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L'Economiste à Rabat-Salé
Les opérateurs économiques peu séduits par la politique

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

. Les communes ne profitent pas du savoir-faire des promoteurs alors qu'elles manquent de gestionnaires. Contrairement à l'habitat, les projets industriels souffrent d'un manque de terrains“Le reproche qu'on peut se faire à nous-mêmes, opérateurs, c'est qu'on ne s'investit pas dans la politique”. Omar Sentissi, promoteur et vice-président de la CCIS de Rabat, va droit au but. Il faut absolument explorer la voie de la politique pour évoluer, indique-t-il lors de la table ronde organisée par L'Economiste le 5 juin à Rabat. L'opérateur invite les industriels à se présenter aux élections, tout le monde ne va pas être forcément élu”, du moins se constituera une “force de proposition” pour faire pression. On devrait apprendre et s'initier à la culture du lobbying. C'est la voie salutaire pour la commune, pour les opérateurs et pour le citoyen. Prisonnière de son rôle traditionnel et subissant “l'agression des électeurs-citoyens”, la commune ne se charge que des missions de proximité (collecte des ordures, éclairage, etc). “Il n'y a pas de privilèges même s'il y a de grands discours en ce sens; rien n'est dédié réellement aux opérateurs”, confie Sentissi. La seule issue est de s'introduire aux arcanes de la décision communale. Ainsi, le promoteur apportera son savoir-faire à la gestion locale, d'autant plus que celle-ci manque de gestionnaires. “Mais arrêtons d'incriminer la seule commune, l'opérateur, par sa passivité, est lui aussi sur le banc des accusés”, critique Sentissi. En vue d'assurer la fluidité entre la commune et l'entreprise, l'intervenant propose que soit créée dans chaque commune une cellule dédiée aux opérateurs économiques. “Nous avons grand droit à cette cellule pour la simple raison que c'est nous qui participons via la TVA, via nos impôts à donner de la richesse aux communes”, indique-t-il. Cette courroie de transmission servira à translater les doléances, les propositions et surtout l'information de part et d'autres: “A chaque fois que je voulais proposer une convention à une commune, il m'a été difficile d'aller chercher l'information et tout le monde n'a pas les contacts nécessaires pour avoir l'information”, relate-t-il. Ainsi faisant, les opérateurs seront au fait des projets communaux et en conséquence s'y porteront candidats. Par ailleurs, la commune doit cesser de penser et d'agir en vase clos. Elle doit s'associer et s'ouvrir sur les acteurs. Sur un autre registre, indique Sentissi, “il est temps aux communes de vendre leur patrimoine foncier non dans le sens de le céder pour de l'argent, mais de le vendre comme projet potentiel afin de le promouvoir” affirme Sentissi. Le foncier, clef de voûte de tout investissement, handicape malheureusement l'entreprise. Ne serait-ce que par son prix. Tous les encouragements de la commune doivent verser dans ce sens, “l'immobilier ayant un effet d'entraînement majeur sur les autres secteurs”. Encore faut-il optimiser sa gestion vu sa rareté, “afin de tirer son prix vers le bas” et par là surmonter le foncier en tant que facteur lourd pour l'investissement.L'habitat est comblé mais l'industrie, le commerce et les services manquent gravement de terrains. Autrement, il faut servir toutes les activités impartialement. Mais les communes ne sont pas les seules responsables. Les plans d'aménagement y sont pour beaucoup. En fait, les collectivités locales ont plutôt subi qu'orienté le développement de la ville. La responsabilité incombe à ces fameux plans qui condamnent la ville sur une trentaine d'années. Mais les solutions ne manquent pas: “Il faut avoir de la créativité, un espace dans un quartier populaire qu'on ne peut pas arroser, ni équiper, je pense qu'il faut trouver le moyen d'y installer un ou deux opérateurs, des commerces de proximité et ainsi permettre au privé de payer les frais à la place des communes”, propose Sentissi.


Une part du gâteau aux entreprises locales

La gestion déléguée profite aussi bien à la commune qu'aux communautaires. Elle allège d'une part la collectivité d'un fardeau et offre une meilleure qualité de service aux citoyens. Cette qualité de prestation n'a rien de miraculeux: “Le privé est performant parce qu'il a une gestion souple et parce qu'il n'a pas de tutelle”, fait remarquer Sentissi. Mais, “même si je n'ai rien contre les entreprises étrangères, il faut réserver une part du gâteau de la gestion déléguée aux entreprises marocaines”, ajoute-t-il. Pour réagir, Hafid Boutaleb, président de la Commune Agdal-Ryad, explique: “On a fait des appels d'offres pour la gestion déléguée de la collecte des ordures, mais à notre surprise, aucune entreprise marocaine n'a proposé sa soumission. On a même convenu qu'à deux soumissions égales, on privilégierait l'entreprise marocaine… sans résultat”.


L'infrastructure

L'infrastructure est le capital d'une commune. A Agdal-Ryad par exemple, “l'élargissement des voies a permis certes la décongestion de la circulation mais il a aussi rendu le quartier plus agréable, cher et coûteux et partant ayant une plus-value commerciale”, constate Sentissi. Autre exemple: le réaménagement de l'avenue Fal Oueld Ameïr a “permis, lui aussi, de tripler la valeur du foncier et nous voyons éclore de plus en plus de “grandes “marques” sur le boulevard. Il faut être attentif à ces exemples et en suivre le modèle pour créer cette dynamique à même de créer la richesse. Ali JAFRY



Réactions de la Salle

. L'insécurité: Fléau de la zone industrielle de SaléMohamed Jazouli, entrepreneur, renie la langue de bois. «Il y a des problèmes de sécurité graves à Salé. Ils sont connus sur le plan national. Les harragas sont une véritable menace pour l'activité industrielle. Et c'est une réalité!« s'écrie l'entrepreneur. A tel point que le jour de la paie, il faut faire accompagner les ouvriers par des gardes du corps. Les camions d'import et d'export refusent d'entrer dans la zone. Pour chaque opérateur d'export qui veut visiter la zone, une escorte de police est nécessaire. L'insécurité est telle que les étrangers fuient la zone. La sécurité est une priorité qu'il faut résoudre immédiatement, insiste l'industriel. «Plusieurs sociétés ont fermé, elles ont été complètement dépouillées, c'est désolant«. Sans compter l'absence de service d'hygiène au sein de la zone. «Je paie 37.000 DH de patente et d'édilité, il n'y a pas une ordure qui est ramassée par un camion communal«. Trop, c'est trop. «Il faut que les élus viennent voir, que chacun prenne ses responsabilités!« lance-t-il aux intervenants. « S'il y a insécurité, il n'y a plus d'attractivité des investissements étrangers. La sécurité est avant tout une affaire d'aménagement des constructions. Nous avons honte devant nos clients et nos fournisseurs étrangers. Sans parler des routes délabrées, des bidonvilles avoisinants«, insiste-t-il. . Terrain du guichMaître Hammou, notaire de son état, apporte un éclairage concernant le parc industriel de Aïn Johra. «Il y a un facteur juridique important dans le choix de ce site. C'est un lot de colonisation immatriculé, les industriels peuvent bénéficier d'un titre foncier, ce qui leur offre l'accès direct au crédit«, explique-t-il. «Le cas de Marjane est plus difficile«, ajoute Hammou. Rappelons que Marjane devait récupérer des terrains appartenant au guich (terrain appartenant à l'Etat mais dont l'usufruit va au profit des descendants des combattants du temps de Moulay Hassan). «L'indemnisation des ayants droit s'est faite grâce à un effort commun d'assainissement«. Mais les problèmes juridiques ne sont pas pris à la base au sens de Maître Hammou. «D'ailleurs, il faut que les communes fassent davantage appel à des appuis juridiques, comme des notaires«. A cela, Hafid Boutaleb rappelle les conditions dans lesquelles s'est implanté Marjane à Hay Ryad. «Marjane n'allait pas s'installer à Hay Ryad à cause de problèmes administratifs. Mais nous les avons convaincus de travailler en commun avec les architectes de la municipalité pour avoir les autorisations rapidement«. Aussitôt dit, aussitôt fait: les autorisations ont été données en moins d'un mois. En prime, le président de la Commune Agdal-Ryad a obtenu l'accord du groupe d'employer les jeunes du guich.. Défaut de responsabilités dans les ZI«Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de table ronde pour lister les différents intervenants dans les ZI«, selon Bessa. C'est sans parler des responsabilités. Les devoirs et les limites de chacun ne sont pas clairs. «Qui fait quoi? une question basique que nous ne nous sommes même pas posée«. D'où le défaut de responsabilités dans les ZI.

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