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Economie

L'eau, nouveau catalyseur des conflits du XXIe siècle

Par L'Economiste | Edition N°:2260 Le 21/04/2006 | Partager

. Le Proche-Orient est le plus affecté par les tensions liées à l’eau. Le risque de crise s’accroît autour des bassins fluviaux transfrontaliers «Les prochaines décennies verront l’amplification des tensions liées à l’eau». Ces propos sont ceux du colonel Alain Litzellmann, qui a animé, jeudi 20 avril, une conférence sur les crises liées à l’eau dans le cadre du cycle de géopolitique organisé par L’Economiste. Il met d’emblée en garde contre la tentation de faire le rapprochement entre l’eau et le pétrole. «Le pétrole est tarissable et transportable», précise le colonel. L’eau, en revanche, ne présente pas un risque d’épuisement puisque les ressources directement exploitables par l’humanité qui sont de l’ordre de 14.000 milliards de m3 par an couvrent largement les besoins. Le problème réside dans la répartition inéquitable des ressources entre les différentes régions du globe. Aujourd’hui, près d’un habitant sur cinq de la planète n’a pas accès à l’eau potable. Quand un pays a un ratio de 1.700 m3 par an par habitant, il souffre de pénurie hydrique et à 1.000 m3 il se trouve carrément en situation de stress hydrique. En 1995, on recensait déjà 19 pays en situation de pénurie et 11 pays réputés en véritable manque. Les prévisions de 2050 font état d’une dégradation de la situation puisque plus de deux milliards d’individus souffriront de la raréfaction de l’eau. Cette population vit dans les pays en voie de développement qui seront, selon le conférencier, les plus impactés par les crises liées à l’eau. Le risque pour la stabilité de la communauté internationale est grand si le déséquilibre n’est pas corrigé. «Les acteurs de cette guerre ne seront pas les pays riches, mais la communauté internationale ne pourra sans doute pas se tenir à l’écart de ces conflits», explique Litzellmann. La vulnérabilité de ces pays découle de facteurs liés à la pression démographique, de l’urbanisation accélérée et le développement industriel. Les tensions concernent pour la plupart l’eau de surface et le risque s’accroît autour des bassins fluviaux transfrontaliers. Cinq zones se trouvent aujourd’hui au cœur de la problématique de pénurie d’eau. Celle qui présente le plus de risque est la région du Proche-Orient où la question de l’eau pèse de tout son poids dans les négociations entre Israël et la Palestine. En deuxième lieu, le bassin du Nil où l’Egypte est en situation de dépendance à l’égard du Soudan et surtout de l’Ethiopie. Le bassin de l’Euphrate et du Tigre est également problématique dans la mesure où le projet turc «Grande Anatolie» nuit à la Syrie et à l’Irak. L’Asie est également touchée notamment l’Asie centrale avec le bassin de la mer d’Aral, zone où l’Afghanistan ne pourra être négligé et l’Asie du Sud-Est avec ses trois grands fleuves. L’Indus (crise provisoirement réglée), le Gange (situation beaucoup plus fragile) et le Brahmapoutre (conflit latent et quasi-impossibilité de négociation).La situation du Maghreb n’est pas encore alarmante, mais les risques de complication sont à prendre avec beaucoup de sérieux. «Le Maghreb n’est pas concerné par le problème des bassins fluviaux frontaliers. Je ne suis pas sûr que cela soit une chance car cela exclut la possibilité de négocier un approvisionnement en eau depuis les pays d’amont», analyse Litzellmann. Les risques de crise existent déjà comme en témoigne la dispute entre l’Egypte et la Libye à propos de la nappe fossile qui chevauche leurs frontières. L’expert met en garde contre la dégradation de la situation durant les décennies à venir. «Le nombre des pays en situation de pénurie ou de stress hydrique va s’accroître de façon exponentielle à cause de la croissance démographique et du développement économique». C’est à partir de ce moment que la problématique de l’eau pourrait émerger en tant qu’un des facteurs explicatifs du comportement des acteurs de la politique internationale. «La grille de lecture sera le rapport de force entre les pays d’amont tentés d’accaparer l’eau et les pays d’aval prêts à tout pour l’obtenir», affirme le colonel.


Maroc: Attention au stress hydrique!

«Le Maroc est à la limite du stress hydrique, mais la crise n’est pas pour demain». Le constat d’Alain Litzellmann devrait interpeller nos dirigeants sur les difficultés que le Royaume aurait à affronter dans les années à venir si rien n’est fait d’ici là. L’agriculture qui consomme 80% des ressources en eau enregistre aussi le grand taux de déperdition hydrique, à savoir 40%. Malgré la présence de nombreux cours d’eau et un aquifère qui n’est pas encore surexploité, la durabilité des ressources en eau est sérieusement menacée. D’ailleurs, depuis les années 70, les bassins hydrauliques connaissent une baisse constante de 10 à 30% de leur capacité. La politique de construction de barrages a limité les dégâts puisqu’elle a permis d’économiser 600 millions de m3 annuellement. Si les pouvoirs publics parlent de construire en moyenne deux barrages par an pour pallier toute situation de crise, cette politique a cependant des limites. L’enjeu, selon le colonel, est de pouvoir concilier entre l’utilisation des cours d’eau pour l’irrigation d’une part, et l’énergie d’autre part. Morad EL KHEZZARI

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