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Les arts plastiques en mal de promotion à l’étranger

Par L'Economiste | Edition N°:2202 Le 27/01/2006 | Partager

. Le ministère de la Culture montré du doigt . Le mécénat, salutaire mais mal géréL’ART contemporain marocain est-il exportable? A voir la dynamique avant-gardiste de cette discipline sur la scène culturelle au Maroc, la réponse serait positive. Mais l’absence de toute politique de promotion de la peinture marocaine d’aujourd’hui à l’étranger grève cette possibilité. C’est en tout cas la conclusion à laquelle sont arrivés les participants à une table ronde consacrée à cette thématique et organisée mercredi 25 janvier à Rabat par la CDG. Pour l’artiste peintre Fouad Bellamine, un art marocain exportable suppose, d’abord, «une présence sur le marché international, ce qui est loin d’être le cas». Les œuvres marocaines sont quasi-absentes des grandes foires et expositions internationales. La rareté des galeries d’art et l’absence de galeristes professionnels à même de promouvoir les artistes n’arrangent pas les choses. Mohamed Bennani, qui préfère sa qualité de matiériste à celle de peintre, a abondé dans le même sens. Pour lui, le ministère de la Culture ne peut pas tout faire. La promotion de l’art passe par tout un corps de métiers (marchands, galeristes, agents) qui n’existe toujours pas. «Les foires et les expositions relèvent des galeries. Mais nos rapports avec celles-ci se limitent aux vernissages», a expliqué le plasticien. Selma Erraoui, artiste mais aussi ancienne directrice d’une galerie dans la région new-yorkaise aux Etats-Unis, a apporté un éclairage sur ce registre. Constatant les difficultés de «commercialiser» les œuvres d’un peintre en dehors de son «marché local», elle a expliqué les véritables missions d’une galerie d’art. Celles-ci commencent par la fidélisation de ses «clients» (amateurs d’art, collectionneurs…). Les galeries américaines usent en cela de tous les moyens de marketing possibles, des relations publiques aux annonces publicitaires, en passant par les critiques d’art dans les revues les plus réputées. La peinture est avant tout un investissement, plutôt coûteux. Un investissement que d’aucuns ne semblent prêts à consentir au Maroc. Même la logistique ne suit pas. Le ministère de tutelle ne dispose pas de camions pour le transport d’œuvres d’art. Résultat: « nos tableaux sont transportés comme n’importe quel meuble», a ironisé Bennani.Plus académique, Hassan Slaoui a posé la question du degré de reconnaissance à l’étranger de l’art contemporain marocain. Dans une mondialisation où le systémisme de la culture est de mise, seule la peinture orientaliste tire son épingle du jeu. «Excessive, cette tendance est devenue une véritable mode, tellement irrationnelle que des tableaux sont achetés au prix fort, sans même que leurs acquéreurs les aient vus». Miné par les faux, ce marché est constitué, dans une large mesure, de «mauvais tableaux colonialistes», selon Bellamine. La vague salutaire de mécénat n’a pas échappé aux critiques. «La dynamique est appréciable, sa gestion est anarchique», résume Slaoui. «On acquiert des tableaux en obéissant à l’affectif. La rigueur voudrait qu’il y ait une commission professionnelle chargée de ces achats au sein de chacun des grands établissements bancaires et institutionnels engagés dans la promotion des arts», a-t-il expliqué. Ce type d’arbitrage fait également défaut dans le choix des artistes devant participer aux rares expositions dans lesquelles le Maroc est représenté. Là encore, les règles d’amitié, d’affiliation idéologique et partisane d’égalitarisme inéquitable, prévalent. Pis, ceux qui ont finalement la chance d’y prendre part ne sont informés qu’à la dernière minute. Or, une telle participation suppose une préparation de plusieurs mois. « Je n’ai été informé de ma participation à la biennale de Venise que quelques jours avant son déroulement. Je vous laisse le soin d’imaginer toute l’improvisation qui s’en est suivie», a témoigné Bellamine.


Procédures et dérapages

«MÊME quand on nous propose d’acheter un tableau à l’occasion d’une exposition à l’étranger, nous sommes obligés de refuser». Cette affirmation de l’un des peintres présents à cette rencontre cache mal l’ignorance -fondée puisque ce n’est pas leur métier- des procédures douanières et le caractère improvisé de ces participations. La procédure, fruit du passage de feu Abderrazak El Mossadeq à la tête de l’administration des douanes, est pourtant claire: les œuvres passent les frontières soit en admission temporaire, moyennant caution bancaire, soit en exportation, via une taxe. Dans un cas comme dans l’autre, l’amateurisme et, parfois, la malhonnêteté sont de mise. Certains peintres n’hésitent pas à faire passer leur œuvre en AT, les vendent, en grattent d’autres sur-place et les rapportent au pays. Tarik QATTAB

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