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    Les achats virtuels controversés

    Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

    · Paiements non sécurisés sur Internet
    · Les sites roses en cause
    · Les acheteurs sont plus protégés que les commerçants

    «Fraude sur Carte Bleue». L'alerte est venue du terrain. En effet, des employés de la Société Générale en France ont manifesté quelque agacement à force de gérer les plaintes des internautes qui contestaient les débits de leurs cartes bancaires. A l'automne dernier, les chargés de clientèle ont alerté le siège, qui a aussitôt diligenté une enquête. Quand le chiffre tombe, à la fin de l'année, c'est la consternation. Un litige sur deux (entre 40 et 60%, selon les agences) met en cause Internet! Une proportion énorme rapportée au poids dérisoire des transactions par cartes sur le réseau des réseaux (autour de 2% des transactions, téléphone et minitel compris).
    Poussant l'investigation un cran plus loin, la Société Générale saisit Carte Bleue, une petite structure qui représente les banques auprès de l'Américain Visa. Une étude vient d'être bouclée sur l'Europe. Elle corrobore les scores relevés en France. L'Américain Visa explique: «47% est un chiffre moyen que nous avons consolidé au fur et à mesure que les pays membres nous transmettaient leurs données». Même retenue à propos des sites marchands. Les «adults» sites (sites roses) sont certes impliqués dans les litiges, mais ce n'est pas la catégorie dominante. L'Américain n'entend pas davantage se froisser avec ses clients porteurs de cartes Visa. «La moitié des plaintes viennent de gens qui ne se souviennent pas d'être allés commander sur Internet». Dans l'autre petite partie des disputes (22%), l'affrontement est plus sévère: le commerçant persiste et signe, affirmant que le client est bien venu dans sa boutique virtuelle, tandis que le récalcitrant soutient le contraire, victime souvent d'escrocs qui ont utilisé son numéro de carte pour faire leurs emplettes sur le Net.
    Ebranlées par les chiffres de Visa, les banques en France continuent leurs enquêtes. La BNP vient d'identifier un site rose qui invite le visiteur à donner son numéro de carte bancaire contre une prestation ponctuelle, mais prélève ensuite sa dîme tous les mois comme s'il s'était agi d'un abonnement.
    Toute cette fraude n'affole pas beaucoup les banquiers français, car les litiges portent sur des montants minuscules. Pourquoi d'ailleurs comptabiliser ces pertes, puisque le préjudice en définitive n'est pas supporté par la banque, ni d'ailleurs par le client (voir encadré), mais par le commerçant.

    Syndication L'Economiste-Libération France


    Bombe à retardement


    Les commerçants qui vendent sur Internet sont assis sur une bombe à retardement. Le pire c'est qu'ils l'ignorent. A l'inverse, les clients s'imaginent prendre des risques fous. Alors qu'ils ne craignent rien». Alain Bensoussan, juriste spécialisé dans le droit électronique, remet les pendules à l'heure. «L'internaute peut retourner le produit, dire qu'il ne l'a pas reçu ou prétendre que ce n'est pas lui qui l'a commandé».
    Dans tous les cas de figures, la banque doit le rembourser. Et le commerçant doit rendre l'argent. Les achats sur Internet sont régis par des règles spécifiques, très favorables aux clients. A l'origine de ces dispositions, l'impossibilité pour le commerçant d'authentifier à distance son client. Les pirates l'ont bien compris et font tranquillement leurs courses sur le Web en utilisant impunément les numéros des cartes bancaires d'autrui. D'où la faculté donnée à celui dont le compte est débité de contester pour un oui ou pour un non son achat. Juridiquement, le banquier n'est pas censé argumenter. Au Crédit Lyonnais, la procédure est même complètement automatisée. Qu'il soupçonne son client d'être de bonne ou de mauvaise foi, le banquier fait un «impayé». A l'autre bout, le commerçant encaisse le choc et rembourse via sa banque l'achat dénoncé. La VPC vit ainsi avec une démarque inconnue énorme.

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