×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Le renforcement du secteur privé : "Il faut être concurrentiel ou changer d'activité"

Par L'Economiste | Edition N°:109 Le 23/12/1993 | Partager

Le manque de main d'oeuvre qualifiée semble être un problème spécifique au Maroc. En charge depuis un an et demi de l'évaluation du secteur privé du Maroc et de la mise en place des projets de soutien, M. Charles P. Humphreys, du Département Géographique Maghreb et Iran à la Banque Mondiale, commente les grands axes du travail d'évaluation effectué par la BIDE.

- L'Economiste: Comment la Banque Mondiale a-t-elle mené ce travail d'évaluation sur le secteur privé marocain?
- M. Charles Humphreys:
La partie principale du travail est l'utilisation des enquêtes auprès des entreprises. Il s'agissait de faire ressortir la perception qualitative des contraintes auxquelles elles sont confrontées. L'autre partie du travail concerne la classification de ces contraintes en fonction d'autres éléments. Les travaux d'enquêtes ont été essentiellement assurés par le Ministère du Commerce et de l'Industrie sur la base d'un questionnaire élaboré par la Banque Mondiale. C'est le même genre de questionnaires utilisés pour des études similaires dans 18 pays. Cela donne aux experts de la Banque Mondiale la possibilité de pouvoir comparer les contraintes qui pèsent sur le secteur privé dans chaque pays.

- Quel est l'objectif définitif de ces comparaisons?
- Ces comparaisons sont intéressantes en soi. Elles nous permettent également de mieux cerner les problèmes d'un pays. Je vous donne un exemple: sur neuf pays autres que le Maroc, où ont été effectuées des études similaires, on constate que l'incertitude des politiques économiques et l'inflation figurent parmi les contraintes les plus importantes. Ce qui n'est pas le cas au Maroc. Ni l'inflation ni l'incertitude de la politique économique ne sont ressenties ici comme des contraintes. Cela signifie que le Maroc est mieux placé que les autres pays sur le plan macro-économique.

- Où est-il mal placé?
- L'exemple le plus frappant, à mes yeux, est la pénurie de la main-d'oeuvre qualifiée. Au Maroc, les entreprises placent ce problème parmi les trois premières contraintes. Dans notre échantillon, seulement deux pays le considèrent comme une contrainte. La pression fiscale et la cherté des crédits sont des problèmes généraux, qu'on trouve un peu partout, tandis que la carence de la main-d'oeuvre qualifiée semble être un problème spécifique au Maroc.

- Comment jugez-vous la capacité des administrations à suivre le secteur privé?
- Le sens de la libéralisation est justement d'alléger la tâche de l'Administration en accentuant le processus de la déréglementation. La libéralisation va aider la tâche de l'Administration dans son travail de suivi en veillant, par exemple, à ce que le système fiscal fonctionne bien... L'Etat doit surtout investir dans l'éducation primaire. C'est grâce à cet élément que les pays de l'Asie de l'Est ont réussi leur miracle.

- Quels sont les instruments que propose la Banque Mondiale pour lutter contre la pauvreté?
- La croissance en est un outil fondamental. C'est à partir de la croissance qu'on va créer des emplois, augmenter la productivité et dégager les ressources nécessaires pour réaliser des investissements.

L'expérience vécue un peu partout dans le monde montre que le secteur privé est mieux en mesure d'assurer la production efficace, qui est à la base de la croissance. Au Maroc, le niveau d'investissement privé, soit 13% du PIB, est nettement en-dessous de ce qui sera nécessaire pour tenir une croissance.

La libéralisation du commerce extérieur risque de pénaliser la croissance du secteur privé...
- Tout ajustement pose des problèmes. Des entreprises vont gagner, d'autres vont perdre. La protection tarifaire au Maroc reste encore élevée, bien qu'on ait réalisé beaucoup de progrès au niveau de la déprotection. A présent, il faut relancer le processus pour arriver à un niveau de tarifs assez bas. La protection bénéficie à quelques entreprises qui produisent sur le marché local. Or, on sait que le marché local n'est pas suffisamment large pour assurer la croissance à un rythme rapide. Donc, il faut viser les marchés à l'export. La protection tarifaire pénalise les entreprises à l'exportation qui doivent importer des matériels d'équipement et des intrants.
L'économie moderne est une économie d'adaptation, de changement où rien n'est figé. Si les entreprises marocaines ne sont pas concurrentielles, elles doivent ou le devenir ou changer d'activité.

Propos recueillis par Abdelkhalek ZYNE

Ressources Humaines

Formation et licenciement au coeur des débats

La formation, la réglementation, la fiscalité et le social ont été les thèmes traités dans l'atelier Ressources humaines. Le but du plan d'action proposé est d'endiguer les contraintes à l'investissement privé.
Le plan d'action élaboré par l'atelier des ressources humaines s'articule autour de ces trois grands axes.

- Formation:
La formation et la gestion des ressources humaines sont les plus grands volets de ce rapport. Le but recherché est une meilleure adéquation formation/emploi. Trois acteurs sont concernés: les établissements publics et privés de formation et les entreprises. Le but vise à développer des modes de formation concertés.

Concernant la formation contractuelle, les établissements publics devront former des profils ciblés et définis conjointement avec l'entreprise. Pour les entreprises, la formation alternée nécessite leur implication dans l'acte de formation. Il s'agit d'améliorer la qualité de la formation, de favoriser l'insertion dans la vie active et d'alléger les charges de l'Etat. Pour permettre à l'entreprise de s'impliquer dans la formation continue, les participants souhaitent l'institution d'un cadre incitatif. Les mesures proposées sont l'élaboration d'une loi-cadre sur la formation continue, la mise en place de cellules d'assistance et de conseil aux entreprises et enfin la déduction de la taxe de la formation professionnelle et des frais de formation engagés.

- Réglementation du travail et marché de l'emploi:
Le premier thème discuté dans ce volet concerne l'assouplissement de la législation du travail en matière de licenciement, surtout lorsque le licenciement s'effectue pour des raisons économiques. Cette proposition impose une révision de la législation du travail. Pour permettre de régler les conflits sociaux de travail, les participants proposent de créer des commissions provinciales autonomes de conciliation et d'arbitrage.

Le troisième point examiné au cours de cet atelier est la légalisation des bureaux privés de recrutement pour permettre au secteur privé d'être un opérateur en matière d'embauche. Une révision des textes est le principal obstacle à la mise en place de cette mesure.

Le quatrième thème est le renforcement des moyens humains et matériels des CIOPE (Centre d'Information et d'Orientation pour l'Emploi) et des bureaux de placement en vue de leur garantir une meilleure efficacité.

Fatima MOSSADEQ

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc