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Economie

Le Maroc dans vingt ans
Développement social: Stratégie de ruptures aussi

Par L'Economiste | Edition N°:2260 Le 21/04/2006 | Partager

. Si on ne change pas de cap: Grosse crise sociale en 2025. Allumer des foyers de débatsMardi dernier, l’Institut CDG a reçu Tawfik Mouline, chargé de mission au Cabinet royal, (en tant que modérateur du groupe «perspectives») pour présenter «la dimension prospective dans le rapport du cinquantenaire sur le développement humain» et en débattre. Soit, la méthode et le fond du sujet: Maroc 2025, ce qui est possible, ce qui est souhaitable.La question n’est plus seulement pourquoi, mais comment? Comment faire pour provoquer des ruptures? Qu’est-ce qui permet de créer une synergie  pour construire ce Maroc de 2025? L’acte n’est pas naïf quand les experts qui font la prospective du Maroc 2025 dessinent un pays au bord de la crise sociale, si les tendances actuelles se prolongent (cf. L’Economiste du 6 et 9 janvier 2005, www.leconomiste.com). Evidemment, les paramètres sont des postulats. Les experts ont la rigueur de la démarche scientifique: les anticipations ne sont que des scénarios, et qui prennent en compte les éléments sur lesquels on peut agir et les possibilités. «Ce rapport n’est pas un recueil de recettes, il est là pour créer les débats», martèle l’architecte de l’organisation qui a permis la réalisation de ce rapport de 5.000 pages, Abdelaziz Meziane Belfqih.Dans un ton et une réflexion libres, les rédacteurs du rapport transversal sur les perspectives du Maroc le disent: malgré les avancées enregistrées, «le scénario tendanciel n’est pas viable», et le développement humain reste faible. «Dans de telles conditions et si les goulets d’étranglement ne sont pas levés, une crise sociale pourrait survenir et compromettre le processus démocratique», projette le rapport.Les ruptures sont vitales et possibles, disent les experts. Elles sont clairement identifiées pour les auteurs du rapport. «Face à la dégradation de la qualité de l’enseignement et au rythme lent de la lutte contre l’analphabétisme, le Maroc n’a d’autres choix que de privilégier le savoir et d’opérer une véritable rupture dans ce domaine», dit ledit document.Pour le conseiller du Souverain, il y a un mécanisme indispensable pour rompre une tendance non souhaitable, mais réelle: «La parole» dira-t-il, sourire et regard on ne peut plus profond. «La rupture se provoque par la parole». Il ne le dira pas assez et milite pour que d’abord «l’on puisse parler entre nous», acte nouveau s’il en faut, du moins avec la méthode.Encore ce soir en présence du DG de la CDG, Mustapha Bakkoury, son tout nouveau directeur général adjoint (ancien secrétaire général), Abdessalam Aboudrar, et des directeurs des filières, il improvisera une intervention pour le dire. Le modérateur du groupe «perspectives», Mohammed Tawfik Mouline a montré que le regard éclairé sur le passé par ces travaux permet de savoir, non plus ce qu’on a bien ou mal fait, mais «pourquoi on a mal fait?» (dixit Belfqih) et vers où on peut mener le navire Maroc. Tirer les enseignements de méthodes. L’équipe du rapport sur les cinquante ans de développement humain et les perspectives poursuivent leur tournée de ce Maroc possible. Alors même que le Maroc dessiné à partir de la réalité du présent donne le tournis de l’impossible.


Pour dénouer les pelotes: Il y a les bons et les mauvais fils

«Débloquer les nœuds du futur, c’est comme essayer de démêler une pelote. Si on ne tire pas sur les bons fils, on risque de resserrer la pelote». En ces termes, Tawfik Mouline a expliqué ce sur quoi nous devons agir, du moins de l’avis du groupe «perspectives». Ce sont des interdépendances qui entrent dans la dimension du développement humain. Il y en a quatre qui font effet levier:- Le déficit en gouvernance (dans lequel il y a en «sous-nœud» le problème de la justice et de la corruption)- Le déficit en savoir- L’insuffisance de la création d’emplois (qui n’est pas directement corrélée à la croissance)- Le déficit de développement local.«Le Maroc doit miser sur le savoir, le développement local, la gouvernance (dans laquelle il y a la question de la justice et de la corruption), l’emploi: les performances sociales sont encore décevantes (4,2 millions de pauvres, 10 millions d’analphabètes…). Le prolongement des tendances 2005, vingt ans plus loin, dessine les contours d’un pays au bord de la crise sociale. Les ruptures pour inverser les tendances sont nécessaires. A la recherche d’une vision, et de l’activation des clés (puisqu’elles sont identifiées) du «miracle marocain», la première étape est d’abord d’avoir un débat national. Mission: construire une vision, pourquoi pas comme la Malaisie, la Corée du Sud, Singapour. C’est ce à quoi s’évertue le comité directeur du rapport présidé par le conseiller du Roi, Abdelaziz Meziane Belfqih, qui va en tournée pour distiller les idées qui permettront, peut-être comme pour la Malaisie, une vision qui galvanise le développement du Maroc«



Ruptures dans les politiques publiques

Il faut de «véritables ruptures dans certaines politiques publiques», estime le rapport:- Education et lutte contre l’analphabétisme: Rythme trop lent et dégradation de la qualité de l’enseignement- Gestion des affaires publiques: «Pour plus d’efficacité, les politiques publiques gagneraient à être territorialisées, mieux coordonnées et intégrées dans une vision à long terme du développement humain»- Politique agricole: «Les campagnes pourraient s’appauvrir malgré les efforts de leur équipement en infrastructures et services de base face aux enjeux de l’ouverture économique». Il faut faire évoluer l’agriculture «d’une activité vivrière vers une activité intégrée dans l’économie de marché et à haute valeur ajoutée, tout en préservant la sécurité alimentaire»- Gouvernance: Gestion des ressources humaines par la compétence, «la justice pour une indépendance et une impartialité totales», un système d’information plus transparent, objectif et communication pour tout le monde- Croissance économique: Le financement de l’économie pour répondre aux besoins des TPE et PME est impérieux.


Une rupture, c’est quoi?

La définition relayée dans le rapport sur les perspectives de 2025 n’est pas très audacieuse pour expliquer un terme qui signifie le changement. Ledit changement (rupture) peut être soit possible, pensé ou encore brutal et incontrôlable. Une rupture est «une situation ou un évènement de toute nature (politique, économique, sociale, culturelle, technologique, organisationnelle…), d’ordre interne (liée à des paramètres endogènes) et/ou externe (liée à des paramètres exogènes)». Quelque chose de nouveau. «Elle est considérée comme plausible/vraisemblable mais imprévisible (au sens où l’on ne peut fixer une date précise à son avènement), aux impacts potentiels (positifs/négatifs) importants». La rupture peut résulter de bouleversements brusques, ou bien «être déjà potentiellement en germe».M. Kd

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