×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Courrier des Lecteurs

    Léger recul du crédit documentaire

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Les importateurs marocains, surtout dans le domaine de l'énergie, augmentent leur capital crédibilité auprès de leurs fournisseurs étrangers. Aussi peuvent-ils se passer, pour leurs règlements, du crédit documentaire.


    Une légère baisse a été enregistrée dans l'utilisation du crédit documentaire par les entreprises marocaines. Selon M. Ahmed Slamti, le directeur des Relations internationales de la Banque Centrale Populaire, une évolution sensible s'est opérée en faveur d'autres moyens de règlement qui dénote une plus grande confiance des étrangers. La Lettre de Crédit Stand By (SBLC) ou l'«Under taking» est de plus en plus utilisée. Avec ces nouveaux moyens, la banque s'engage toujours à payer, mais uniquement lorsque le client est défaillant. Il s'agit d'une formule hybride entre la garantie et le moyen de paiement, explique M. Slamti. Il est à rappeler que, dans le cas du crédit documentaire, la banque est tenue de payer à la réception des documents. C'est elle qui est engagée envers le fournisseur.
    C'est dans le secteur de l'énergie que cette évolution est la plus sensible. Le règlement des importations de pétrole s'effectue de moins en moins par crédit documentaire. Par contre, d'autres secteurs continuent à l'utiliser. Il s'agit des produits alimentaires, des demi-produits, des biens d'équipement et de certains biens finis de consommation.

    Le crédit documentaire est un indicateur de pouvoir de force. Son application n'est pas toujours exempte d'incidents, même pour de grandes banques. Le séminaire organisé les 26 et 27 février par la Banque Centrale Populaire, en collaboration avec la Chambre de Commerce Internationale du Maroc, a abordé les aspects juridiques liés à la pratique du crédoc.
    Largement utilisé par les entreprises marocaines, le crédit documentaire est surtout imposé par les fournisseurs étrangers. Un déséquilibre existe entre les exportations et les importations. Selon M. Ahmed Slamti, les importations recourent dans 50% des cas au crédit documentaire. En revanche, seulement 5% des exportations sont réglées par ce biais. Ceci malgré l'amélioration du risque Maroc, est-il indiqué.

    Maniement délicat


    Pour M. Slamti, qui vient de sortir une édition mise à jour de son livre, «Le crédit documentaire dans les transactions internationales», le crédit documentaire reflète le pouvoir de force qui existe entre les pays et entre les entreprises. Les plus puissants exigent le crédoc tandis que les plus faibles doivent se contenter de virements ou de remises documentaires.
    La longue pratique de ce moyen de paiement par les entreprises et les banques marocaines leur a donné une grande maîtrise, souligne M. Abderrahmane Tazi, le président de la Chambre de Commerce Internationale du Maroc. Cependant, s'ils maîtrisent le volet relatif à l'import, ils connaissent moins la pratique de l'export. C'est le contraire des banques françaises. Selon Mme Josyane Geneste, responsable des crédits documentaires à la BNP, sa banque connaît plus le crédit documentaire à l'export qu'à l'import. La France est surtout exportatrice et, en plus, ses entreprises ont assez de poids pour ne pas se voir imposer le crédoc à l'import.

    Le séminaire auquel ont assisté des cadres chargés du crédoc des banques et des entreprises a été surtout l'occasion de mettre en relief l'aspect juridique du crédit documentaire.
    Les litiges dans ce domaine ne sont pas rares et la prudence est une exigence, puisque les paiements sont conditionnés par la réception des documents et non par les marchandises, en vertu de l'autonomie du crédit documentaire. Aussi la tâche la plus importante pour la banque émettrice est-elle de vérifier la conformité des documents. Deux situations peuvent surgir, souligne M. Slamti. Si les documents sont strictement conformes aux termes du crédit, la banque couvre son engagement à vue ou à terme. Si au contraire la banque relève des anomalies, elle en avise le donneur d'ordre qui a la faculté soit d'accepter les documents en l'état et lève les irrégularités, soit de refuser. Tant que les anomalies ne sont pas relevées, la banque émettrice ne doit pas payer.
    Une lourde responsabilité pèse sur les services responsables du passage au tamis des documents. Une erreur peut représenter une lourde perte pour la banque.

    Hakim ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc