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Le mouvement de délocalisation française s'oriente vers les pays sud-méditerranéens

Par L'Economiste | Edition N°:623 Le 25/10/1999 | Partager

· Auparavant, la délocalisation un sujet tabou, les industriels français y voient aujourd'hui un moyen de survie

"Les textiliens français baignent actuellement dans un climat de tension sans précédent", affirme M. Abdelali Berrada, directeur général de l'Association Marocaine de l'Industrie Textile et de l'Habillement (Amith). Il a pu en mesurer l'ampleur lors du salon du textile, Première Vision, qui s'est tenu en France au début du mois. Ce salon est habituellement destiné aux professionnels européens, comme le Fatex, le salon des façonniers de l'habillement. Mais à cette dernière édition des exposants étrangers ont pu être remarqués. L'industrie textile française est bouleversée par la semaine des trente-cinq heures qui pénalise fortement le secteur. Parler de délocalisation a toujours été un sujet fortement réprouvé par les professionnels français, parce que c'est une industrie très renfermée et protectrice. Mais la menace asiatique a mis le secteur en danger. Les producteurs de ces pays, grâce à des salaires inférieurs, profitent mieux que les Européens de la mondialisation des échanges.
Certains patrons du tissage européen parlent de plus en plus de "survie" du secteur. Ils n'hésitent plus à jouer la carte de la délocalisation vers des pays à faibles coûts salariaux pour ne pas subir la dictature de l'Asie et des ex-pays de l'Est.
Le centre de gravité de l'industrie textile se déplace vers le Bassin méditerranéen, mais aussi vers les pays d'Europe de l'Est. "Une opportunité que le Maroc doit absolument saisir", fait observer M. Berrada, surtout que l'Amith estime avoir raté la première vague de délocalisations. Les professionnels marocains sont conscients que cette occasion, très importante du fait que l'amont de la filière (tisseurs, filateurs et teinturiers) se délocalise, est peut-être aussi la dernière.
Elle permettrait, selon l'Amith, de générer des emplois nouveaux et d'augmenter le chiffre d'affaires à l'export.
Toutefois, il ne faut pas crier victoire trop vite. Même si au Maroc le coût de la main-d'oeuvre est peu élevé, il existe ailleurs (Egypte, Tunisie, Turquie, Europe de l'Est...) des façonniers dont les coûts sont beaucoup plus compétitifs. De plus, les industriels français, en s'installant au Maroc, souhaiteraient travailler avec des matières premières locales. C'est en prévision de ces opportunités et de toutes celles à venir, mais aussi pour baliser le terrain, que le contrat-programme a été élaboré par la profession et présenté au gouvernement au début du mois d'août.
Pendant près d'une année, selon le directeur général de l'Amith, les professionnels du textile se sont penchés sur sa préparation, en essayant d'envisager les perspectives quant à l'évolution du secteur. "Le document offre des propositions destinées à améliorer les infrastructures et à générer de l'emploi", explique M. Berrada. C'est aussi une requête des professionnels qui demandent l'alignement sur les pays concurrents immédiats. Le contrat-programme, c'est enfin le moyen d'attirer le mouvement de délocalisation en France avec un meilleur panorama.


Visite impromptue


A la surprise générale de l'Amith, une délégation composée de dix textiliens (filature, tissage et ennoblissement) français est venue en visite au Maroc, avec à sa tête le président de l'unité nord du textile. Deux objectifs à cette visite: d'abord présenter des excuses aux industriels marocains pour le comportement agressif de certains opérateurs français lors du Vetma Lille qui s'est déroulé en mars dernier. En brisant ainsi la glace, les industriels français assurent ne plus voir en les industriels marocains des concurrents mais plutôt des partenaires.
Ensuite, découvrir donc les potentialités offertes par le marché national et, pour cette rencontre de premier type, visiter les usines.
Sans a priori, l'esprit ouvert, cette délégation s'est estimée ravie de sa visite et compte à l'avenir nouer plusieurs partenariats avec des professionnels marocains.

Radia LAHLOU

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