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Agdal-Ryad: Comment une commune crée de la richesse

Par L'Economiste | Edition N°:1539 Le 13/06/2003 | Partager

. Cas d'école d'Agdal-Ryad: de 34 millions de DH, son budget est passé à 120 millions sans aucune subvention. Comment séduire les grandes marques par l'aménagement des grandes avenuesC'est en véritable dirigeant de firme que Hafid Boutaleb, président de la Commune d'Agdal-Ryad, a dévoilé les secrets de sa réussite. Son défi? Faire de la commune un pôle d'investissement. Pari tenu. Marjane, Maroc Telecom, Holcim, 18 ministères, l'administration des Douanes, la SCP, et bien d'autres y ont élu domicile. En 10 ans, elle est devenue le véritable centre de décision de la ville, volant la vedette au centre-ville, plus particulièrement à l'avenue Mohammed V. «Mais ce n'est pas en un jour qu'on décrète une zone centre d'une ville«, explique Boutaleb, également président d'université. Ce n'est pas non plus sans concertation avec les autres acteurs. La CDG, la CGI, l'ordre régional des architectes… ont mis la main à la pâte. L'incitation à l'investissement, la formation, la protection des droits des citoyens, la gestion déléguée sont autant d'axes stratégiques auxquels se sont attelées les équipes de la commune. «Il n'y a pas de secret, si on assure une gestion dynamique de la ville, on ne peut qu'avoir des rentrées importantes«. Ce n'est pas une question de moyens financiers, mais tout se joue sur la transparence, l'allègement des procédures, l'amélioration de l'environnement... De 1992 à aujourd'hui, la commune a pratiquement quadruplé son budget grâce à des actions qui ne coûtent rien à l'Etat. De 34 millions de DH, ce budget est passé à 120 millions. Les investisseurs privés ont été pour beaucoup dans l'amélioration des recettes. Et pour les attirer, il fallait rendre ce territoire communal plus joli. La commune s'est penchée alors sur l'aménagement d'un maillage d'avenues de l'Agdal. L'avenue Abtal, celles de France, Ibn Sina, Michlifen… ont été reliftées. Résultat: une armada de grandes marques, de franchises et de cafés s'y sont intéressés. Ce qui s'est traduit par des investissements considérables. Actuellement, la commune abrite McDonald's, Guy Degrenne, la Pause Gourmande, Paul (franchise boulangerie, café…). Aujourd'hui, l'avenue Fald Ould Oumeir est considérée comme les Champs Elysées de la ville. Les R'batis se plaisent à y déambuler. Outre l'aménagement, des avenues ont été aussi élargies. L'idée est de les rendre plus fréquentées par la clientèle. Une telle opération peut coûter 6 à 7 milliards de centimes. Mais les retombées sont beaucoup plus importantes. Les promoteurs immobiliers ont mis le paquet et le prix d'un appartement a augmenté de 50% en quelques mois. Un joli coup pour la commune. Aujourd'hui, très peu de communes peuvent se targuer de pouvoir drainer des investissements. Le secteur privé ne peut venir mettre en jeu ses fonds que si la commune réalise, elle aussi, des investissements pour l'attirer. «C'est la règle de 3 que nous appliquons au sein de notre commune: 1/3 du budget pour la masse salariale, 1/3 pour les services et 1/3 pour les investissements«, explique Boutaleb. Grâce aux mesures incitatives, ce sont 235 autorisations commerciales qui ont été délivrées durant son mandat communal. Pour l'accueil des investisseurs, les services de la commune ont fait l'objet de restructuration. Une équipe est mise à la disposition des investisseurs pour les accompagner dans l'implantation de leur projet. Les délais de traitement des dossiers ont été raccourcis. Des agents spécialisés sont également mis à la disposition des habitants et des commerçants pour traiter les demandes. Pour ce qui est de la protection des droits des citoyens, des commissions spéciales sont mises sur pied pour le traitement des doléances. Aussi, la commune a adopté un arrêté municipal définissant les heures d'ouverture et de fermeture des commerces pour assurer la quiétude des citoyens. En parallèle, des campagnes ont été organisées de façon régulière pour inciter les commerçants à respecter le domaine public. On a interdit l'installation des enseignes sur les trottoirs. Les affiches publicitaires, signe visuel d'essor, ont vu le jour en 1998. «A l'époque, il n'y avait qu'un seul opérateur. Aujourd'hui, ils sont 7. Et la commune s'est dotée de 70 panneaux d'affichage. Pour 100.000 habitants, 27 km2 et 2.400 ha c'est largement suffisant«, commente Boutaleb.


La ZI Vita revitalisée

Autre exemple de dynamique communale, le travail entrepris pour rafraîchir l'activité industrielle de la zone Vita. Grâce à l'intervention de la commune, la zone, qui jadis tournait à 25%, peut se prévaloir d'une activité industrielle honnête. Le lotissement Vita, situé sur la route de Casablanca, était destiné à abriter une zone industrielle non polluante. D'une superficie totale de 109.846 m2, elle est répartie en 39 lots. Le grand problème s'est posé au niveau de la distribution de ces lots. «Elle se faisait via les connaissances et non pas en fonction des investisseurs«, souligne l'élu. Du coup, 17 lots n'étaient pas occupés en 1997. Et 5 seulement étaient en cours de construction et 16 construits. Sur les 16 lots, on comptait 10 unités industrielles et 6 unités non opérationnelles. Seulement 25% de la ZI étaient en activité. Dans le cahier des charges, les promoteurs avaient 2 ans et demi pour mener à bien leur projet. Devant cette situation, le conseil a accordé un délai de 3 mois aux propriétaires des terrains pour retirer les autorisations de construire. Un autre de 24 mois a été donné pour la réalisation des projets. Auquel cas, les bénéficiaires voient leur contrat annulé et les terrains restitués au conseil municipal. «L'intervention de la commune a permis de créer une nouvelle dynamique. Aujourd'hui, seuls 5 lots sont nus et non équipés et 11 en cours de construction. Et sur les 23 lots construits, 21 sont opérationnels«, indique Boutaleb.


Gestion déléguée

La gestion déléguée des services de propreté de la ville a également été une heureuse entreprise. La Segedema, société qui a emporté le contrat, est chargée de distribuer les conteneurs, collecter et évacuer les déchets ménagers, nettoyer les voies publiques, initier au tri sélectif… «Mais il faut accompagner cette mesure de gestion déléguée«, précise Boutaleb. Dans un premier temps, une étude sur les besoins des citoyens a été élaborée. Puis, un tableau de bord a été préparé sur lequel figure les paramètres de performance de la gestion déléguée. Dans le cahier des charges, si la société réalise moins de 70% de ses objectifs, elle est pénalisée. «Nous avons pénalisé la société pour 63 millions de centimes. Passer par le privé, c'est assurer une meilleure gestion de la chose publique. Mais il faut le contrôler«.Mouna KADIRI



Réactions de la salle

. La propreté fait encore défautLa commune a engagé des fonds importants pour l'aménagement des boulevards. Cependant, même avec le relifting, Habib Houcine, de la CGI, déplore un seuil de propreté qui fait encore défaut au sein de la commune, «malgré un effort de sensibilisation«. «Pourquoi ne pas recruter des agents de proximité pour parler directement à la population?« propose-t-il.. Des terrains inexploités, titrés et invendablesHind El Fale, jeune industrielle, s'interroge sur l'attribution des terrains dans la ZI de Massira I. Installée dans la zone, elle désirerait étendre son activité. Donc créer des emplois. «Seulement, j'ai appris que les lots avoisinants ont été donnés mais jamais réalisés. Or, il est impossible de les acquérir, car ils sont déjà titrés. Comment expliquer cette situation?« demande-t-elle.. Et le textile?Quant à Mohamed Alaoui, il s'enquiert de la place accordée au textile dans le nouveau projet de parc industriel. «Y a-t-il un ilôt de textile prévu à Aïn Johra? Qu'en est-il de l'aménagement de l'habitat pour le personnel du textile?«. Pas de foncier pour le culturel «Je suis promoteur d'art et porteur d'un projet de musée. La recherche d'un terrain pour ce projet est ardue«. En fait, la réserve foncière pour les projets industriels et touristiques est disponible. Par contre, pour l'activité culturelle, elle fait gravement défaut. «Nous n'arrivons pas à trouver de terrain à notre portée«, déplore Chraïbi.

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