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Economie Internationale

Le Net et une Caravanne pour lutter contre l'OMC

Par L'Economiste | Edition N°:532 Le 18/06/1999 | Partager

· Une association de paysans indiens parcourt l'Europe ce mois-ci
· La cible est l'Organisation Mondiale du Commerce
· Le mouvement existe grâce à l'Internet


Il a fait cinq mille kilomètres pour venir en France. Catastrophé, ce petit paysan du Karnataka, un Etat du Sud de l'Inde, apporte un message simple.
"Le gouvernement indien veut ouvrir les frontières aux multinationales étrangères. Nous ne pourrons pas tenir face à cette concurrence. Toute notre économie traditionnelle risque de disparaître, et nous avec. Notre environnement est lui aussi en jeu avec l'introduction des pesticides, des engrais et des semences transgéniques".
Comme lui, quatre cents paysans de la Caravane intercontinentale sont venus d'Inde. Ils traversent une quinzaine de villes françaises et plusieurs capitales européennes durant le mois de juin.
Nadjund Swamy, intellectuel et ancien député, prône la défense de la paysannerie traditionnelle fondée sur l'autosuffisance des communautés villageoises et se réclame du gandhisme. "Mais, pour défendre notre culture, il fallait que nous venions en Europe.
On ne peut lutter contre la mondialisation de notre économie qu'en s'alliant à des militants des pays du Nord. Nous avons besoin d'eux". De fait, les syndicats indiens de la Caravane affirment mobiliser 50 millions depersonnes. Le projet de caravane a "tout naturellement" trouvé un écho en Europe. Invité officiel lors d'un congrès de la FAO (Food and Agriculture Organization) à Rome en 1996, Nadjund Swamy entend parler des activistes antilibéraux européens. Ensemble, ils créent alors l'Action Mondiale des Peuples (AMP), réseau militant à vocation internationale.
L'AMP, en effet, n'a ni structure, ni adresse, ni existence légale. On se rencontre plus souvent par e-mail que de visu. "Sans l'Internet, on n'y serait jamais arrivés".
Les participants, eux, ne sont qu'une poignée en Europe du Nord. Même si le lien est fait avec des organisations plus structurées comme le KRRS, le Front zapatiste de libération nationale (Mexique), la Centrale sandiniste (Nicaragua), les Paysans sans terre du Brésil, des militants maoris de Nouvelle-Zélande ou encore des associations d'écologistes de l'ex-Union soviétique.
A côté d'elles, une vingtaine de délégués de mouvements populaires latino-américains se sont rendus en France, à l'appel de Via Campesina, une internationale de syndicats de petits paysans en Amérique du Sud.
La caravane des Indiens a réussi son premier pari: créer des solidarités internationales de résistance au libéralisme. Mais tout cela reste folklorique et microscopique.

David BORNSTEIN
Syndication L'Economiste-Libération (France)


Programme classique, y compris pour la chicaïa


Le programme de la Caravane est classique: conférences agro, visites d'exploitations dans le Larzac (région française où des mouvements de contestations s'étaient illustrés il y a vingt ans), manifestation devant le siège de Novartis (entreprise qui produit des organismes génétiquement modifiés) et devant l'inévitable centrale nucléaire. Quelque 600 micro-associations européennes ont servi de relais à l'AMP: des écologistes, des squatters, les groupes d'extrême gauche ou des associations chrétiennes. Toutes ces organisations se retrouvent autour d'une cause commune: lutter contre les politiques libérales. Ce qui n'empêche pas les traditionnelles bisbilles: certains protestent contre l'organisation, d'autres avaient peur d'être récupérés...
"Heureusement, il n'y a qu'en France qu'on voit ça", commente un organisateur européen.

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