de regrouper les quatre mois de repos biologique, lors de l'assemblée générale extraordinaire de l'ACM(1), n'a pas été facile à adopter. En cause, le repos biologique imposé par la surexploitation de la ressource halieutique n'a pas permis sa reproduction.
Les céphalopodiers préconisent ainsi que le repos biologique se déroule pendant quatre mois successifs (de juin à septembre) au lieu de l'étaler en deux périodes: septembre, octobre et avril et mai. "Ça n'a pas été facile de faire adopter cette décision compte tenu du risque engendré par l'immobilisation de l'activité pendant quatre mois successifs", déclare un membre de l'ACM. Mais au-delà du risque, cette décision se veut plutôt un signal fort auprès de la Communauté Européenne pour la non-reconduction de l'accord de pêche. Car si les céphalopodiers prennent sur eux d'arrêter l'activité pendant quatre mois successifs afin de faire coïncider le repos biologique avec la période de reproduction (ou de recrutement), il va falloir compter deux mois supplémentaires de stagnation de l'activité. "A peine de quoi assurer notre survie", déplore un armateur.

1.800 Dollars de pertes par jour et par bateau


Les armateurs sont toutefois moins paniqués que par le passé. La volonté de l'actuel gouvernement de ne pas renégocier l'accord de pêche est rassurante. "Et c'est la première fois qu'il y a un consensus total entre l'Administration et les professionnels", affirme un responsable de l'ACM. Moins rassurants en revanche, les chiffres de la production des céphalopodes pendant les trois dernières années: de 94.200 tonnes en 1995, le niveau de production a baissé en 1997 à 68.100. "Une véritable chute libre", commente un armateur. Le ton monte. "C'est soit la fin de l'accord, soit la fin de la pêcherie". Le message est clair et il s'adresse à la l'Union Européenne. L'argument avancé par les professionnels marocains n'est pas creux, puisqu'il se base sur la dégradation continue de la ressource halieutique.

De plus, les dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ainsi que le Consensus de Rome sur les pêches mondiales adopté par la Réunion interministérielle de la FAO sur les pêches en mars 1995 confortent la position du Maroc. En effet, selon ces dispositions, seul un reliquat de stock halieutique peut faire l'objet d'un accord de pêche avec un pays tiers. "Or, conteste un membre de l'ACM, il est clair qu'un tel reliquat n'existe pas pour toutes les pêcheries". Pour l'instant, et pour l'année en cours, la perte est évaluée à 1.800 Dollars par jour et par bateau de pêche. Les armateurs ont du pain sur la
planche. Leurs charges directes étant incompressibles, ils n'arrivent pas à dégager une marge d'exploitation pour rembourser les crédits existants. "Une spirale dangereuse pour l'avenir d'un secteur déjà pauvre et malade", souligne un armateur.


Les griefs d'un accord arraché


Outre "l'ambiance" dans laquelle l'accord de pêche a été signé (interdiction pour toute marchandise marocaine de transiter par le territoire espagnol depuis mai à novembre 1995), l'accord a plusieurs défauts:
- Alors qu'elle aurait du être totale et immédiate, la réduction de l'effort de pêche n'a pas dépassé les 37% de la flotte céphalopodière. "C'est dérisoire", avance un responsable de l'ACM.
- La clause de révision de l'accord mi-parcours a été supprimée, ce qui signifie que, même en cas de catastrophe écologique, l'effort de pêche devra être maintenu pendant toute la durée de l'accord.
- Le débarquement au Maroc des prises de la flotte européenne opérant dans des eaux ne concerne que 61 unités sur une flotte qui dépasse les 600.
- Les armateurs doutent que c'est vraiment le dernier accord de pêche qui sera conclu entre le Maroc et l'Union Européenne...

Hassan BOUCHACHIA


















































(1) L'AGE de l'Association des Céphalopodiers du Maroc (ACM) s'est déroulée le mercredi 7 octobre à Casablanca.

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