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Les cartonniers s'orientent vers l'export

Par L'Economiste | Edition N°:621 Le 21/10/1999 | Partager


· La CMCP utilise les papiers et cartons recyclés fournis par Macarpa
· Leader du marché, le groupe projette d'entrer en bourse
· Le Maroc est considéré comme un marché «spot» par les Européens


«L'emballage en carton est un bon indicateur de la santé des secteurs qui l'utilisent», explique M. Abdeljabbar El Hajjouji, directeur général de la CMCP (Compagnie Marocaine des Cartons et Papiers), spécialisée dans la fabrication du papier et carton d'emballage.
Le marché de la cartonnerie, qui compte moins de 10 entreprises, est atomisé et aussi très capitalistique. C'est le groupe CMCP englobant trois sociétés (Ogden, CMCP et Chems) qui est considéré comme le plus important du secteur. Il revendique environ 64% du marché. D'ailleurs, il compte parmi ses clients réguliers les grandes entreprises de produits de consommation courante comme l'Office National du Thé et du Sucre, la Cosumar, l'OCE ou IMM, même si aujourd'hui les lessiviers ont introduit l'emballage plastique jugé plus avantageux.
Pour la fabrication du carton ondulé, outre les importations qui avoisinent les deux tiers de l'approvisionnement, le groupe CMCP a recours au papier recyclé dont la plus grande partie (70% de ses besoins) provient de la société Macarpa. Le prix d'achat varie en fonction de la nature du papier et va de 0,50 à 2 DH le kilo. Les invendus de journaux sont eux facturés à 2,50 DH par Macarpa. Ce genre de papier reste rare parce que très utilisé par les épiceries et les marchands de cacahuètes qui l'achètent à 3 DH, voire à 4. C'est pour cela que la CMCP préfère s'approvisionner en journaux invendus à l'étranger, pour un papier de meilleure qualité.
Presque tous les cartons sont récupérés et revendus aux usines. «L'autre partie du récupéré provient des déchets des usines de fabrication qui les revendent aux papeteries», explique M. Aziz Qadiri, directeur général de Ondumar, spécialisée dans la fabrication du carton ondulé et qui revendique 30% du marché.
Chez Ondumar, 85% de l'approvisionnement en matières premières se fait à l'étranger pour la production de cartons ondulés destinés au marché local et des «cannelures» qui entrent dans sa composition.
Le carton ondulé destiné aux frigos nécessite du papier à base de pâte vierge (non fabriquée au Maroc, car requérant d'importants moyens techniques) qui est fabriqué avec du kraft à 500 Euros la tonne.
Pour le papier mi-chimique, qui est utilisé pour les cannelures, il est importé à 2.500 FF la tonne. Le prix du papier local, dont l'évolution est en dents de scie, culmine aujourd'hui à 5.500 DH la tonne.
L'industrie papetière, selon M. Qadiri, est une industrie non polluante et en même temps écologique, puisqu'elle permet le reboisement des forêts. Idée partagée par M. El Hajjouji, qui ajoute que le seul désavantage serait de chercher à développer des arbres à forte productivité (pour la fabrication de pâte vierge) et étouffer ainsi la bio-diversité.
Le groupe CMCP affirme respecter l'environnement en tenant compte des normes européennes. C'est une industrie qui nécessite l'usage de 800 m3 d'eau par heure. Pour le traitement des eaux de rejet du process, l'entreprise a déjà investi 20 millions de DH dans des équipements conformes et compte y consacrer 30 millions de DH sur les cinq prochaines années.
Par ailleurs, la CMCP, indique le directeur général, projette de procéder à une fusion de ses trois entreprises à partir du 1er décembre. De plus, le groupe compte également s'introduire en bourse, avec une bonne part pour le personnel, qui est une manière de l'intéresser au quotidien.
Le groupe CMCP a réalisé un chiffre d'affaires en 1998 de 1,2 milliard de DH. Celui de l'exercice 1999 baisserait de près de 20% pour se situer entre 800 millions et 1 milliard de DH. Les cours mondiaux du papier ont chuté, ce qui a entraîné la diminution de l'activité de la papeterie chez la CMCP de 20%. La caisserie a également accusé une légère baisse.


Marché local réduit


Les dirigeants de la CMCP ont commencé à tourner leur production à l'export, notamment vers la France, l'Espagne et la Tunisie. L'objectif est d'écouler 30% de leurs produits à l'étranger en l'an 2000, pari qu'ils ont déjà réussi à gagner au dernier trimestre de cette année.
«Si nous nous sommes tournés vers l'export, c'est en partie à cause de la taille limitée du marché local", signale M. El Hajjouji. Dans le but de maintenir la même qualité et de ne pas se retrouver avec des surplus de production, l'export apparaissait comme la meilleure solution.
Le choix de l'Espagne n'est pas fortuit. Comme pour l'emballage métallique, des revendeurs espagnols de papier destiné à la fabrication de carton tentent de déstructurer le marché en écoulant leurs produits à des prix plus que concurrentiels. «Ils sont même arrivés à débaucher du personnel», est-il souligné. Les Européens considèrent le marché marocain (comme tous les pays en voie de développement) comme un marché «spot», instable, petit et absorbant n'importe quelle qualité, sur lequel ils revendent leurs surplus de fabrication (marges de disponibilité de leurs machines).
Ainsi, les dirigeants de la CMCP s'attellent à rentabiliser l'export et surtout la logistique dont le coût est pénalisant.

Radia LAHLOU

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