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Le toilettage de la chaîne de sécurité financière n’est pas fini

Par L'Economiste | Edition N°:1658 Le 09/12/2003 | Partager

André-Paul Bahuon, président d’honneur de l’Institut français des experts-comptables, commente la fin de l’autorégulation qui avait caractérisé jusqu’avant Enron, la profession comptable et d’audit. Il s’étonne qu’elle ait été la seule à supporter valeur aujourd’hui, les effets des scandales financiers et comptables de ces dernières années. La séparation de la banque d’affaires et la banque commerciale lui paraît inévitable ainsi que la mise sous surveillance des agences de notation financière.. L’Economiste: Avez-vous le sentiment que la profession a regagné la confiance du public après la succession des scandales de manipulation des comptes?- André-Paul Bahuon: L’exemple particulier du cocommissariat aux comptes me paraît important à cet effet. On s’est aperçu que ce dispositif était une vraie garantie. Chez Vivendi par exemple, un des deux auditeurs avait refusé de certifier les comptes de l’exercice 2000. Cela a permis de protéger l’épargnant. Je pense, que ce soit au niveau du public que du législateur, on a bien compris que les commissaires aux comptes en France ont pris un virage important, non pas parce qu’ils étaient sur la mauvaise voie, mais pour accentuer l’orientation qu’ils avaient prise pour sécuriser l’épargnant contre les effets des scandales financiers.Le monde n’est pas parfait, je vous le concède. Les choses sont encore perfectibles et de toute façon, la vérité d’aujourd’hui par rapport au fonctionnement des affaires n’est pas celle de demain. Mais j’ai le sentiment qu’on est bien considéré comme des acteurs essentiels de la chaîne de sécurité financière et de garantie de transparence et des comptes des sociétés faisant appel public à l’épargne.. Dans cette chaîne de sécurité financière, on a l’impression que les auditeurs ont été les seuls à se remettre en cause. Qu’en est-il des autres maillons de la chaîne, notamment les analystes, les avocats et les banquiers?- C’est un vrai problème aujourd’hui. La profession comptable a fait son autocritique et en amont, il y a eu la sanction judiciaire et la disparition d’Arthur Andersen. Personne ne peut se réjouir de la disparition d’un grand acteur mondial de l’audit. Certains chez eux ont failli, mais c’est toute une collectivité qui a été emportée. Le plus embêtant est qu’on n’a pas été au bout de la chaîne, notamment dans le fonctionnement de la banque, en séparant la banque d’affaires et la banque commerciale. On voit bien la difficulté, ou peut-être même l’incompatibilité, d’une banque qui conseille une entreprise dans une opération d’acquisition et qui la finance par ailleurs. Là, il y a vraiment un gros souci parce qu’on ne peut pas être à la fois conseil et bailleur de fonds. Il va falloir que les banquiers fassent le même exercice d’introspection que les auditeurs parce que c’est un devoir, parce que le prochain scandale, s’il y en a un, sera encore plus dévastateur pour ceux qui n’auraient pas pris de dispositions préventives.Par ailleurs, les agences de cotation financière ne sont pas encore assujetties à un dispositif de surveillance précis, dont certaines sont de surcroît des filiales de banques d’affaires. Il y a encore à balayer devant la porte. . Pensez-vous que la loi française sur la sécurité financière ait réussi à contenir les aspects d’extraterritorialité tant décriés dans Sarbanes-Oxley act?- Les Américains sont formidables, ils pensent que le monde tourne autour de Wall Street. Certes, c’est la première place financière de la planète, mais aujourd’hui, la Chine, c’est un marché potentiel de plus d’un milliard de consommateurs qui arrive et l’Europe élargie, c’est aussi 500 millions de personnes. Malgré ses mérites et sa puissance économique, l’Amérique ne peut prétendre régenter tout le dispositif de sécurité financière dans le monde. Certains points de Sarbanes-Oxley sont des mesures d’accompagnement intéressantes pour la sécurité financière des firmes dont le siège est aux Etats-Unis par rapport à leur propre cote. Cela garantit la formation de l’information de leurs filiales. En même temps, l’Europe est en train de se diriger vers une autorité de régulation continentale. . Le raidissement de la régulation est une pression supplémentaire pour les auditeurs. La couverture en responsabilité civile a-t-elle été revue à la lumière de ce nouveau contexte?- Les choses ne se sont pas tellement posées de cette façon en France. La profession travaille en étroite coopération avec les assureurs. Les mesures relatives au contrôle qualité de l’audit ont été durcies et de fait, elles évitent beaucoup de sinistralité, etc. - Les assureurs sont intéressés de voir tout ce dispositif de prévention se mettre en place. Nous avons eu certes une petite augmentation du coût de notre assurance mais plus liée à la hausse de l’importance des entreprises à vérifier que de la pression de plus en plus grande sur les auditeurs. On est bien conscient que c’est parce que le risque est plus élevé, on cherchera à être un tout peu mieux couvert. Comme Sarbanes-Oxley, le législateur français a introduit pour toutes les sociétés anonymes, qu’elles fassent appel public à l’épargne ou non, l’obligation pour le président d’établir un rapport sur le contrôle interne et sur les méthodes qui ont permis d’établir les états de synthèse et l’information financière annuelle. Les dirigeants sont donc directement engagés à produire des comptes corrects, ils doivent démontrer qu’ils ont mis en œuvre tous les moyens et diligences pour l’information financière. Fini la tentation de faire de son auditeur un faire-valoir devant l’assemblée générale.


Parcours

André-Paul Bahuon a participé la semaine dernière au troisième Congrès des experts-comptables à Tanger. Il est président d’honneur de l’Institut français des experts-comptables et commissaires aux comptes, un puissant syndicat dans la profession comptable et d’audit en France. Beaucoup de ses pairs voient en lui le prochain président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables en France. Son association est jumelée avec le Syndicat national des experts-comptables du Maroc (Snex). Bahuon est également membre du Bureau de l’Ordre des experts-comptables de Paris Ile-de-France. Expert-comptable et commissaire aux comptes praticien, il dirige actuellement le groupe Créatis, un réseau de cabinets d’audit et de conseil qui compte près de 600 personnes dans l’Hexagone.

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