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Economie

Le Maroc est un bon risque selon le patronat britannique

Par L'Economiste | Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

· Des atouts multiples: Stabilité des systèmes politique et bancaire
· Faible croissance économique par rapport aux concurrents de la zone MENA
· Dans le milieu d'affaires britannique, le Maroc est perçu comme une chasse gardée de la France


La création d'une entreprise au Royaume-Uni se fait en quelques minutes. Rien à voir avec le parcours de combattant que l'on trouve au Maroc, une tradition héritée de l'administration coloniale. D'ailleurs, le Royaume-Uni passe pour une terre d'asile pour beaucoup de promoteurs excédés par la bureaucratie de l'Hexagone et les charges fiscales et sociales. Les hommes d'affaires britanniques ont du mal à comprendre la pléthore de légalisations de documents exigés pour créer une entreprise, confie M. Michael Field, consultant et conseil aux investisseurs. Ce dernier vient de publier un guide intitulé «Morocco Trade and Investment». Edité en anglais, l'ouvrage se démarque de la traditionnelle langue de bois. Il constitue une mine d'informations pratiques pour les investisseurs. Selon M. John Hill(1), président du Comité pour le Commerce au Moyen-Orient (COMET), le Maroc souffre d'un déficit de promotion au Royaume-Uni. Dans ce pays, «le Maroc est perçu comme une chasse gardée des Français», malgré la présence de quelques fleurons de l'industrie britannique au Maroc dans la pharmacie (Glaxo Wellcome) et le textile. «Au moins cinquante sociétés britanniques ont des activités au Maroc, employant plus de 23.000 personnes». «Nous voulons élargir le champ d'activité des opérateurs anglais aux autres secteurs d'activité, notamment celui financier», observe M. Hill. D'ailleurs, deux banques sont représentées au niveau de la délégation, à savoir la Barclays Bank et la British Arab Commercial Bank. Les banques britanniques font également partie d'un consortium chargé de conseiller le gouvernement pour la privatisation de Maroc Telecom.

Le Maroc, troisième client MENA


La barrière de la langue accentue encore plus des préjugés, explique M. Hill. C'est aussi pour corriger cette image que le patronat britannique entend multiplier les rencontres avec son homologue marocain et donner aux investisseurs une idée réelle de la situation au Maroc et des potentialités qu'il offre». Pour les Britanniques, le Maroc dispose de plus d'un atout: la stabilité politique, un système bancaire et financier solide et le dynamisme de ses entreprises industrielles. D'ailleurs, le risque «Maroc» est considéré comme bon dans les milieux d'affaires et financiers en Grande-Bretagne et cela se traduit dans les engagements de l'organisme de l'assurance à l'export, fait remarquer M. Suresh Khanna, directeur du British Trade International, l'équivalent britannique du Centre Marocain de Promotion des Exportations (CMPE). Le gouvernement britannique consacre chaque année 60 millions de Livres (près de 800 millions de DH) à la promotion du commerce extérieur.
Le président du Comet s'étonne que le Maroc n'arrive pas à drainer plus de touristes venant du Royaume-Uni. Plutôt que de cibler le «volume», «le Maroc aurait tout à gagner à orienter sa politique vers une clientèle à haute contribution».
Par rapport à ses concurrents de la région MENA, le Maroc présente de nombreuses faiblesses: une fiscalité trop lourde qui handicape la rentabilité de l'investissement, des prix de foncier hors de portée et des taux d'intérêts très élevés. Ce diagnostic rejoint très largement celui du patronat marocain. La faiblesse du taux de croissance décourage les investisseurs britanniques. L'Egypte, qui dispose de moins d'atouts, est devenu le chouchou des investisseurs en raison de son taux de croissance élevé et soutenu.
A rappeler que le Royaume-Uni est le troisième marché pour les exportations marocaines. De plus, les produits anglais exportés vers le Maroc ont triplé depuis 1990, faisant de notre pays le quatrième marché britannique dans le Monde arabe. «Nous voyons un énorme potentiel d'investissements britanniques au Maroc, en particulier dans le contexte du programme de privatisations. Les investissements britanniques dans le secteur du textile fournissent déjà des possibilités précieuses d'emploi et de formation dans ce pays. Mais nous voudrions mieux connaître les possibilités dans d'autres secteurs où nous pouvons utiliser l'expertise britannique», tient à souligner le président du COMET.

Rafik IKRAM & Abashi SHAMAMBA

(1) M. Hill présidait la semaine dernière une très forte délégation d'hommes d'affaires britanniques en visite au Maroc. Ces derniers ont rencontré la CGEM ainsi que des membres du gouvernement. Le COMET (Committee for Middle East Trade) est un organisme créé en 1963 dont la mission est de chercher des opportunités d'exportation et d'investissements dans le Monde Arabe, l'Iran et la Turquie.

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