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    Le prix augmenté de 18% : PVC : La SNEP s'explique sur la hausse

    Par L'Economiste | Edition N°:113 Le 20/01/1994 | Partager

    Fin 1993, la SNEP (Société Nationale d'Electrolyse et de Pétrochimie) augmente de près de 18% les prix du PVC. L'objectif des dirigeants est de "revenir à la situation normale". Cette hausse se heurte toutefois à l'incompréhension des transformateurs.

    Les transformateurs du PVC ayant reçu notification de l'augmentation des prix protestent. Après une chute de 45% des prix du PVC en 1992, la SNEP vient de procéder à une augmentation de près de l8%. "Il est inadmissible que l'augmentation se réalise maintenant. Ce n'est pas du tout encourageant pour une industrie en pleine crise", s'exclame un transformateur.

    Le secteur du plastique à base de PVC connaît déjà des difficultés. Il a, cette année, accusé une baisse de 20%. L'augmentation des prix viendrait alors aggraver cette crise.

    Pour les professionnels, la privatisation récente de la SNEP a posé le problème de son monopole et de la protection douanière de 25% dont elle bénéficie et qui constituerait "une rente de situation" . L'état-major de la société réplique que la SNEP n'est nullement en position de monopole. D'une part, le PVC est libre à importation et d'autre part, la société fait face au dumping des pays de l'Est en quête de devises. La SNEP ne fait que suivre l'évolution du marché international. Lorsque celui-ci était déprimé, la SNEP avait baissé ses prix de 45% entre 1991 et 1992. De juin 1993 à aujourd'hui, les prix à l'export se sont redressés passant de 420 à 700 Dollars la tonne, soit plus de 60% d'augmentation. Pendant ce temps. "la SNEP n'a augmenté ses prix que de 18% en deux fois (6% puis 12%), afin de ne pas perturber l'approvisionnement de ses clients. Ceci a représenté un manque à gagner très important pour la SNEP : en effet, le PVC importé reviendrait aujourd'hui à plus de 10.000 DH la tonne, au moment où la SNEP le commercialise à 7.850 DH la tonne. Ce prix reste par ailleurs nettement inférieur à celui pratiqué en 1990, qui était alors de 9.300 DH ", se défend la SNEP.

    Prix spot

    Au Maroc, les transformateurs du PVC s'approvisionnent à la SNEP ou importent cette matière au "prix spot", c'est-à-dire au prix export sur les marchés internationaux. Les droits de douane et taxes cumulés s'élèvent à 37,5%.

    La SNEP fixe ses prix suivant ces prix spot majorés des droits de douane, tout en restant bien inférieurs à ces prix majorés. "Les prix étrangers constituent une base de déterminations des prix. Cette base est majorée de droits de douane, ce qui nous permet de nous placer en dessous pour rester compétitifs", se défendent les dirigeants de la SNEP.

    La capacité mondiale de production du PVC est de l'ordre de 23 millions de tonnes environ. Elle est répartie entre l'Europe de l'Ouest (6 millions), l'Europe de l'Est (2,5 millions), l'Amérique du Nord (5,5 millions), l'Amérique latine ( 1,8 million), l'Asie du Sud-Est (6,4 millions). S'y ajoutent le Moyen-Orient avec 500.000 tonnes et l'Afrique avec 300.000 (dont le Maroc qui produit 35.000 tonnes).

    Les producteurs de PVC commercialisent une grande partie de leur production sur leurs marchés locaux (plus de 90%) à des prix appelés "prix internes" ou "domestiques".

    L'excédent de la production par rapport à la demande locale est exporté généralement à des prix appelés "spot", très inférieurs aux prix internes. Cet excédent est vendu au prix marginal.

    Hausse de 60%

    Suite à la récession européenne, les volumes exportables ont atteint des montants importants, ce qui a entraîné une chute des prix. L'effondrement des prix a été si grave que les sociétés productrices de matières plastiques perdaient de l'argent.

    Ainsi, une concertation entre les grands groupes producteurs européens a abouti à une réduction de la production par l'arrêt de certaines unités. Les prix ont alors commencé à augmenter à partir de juin 1993. Cette hausse de près de 60% a été accélérée par la reprise économique et une forte demande des pays du Sud-Est asiatique. En 19933, le prix du PVC était de 490 Dollars la tonne. Il est actuellement de 700 Dollars (prix spot ou à l'export).

    Jusqu'en 1977, les besoins de l'industrie marocaine en matières plastiques étaient totalement satisfaits par le recours à l'importation. Le démarrage de la SNEP en 1978 a permis aux industries locales de réduire considérablement leurs achats à l'étranger. L'économie de devises a été de l'ordre de 230 millions de DH en 1992, indiquent les dirigeants de la SNEP.

    Le Maroc est un pays très peu consommateur de matières plastiques en général. La consommation est en moyenne de 5Kg par habitant et par an, comparée à 55 à 60Kg par habitant et par an en Europe.

    Le PVC (polychlorure de vinyle) est obtenu à partir du monochlorure de vinyle ou MVC, produit par mélange de chlore et d'éthylène (dérivé du pétrole). Pour obtenir d'autres produits, le PVC est mélangé à des additifs chimiques pour produire différents types de "compounds" suivant les caractéristiques désirées (voir tableau).

    Meriem OUDGHIRI

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