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Le renforcement du secteur privé : Les frais financiers représentent 6% du CA des PMI

Par L'Economiste | Edition N°:109 Le 23/12/1993 | Partager

Un séminaire sur "le renforcement du secteur privé au Maroc" s'est tenu les 14 et 15 décembre. Co-organisé par la Banque Mondiale et le Ministère du Commerce et de l'Industrie, il a connu une forte participation des industriels. L'atelier financement, lors du séminaire sur le renforcement du secteur privé, a été le théâtre d'âpres débats. Des mesures concrètes sont proposées; elles visent à l'amélioration de l'allocation des ressources financières par la recherche d'une vérité du coût de l'argent.

"Les banques refusent de donner des crédits sans garantie hypothécaire", "le banquier accorde ou refuse les concours en fonction de sa seule volonté", les récriminations contre le système bancaire se sont multipliées dans le cadre de l'atelier financement. Cet atelier du séminaire était le reflet de son assistance très fournie. Celle-ci, très composite, avait des préoccupations peu homogènes. Entrepreneurs dans leur diversité, banquiers et spécialistes du marché financier y ont "parlé" sans dialoguer réellement.

Entreprises: Le difficile accès au crédit

Les entreprises ont fait apparaître leurs différences. Les grandes unités structurées, ayant pignon sur rue, soulèvent le problème de la cherté du crédit. Les taux actuels ont été estimés "anti-économiques", car freinant l'expansion, selon un dirigeant d'une grande entreprise.
Les PMI et les jeunes promoteurs largement représentés annonçaient qu'en moyenne les frais financiers représentaient 6 à 10% de leur chiffre d'affaires. Mais sans pour autant en faire l'objet de leur doléance. L'accès au crédit, présenté comme très difficile par certains intervenants, très aléatoire et dépendant de la volonté des banquiers pour les autres, avait plus leurs faveurs.

Tous sans exception soulèvent le problème des garanties bancaires. Les exigences des banques commerciales en la matière sont jugées exorbitantes et en tout cas sans rapport avec les concours sollicités par les représentants des PMI. Curieusement, les entrepreneurs présents laissaient l'impression de peu maîtriser l'environnement des banques et même d'ignorer l'existence du fonds de garantie de l'USAID par exemple.

Les banquiers présents n'ont eu cesse, au cours des séances de l'atelier, de marteler leurs contraintes.
Dépositaires de l'épargne publique, ils ont le devoir de sauvegarder cette épargne. L'élément sécurité est donc important à leurs yeux. Le ratio Cooke, en "primant" les crédits garantis, renforce leur "conservatisme". Mais ce discours avait peu d'échos dans la salle. Confinés dans leurs certitudes, les entrepreneurs s'en prenaient au banquier "trop pingre" et "peu objectif". A un moment, l'abcès fut crevé: un banquier clama tout haut que la garantie réelle ne constituait plus un problème dès lors que l'entreprise donnait une image fiable d'elle-même. Ce qui n'est pas le cas de la majorité, tient-il à préciser. Le problème central était évoqué: la transparence dans les relations banques-entreprises. Exigence du banquier, talon d'Achille des entreprises, seule cette transparence permettra d'assainir les rapports banques-entreprises, si importants dans une perspective de développement.
Plusieurs entrepreneurs ont d'ailleurs lié la transparence à la charge fiscale trop importante à leurs yeux.

Coût de l'argent: La vérité du marché

Les spécialistes du marché financier, en raisonnant globalement en termes d'intermédiation et d'allocation des ressources financières, paraissaient à l'écart.
Pourtant, ce sont leurs recommandations qui seront reprises, en majorité, par l'atelier. Car les documents de base du séminaire étaient constitués par les rapports de la Banque Mondiale; or, ceux-ci faisaient une belle place à la rénovation du marché financier marocain. Le coût élevé de l'argent et l'importance des garanties exigées ont été liées dans le document final au cloisonnement du marché bancaire et à la nécessité d'un marché financier transparent et organisé.

Cette approche a permis de "sortir" des recommandations chiffrées, programmées avec un timing précis. Ces recommandations visent selon le rapport final:
- la libéralisation progressive du marché financier,
- la nécessité d'une transparence entreprises/banques et autres organismes financiers,
- l'harmonisation fiscale entre les différents instruments financiers,
- la recherche d'une vérité du coût de l'argent en vue d'une meilleure allocation des ressources,
- l'amélioration de la situation financière des entreprises.
La création d'un marché monétaire, la délégation des créances et leur mobilisation etc... figurent au premier rang des recommandations proposées.

Jamal BERRAOUI

Les recommandations de l'atelier financement

Les recommandations concernent trois aspects: Le financement bancaire, les financements extérieurs et le marché monétaire et financier.

- Financements bancaires: Il est préconisé le développement des fonds de garantie existants ou à créer, le développement des sociétés de capital-risque et leur encouragement. Le long et moyen terme fait l'objet d'une recommandation visant la révision du mécanisme de formation des taux d'intérêt et l'introduction de nouveaux produits d'épargne pour assurer des ressources "longues" aux banques. Le financement des exportations est l'objet de deux recommandations: la création de nouveaux produits adaptés et la suppression du coefficient de retenue sur les créances nées. Un taux de base bancaire est réclamé. Mais ces mesures exigeant la transparence, le séminaire a recommandé la dynamisation de la centrale des risques et l'introduction du principe du rating (cotation des entreprises). En outre le séminaire propose la généralisation de la pratique de l'audit des entreprises.

- Financements extérieurs: Les participants ont émis le voeu de voir l'accès aux capitaux étrangers facilité au plus grand nombre d'entreprises marocaines. Pour ce faire, ils préconisent la mise en place d'un marché de changes pour éliminer le risque de change. La rétrocession par le Trésor des crédits étrangers qui lui sont accordés doit s'effectuer dans des conditions similaires à celles posées par les bailleurs de fonds, selon les recommandations. En outre, les participants demandent la suppression de la retenue à la source (10%) versée au Trésor sur les intérêts remboursés par les entreprises qui contractent des crédits à l'étranger.

- Marché monétaire et financier: Les recommandations reprennent les propositions avancées par les experts internationaux à de multiples reprises. Création d'un réel marché monétaire, open-market, encouragement du financement désintermédié et création de nouveaux instruments financiers. La panoplie proposée vise à la mise en place d'un marché efficient.

D'autres recommandations, telles que l'encouragement de l'étoffement des fonds propres ou la création d'un fonds de restructuration, ont été adoptées. L'application de ces mesures est souhaitée dans les deux années qui viennent. Reste à savoir si ce genre de séminaire a une influence réelle sur les décideurs politiques.

J.B.

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