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L'Economiste à Rabat-Salé
Foncier, sécurité, pollution… ce qui ne marche pas dans les ZI

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

. Les industriels ont cotisé pour construire un poste de police . Lequel s'est transformé en arrondissement, ce qui ne résout pas le problème de sécuritéMustapha Echoukry, industriel et président de l'Association des opérateurs de Salé, n'y est pas allé de mainmorte. “Les ZI sont le parent pauvre au niveau des communes”. Et pourtant, elles ont un effet important sur les revenus de ces collectivités. Les maux dont souffrent les ZI ne datent pas d'hier. Infrastructure, spéculation foncière, insécurité, pollution, surcoût… la liste est longue. A se demander comment les professionnels du secteur s'en sont sortis jusqu'à présent. La succession des codes d'investissement de 62 à 83 n'a pas permis de doter les ZI de textes à même de promouvoir leur foncier. “Sachant que le foncier est la base de tout investissement et que la banque ne finance jamais le terrain. C'est de l'argent perdu, non amortissable. Le terrain devrait être gratuit”, au regard de l'intervenant. Malgré la réalisation d'un plan d'aménagement projeté sur plus de 235 ha, les communes n'y ont participé qu'à hauteur de 5%, et le privé à 60%. Il ne faut toutefois pas négliger le fait que les communes ont triplé leur effort pour répondre aux attentes des opérateurs. La ZI Vita, projetée sur une superficie de 11 ha a été entièrement aménagée aux frais de la commune. Pour le parc industriel Aïn Johra, en cours d'aménagement, les communes y ont contribué à hauteur de 38%. Il n'empêche que le problème majeur dont souffre le développement industriel dans la région est celui du foncier. La disponibilité des terrains fait gravement défaut. Pire, elle fait fuir les investisseurs. “Dans les années 90, le 2e groupe anglais de confection cherchait un terrain de 3 ha pour s'implanter dans la région de Rabat-Salé qu'il n'a pas trouvé. Résultat: ils se sont installés à Casablanca en achetant 5 entreprises avec leur personnel, soit un effectif de 3.500 personnes. Ils se sont ensuite développés sur Tanger. Aujourd'hui, cette entreprise emploie 8.000 personnes. Pareil pour un groupe américain qui a cherché 5 ha dans la région vainement. Rien à dire, les ZI sont le parent pauvre au niveau des communes”, se désole l'industriel. D'ailleurs, la zone de Takkadoum n'a été destinée à l'activité industrielle que parce que personne n'était intéressé par ce terrain. “En 1982, il n'y avait pas d'accès, pas de téléphone. On a dû payer les poteaux pour avoir 2 lignes de téléphone. Ça nous a coûté 150.000 DH”. L'industriel, fort d'une expérience de 20 ans, n'incrimine pas les communes, mais souhaite la mise en place d'un partenariat entre les élus et les industriels. La machine ne pourra se mettre en branle qu'avec une concertation effective. Autre bât qui blesse: les délais entre les décisions et leur exécution. “L'extension de la zone industrielle de Youssoufia a été décidée en 1992. Elle n'est toujours pas réalisée. Et entre-temps, il n'y a pas eu de revolving (disponibilité permanente de réserve foncière). Or, pour une ZI, c'est une visibilité sur 25 ans qu'on doit avoir”, continue Echoukry. Sans parler des lenteurs (autorisations de construire) qui peuvent prendre en moyenne 6 mois (ça peut aller jusqu'à 2 ans!). “Pourquoi ne pas octroyer les autorisations du premier coup? Après concertation entre les architectes municipaux et privés, les communes peuvent agréer du premier coup le dossier sans qu'il y ait un incessant aller-retour”.La spéculation n'est pas à négliger. “A Khémisset, sur les 78 lots qui sont attribués, seuls 15 sont exploités. Tout le reste n'est que spéculation”, explique Echoukry. Aussi, l'absence de signalisation dans une ZI comme celle de Salé, qui, rappelons-le, emploie quelque 9.000 personnes, est une aberration pour Echoukry. “Les clients et les fournisseurs ne veulent plus y entrer”.Côté sécurité, indispensable pour la survie, elle n'est pas assurée dans plusieurs des ZI. Pour celle de Takkadoum, les industriels et la commune avaient cotisé pour la construction d'un commissariat destiné à assurer la sécurité dans la zone 24h/24. Seulement, près de la zone se trouve le quartier Hay Rahma dépourvu d'arrondissement. Du coup, ledit commissariat s'est transformé en arrondissement. “Ce qui est une bonne chose pour les citoyens, mais ça ne résout pas le problème de la sécurité”, observe Echoukry. Le surcoût et le déséquilibre dans la composition des prix de revient ne sont pas équitables. Il n'y a aucun système de compensation profitant similairement aux différentes branches d'activités, explique-t-il. “Pour une usine de confection, 2% de son prix de revient sont absorbés par l'énergie, alors que pour une usine de filature et de tissage, le coût de l'énergie représente 18 à 20% du prix de revient”. Pour ce qui est de l'infrastructure, le goudron destiné aux ZI était provisoire. Il n'a jamais été refait. Et à l'origine, la ZI de Salé devait se consacrer à une activité non polluante. Ce qui n'a évidemment pas été respecté. “Le pire, c'est qu'il n'y a pas de station de traitement à moyen et long termes. C'est une véritable catastrophe. Nos richesses halieutiques en prennent aussi un coup”, souligne l'intervenant. Mais Mustapha Echoukry n'est pas de ceux à critiquer gratuitement. Il a sciemment émis des ébauches de solution. La première est d'étudier concrètement les besoins à terme. Car “si l'investisseur ne trouve pas de terrain, il ira ailleurs”. Pour cela, l'industriel propose de mettre à disposition des terrains de 25 ha de revolving autour de chaque préfecture (25 ha aménagés, 25 autres identifiés). Mais de toutes façons, sans l'implication de la commune, ce ne sera que lettre morte.


Que vaut l'industrie régionale?

La région représente 7% de l'ensemble du tissu industriel marocain. Pour 7.000 entreprises industrielles, 496 sont situées dans cette région. Elles génèrent 4% de la production industrielle nationale, soit près de 6,9 milliards de DH. Et 6% des exportations industrielles sont issues de la région, avec près de 2,7 milliards de DH. L'industrie régionale assure 8,5% du total des emplois du secteur, soit environ 40.000 personnes sur 472.000. Mais le déséquilibre entre l'emploi du secteur et la fonction publique est flagrant. “C'est un rapport anormal, car en général, et selon les normes internationales, l'industrie emploie 4 à 5 fois plus que le nombre des fonctionnaires. Malheureusement, nous avons autour de 900.000 fonctionnaires”, commente Echoukry. Côté exportations, le textile vient en tête avec une proportion de 89%, soit un montant de 2,4 milliards de DH. Suivent les industries chimiques et parachimiques avec 6,5% (175 millions de DH). Quant au taux de chômage, il est de 17,4%. Il est plus élevé chez les hommes que les femmes (22,4% contre 16%). L'explication se trouve dans la confection qui emploie beaucoup de femmes. D'ailleurs, ce secteur compte près de 28.000 personnes. Globalement et selon une répartition par préfecture, il ressort que Rabat garde la particularité d'être une ville de fonctionnaires alors que Salé est à vocation dortoir, Témara touristique et Khémisset agricole.Adil EL JOUALI

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