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    Politique

    L'encadrement politique en panne

    Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

    . Khalid Alioua en décortique les causes. Il propose des solutionsKhalid Alioua, ancien ministre et actuel président du CIH, s’est défait de ses casquettes pour porter celle de professeur et sociologue l’espace d’une soirée-débat organisée par l’Association Ribat Al Fath. Le thème choisi et introduit par Abdelkrim Bennani, président de l’association, est d’une actualité brûlante: l’encadrement politique des mutations sociales. Pour ce dernier, le désamour des jeunes à l’égard de la politique et de la chose publique d’une manière générale interpelle l’opinion et cela risque de menacer à l’avenir la démocratie. C’est le cœur du débat de mercredi 11 mai au soir à Rabat. Alioua le sait. Cependant, fait curieux, ses camarades qui assument des responsabilités au niveau de l’USFP, dont il est membre du bureau politique, n’ont pas jugé utile de venir l’écouter. Il faut le dire, Alioua n’est pas très impliqué dans la préparation du 7e Congrès de son parti. L’Istiqlal a également brillé par son absence. Les mouvements de l’extrême gauche, qui cherchent en vain à fonder un «grand parti de gauche», n’ont pas fait le déplacement. Seuls deux parlementaires, ex-ministres de l’actuelle opposition, se sont intéressés au sujet. D’ailleurs, l’assistance était composée en majorité d’universitaires. Cela n’a pas échappé à Alioua qui a dû recadrer son intervention. Il a préféré la concentrer (en langue arabe) sur la genèse de la pratique politique, ses composantes et ses liens dialectiques entre la campagne et l’urbanité. Sur bien des points, il est resté très académique, à part lorsqu’il a invité les partis à se définir en posant la question: qui sommes-nous? Selon lui, la réponse à cette question est essentielle puisque 50% des Marocains sont nés après le programme d’ajustement structurel (PAS). Ils ne connaissent donc pas les partis politiques nationalistes. Selon Alioua, il faudra affiner la réflexion sur des idées-phares comme notamment la modernité et tradition, le nationalisme et régionalisme, l’islamisme et laïcité… il y a une différence entre la religiosité et l’appartenance à un mouvement islamiste, dit-il.. Point d’ancrageToujours est-il que c’est au cours des débats que le membre du bureau politique de l’USFP a retrouvé son panache. Quand on est marginalisé, on bouge dans certaines directions. Alioua livre quelques éléments d’une enquête réalisée auprès des jeunes. Sur les institutions qui leur sont accessibles, 95% d’entre eux citent la mosquée (dont seuls 32% fréquentent ces lieux de culte). Quel parti pourrait avoir ce solide point d’ancrage? Combien de sièges peut avoir l’USFP pour faire face au nombre de mosquées que compte le pays? s’interroge Alioua. 91% des jeunes considèrent que la famille est le centre de formation de la personnalité alors que dans les sociétés modernes, c’est l’école qui développe les valeurs sociétales. Après, c’est l’environnement du travail qui permet de véhiculer les idées relatives à ce domaine. En somme, chaque situation détermine ses valeurs. Pour Alioua, un chômeur ne peut intégrer la compétitivité. Il pousse l’analyse un peu plus loin en se référant à un sociologue avec une formule choc: «Nous n’avons rien mais nous avons des attentes». Mine de rien, de pareilles situations peuvent aboutir à des ruptures dans le système si les réponses ne sont pas fournies.. Ne rien offrir comme perspectivesPour mieux vulgariser ce schéma, il cite le taux de chômage très élevé chez les jeunes. Comment ces chômeurs perçoivent et vivent la politique qui ne leur offre rien comme perspectives? Ils vont vers la rupture qui commence par un jugement moral qu’ils portent sur la société dans laquelle ils vivent. Comme ils n’en attendent plus rien, il est plus facile de les embrigader. Alioua explique ainsi les événements du 16 mai 2003: ces zones de rupture alimentées par des attentes croissantes et des réponses absentes. Ce n’est pas la crise des partis politiques mais celle de la production et de la répartition des richesses. La base donc pour recruter existe. Alioua donne la solution qui réside dans l’encadrement politique et la production des élites pour jouer le rôle de leadership. Il n’y a pas de renouvellement de ces élites par rapport aux changements dans la société. Le système de gouvernance des partis doit changer par l’introduction de la démocratie interne. La dynamique de la société se concentre uniquement dans l’axe de Rabat-Casablanca. Les élites des formations politiques et syndicales se trouvent dans le centre. Alioua prône la décentralisation des structures des partis politiques, à commencer par le sien. Le centralisme ne permet pas aux élites locales d’émerger. La politique est d’être proche des citoyens et le mode de gouvernance doit aller vers la diversité. Mohamed CHAOUI

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