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Economie

Le petit poucet des regroupements régionaux

Par L'Economiste | Edition N°:1574 Le 04/08/2003 | Partager

. L'intégration régionale tarde à se concrétiser . Incriminés, les faibles échanges communautaires et l'absence de réglementations harmoniséesAlors que l'heure est aux grands rapprochements régionaux, que l'Alena ou le Mercosur (pour ne citer qu'eux) ont fait leurs preuves mais aussi montré leurs limites, l'Union du Maghreb Arabe tarde encore à décoller. Et pourtant, il est urgent de mettre les bouchées doubles. Avec l'émergence de la zone paneuromed, le démantèlement tarifaire, l'élargissement de l'Europe, la libéralisation du textile mondial, le Maghreb n'a plus qu'à bien se tenir. En tout cas, les résultats de l'étude menée en juillet 2003 par la direction de la Politique économique et générale (DPEG) mettent à nu la vulnérabilité de la région face aux importants chamboulements mondiaux. L'objectif étant de cerner d'une part le contexte international de l'intégration maghrébine, et d'autre part, d'évaluer le potentiel d'échanges et d'investissements directs étrangers (IDE) pouvant découler de la concrétisation de l'espace maghrébin. Ainsi, indique le rapport du ministère des Finances, la relance de l'UMA permettrait-elle de recentrer le partenariat euroméditérranéen sur des objectifs prioritaires, à savoir le développement économique et l'insertion effective du Maghreb dans le commerce mondial. Aussi, souligne l'étude, le développement des relations commerciales entre les pays maghrébins pourrait créer une dynamique économique régionale. Celle-ci serait susceptible de “renforcer la réallocation des facteurs de production à l'intérieur de l'espace maghrébin et promouvoir l'attractivité de la région pour les IDE”. En outre, cette étude met le doigt sur plusieurs autres dysfonctionnements, qui ont conduit au ralentissement de l'expansion de l'UMA. Les échanges intramaghrébins sont les premiers incriminés. Ils sont même complètement atrophiés, avec pas plus de 0,6% d'échanges réalisés en 2000. Pas de quoi pavoiser lorsque l'on sait que le commerce intrazone avoisine les 60,2% dans l'Union européenne, 22,3% dans l'Asean, 10,6% dans les pays du PECO (liés à l'UE) et près de 20% dans le Mercosur. Fait avéré, les échanges commerciaux sont principalement unilatéraux. Ce qui laisse à penser que les économies maghrébines pourraient multiplier leurs échanges directs, qui sont en partie complémentaires. En particulier, l'Algérie représente un marché pour l'agriculture et les filières agroalimentaires du Maroc et de la Tunisie. D'après l'étude de la DPEG, le potentiel des échanges intramaghrébins semble être partiellement freiné par le niveau insuffisant de développement de la zone. Et surtout par le caractère similaire de certains pays maghrébins tels que le Maroc et la Tunisie. L'orientation privilégiée des échanges vers l'UE a généré une similitude des structures productives dans ces deux pays. Mais d'autres obstacles freinent encore le processus d'intégration régionale. Il s'agit du manque de convergence des politiques économiques, de l'inadéquation des infrastructures de transport aux impératifs de l'intégration maghrébine et du caractère incomplet du cadre institutionnel.Les spécialistes révèlent que l'approfondissement de l'intégration maghrébine serait de nature à dynamiser la croissance économique, à doper les échanges et accroître l'activité de la région. Le potentiel de développement du commerce existe. D'ailleurs, les échanges sont estimés à 1,6 milliard de dollars, énergie comprise. De plus, en attirant autant d'IDE que les pays émergents, l'UMA pourrait atteindre les 3 milliards de dollars d'augmentation de ses flux, estime l'étude. Au total, le gain annuel, issu de la concrétisation de l'intégration se chiffrerait à 4,6 milliards de dollars. Une réserve tout de même. L'UMA, pour prétendre à ces résultats, doit avoir des indicateurs comparables aux autres regroupements de pays émergents.Pour y arriver, il y a encore du pain sur la planche. En dépit des réformes engagées par les pays du Maghreb pour libéraliser les économies, l'Algérie et dans une bien moindre mesure le Maroc et la Tunisie continuent de rester à la traîne. En tête de liste des priorités, figurent l'assainissement macroéconomique et la mise en place d'un cadre juridique favorable au développement des affaires. Une cohérence dans la législation, une coordination des réformes structurelles et une harmonisation des réglementations seraient les bienvenues. Ce n'est qu'à ce prix que les choses peuvent évoluer.Radia LAHLOU

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