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Le secteur artisanal est à la peine

Par L'Economiste | Edition N°:2303 Le 22/06/2006 | Partager

. L’arrimage au tourisme commence à porter ses fruits. La flambée des matières premières risque de ralentir les objectifs Les artisans de Fès dont le savoir-faire est le fruit d’une longue tradition sont dans une situation difficile. Depuis quelque temps, les ventes n’arrêtent pas de chuter. Et cette année a été encore plus dure. «La vente des produits artisanaux est confrontée à l’étroitesse du marché liée essentiellement au bas niveau de vie du consommateur local et national, à la concurrence des produits industriels de substitution, notamment de la Chine et des pays de l’Asie de l’Est, de moindre qualité mais dont le prix est très compétitif», indique Mohamed Thaifa, président de la Chambre de l’artisanat de la région Fès-Boulmane. Les choses ont empiré avec la flambée des prix des matières premières, notamment le cuivre et autres produits qui sont liés aux fluctuations du marché international. Cette situation met bon nombre d’artisans en mauvaise posture. Certains se retrouvent même contraints de fermer leurs ateliers, d’autres essayent plus ou moins de résister en attendant des jours meilleurs. Mais le tassement de l’activité trouve son origine surtout dans la faiblesse de l’organisation du secteur, la vétusté des outils et équipements de production, les coûts de production mal maîtrisés et dans le manque de compétences managériales. «Malgré son poids réel et potentiel en matière de création de la richesse, le secteur de l’artisanat à Fès a longtemps été considéré comme un secteur social. Cela n’a pas permis l’émergence d’une génération d’artisans entrepreneurs capables de se prendre pleinement en charge et d’engager le secteur dans une dynamique de progrès économique. Ses activités continuent aussi à être pratiquées dans un cadre désorganisé, et se débattent dans des difficultés à caractère structurel aggravées par les défis de l’évolution que connaît l’économie mondiale», précise Abderrahim Iben Khayat Zougari, délégué régional de l’artisanat dans la région Fès-Boulmane. La méconnaissance par les artisans des marchés, notamment des marchés extérieurs, rend aussi aléatoire la rentabilité commerciale du secteur. La situation au niveau des exportations des produits artisanaux se caractérise, selon le délégué de l’artisanat, par l’absence d’une approche marketing intégrée et agressive, l’inexistence de structures professionnelles ou d’agents économiques capables de prendre en charge efficacement la dimension commerciale du secteur. La forte concentration des exportations vers les pays de l’Union européenne et la faible diversification des produits exportés augmentent les risques de marché unique auxquels sont confrontés les exportateurs. «Les artisans doivent comprendre que les temps ont changé et qu’ils doivent se mettre à niveau pour faire face à l’ouverture des marchés et à la concurrence. Le savoir-faire ancestral de l’artisanat de Fès est connu à l’échelle mondiale, mais aujourd’hui, il faut plus de créativité dans l’artisanat et il faut innover dans les procédés et le design pour répondre aux besoins en perpétuelle évolution du consommateur», souligne le délégué régional. La grande faiblesse des ressources financières de l’artisanat limite aussi très fortement la possibilité de réalisation d’investissements nécessaires à sa modernisation. Les artisans soulèvent les difficultés d’accès au financement comme étant un véritable obstacle pour le développement de ce secteur. Ils sont pour la majorité incapables de fournir les garanties exigées par les banques. L’essentiel des crédits octroyés par la Banque Populaire le sont à court terme, pour des besoins de fonds de roulement. En 2005, seulement 41 unités ont bénéficié de prêts contre 132 en 2004. Le montant octroyé se chiffre à 1.348.000 DH contre 4.715.000 DH en 2004. . StratégiePour pallier ces contraintes et sortir le secteur des sentiers battus, le ministère de tutelle a mis en place une stratégie nationale. Celle-ci vise, selon Zougari, à relancer l’investissement dans le secteur et à créer des emplois additionnels. Elle s’appuie sur une politique adaptée à chaque type d’acteur du secteur. Et répond à un double objectif: aider à l’émergence et au développement d’un tissu d’acteurs-producteurs de référence et appuyer les mono-artisans urbains et ruraux en termes de production/vente et d’amélioration de leurs conditions de vie avec un certain nombres d’actions transversales qui touchent le domaine de la formation, le financement, la promotion et l’amélioration du cadre institutionnel du secteur. Au niveau régional, l’accent a été mis sur la convergence artisanat-tourisme. Il s’agit de revaloriser les espaces de vente existants en déplaçant les activités polluantes hors des médinas (projets de Ben Jellik et Aïn Nokbi), de réhabiliter des foundouks d’artisanat et réorienter leur activité vers la finition-vente, d’utiliser les hôtels/maisons d’hôtes comme des canaux de promotion et de distribution de l’artisanat et la création de nouveaux espaces (ateliers de finition-vente-animation) dans des foundouks ou musées dans les médinas et économusées pour permettre au touriste de visualiser toute la chaîne de valeur. Il est prévu dans le plan d’action 2005/2006, la reconversion du foundouk «Chemmaine», notamment en espace d’artisanat et la mise en place du circuit artisanal conçu par l’Ader (Agence de dédensification et de réhabilitation de la ville de Fès). Reste que toutes ces bonnes intentions portées en direction du secteur artisanal soient concrétisées…


L’artisanat en chiffres

Le secteur comprend 12.691 unités et emploie quelque 52.888 artisans. C’est une source de revenu pour 25% de la population de la ville et plus de 75% de la population de la médina. Il existe 29 coopératives qui encadrent quelque 638 coopérants et 43 associations professionnelles composées de 3.477 adhérents. Les exportations ont atteint en 2005 un peu plus de 30 millions de dirhams. La moyenne des exportations en dix ans est de 28 millions de dirhams. Rachida BAMI

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