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Economie

Le Maroc dans vingt ans
«Parfois, il suffit de changer de méthode de travail»
Entretien avec Tawfik Mouline, modérateur du groupe perspectives, chargé de mission au Cabinet royal

Par L'Economiste | Edition N°:2260 Le 21/04/2006 | Partager

Modérateur du groupe «perspectives 2025» et membre de la commission scientifique du rapport «50 ans de développement humain au Maroc et perspectives 2025», Mohammed Tawfik Mouline, chargé de mission au Cabinet royal, revient pour L’Economiste sur les grandes lignes du rapport du cinquantenaire sur le développement humain et les enjeux du Maroc. L’agriculture est une option devenue hypothèque. «On a peut-être focalisé sur l’agriculture, mais on n’a peut-être pas vu l’agriculteur» ces quarante dernières années. Il y a des ruptures à provoquer dans certaines politiques publiques et des enseignements de méthodes à capitaliser. Mouline et ses pairs sont convaincus que le salut du Royaume est dans le savoir. Le Maroc devrait y mettre le paquet, encore faut-il régler le problème de l’analphabétisme. - L’Economiste: L’agriculture est une «option devenue hypothèque», la formule utilisée marque-t-elle un tournant dans l’approche?- Tawfik Mouline: Le travail sur le développement humain a mis en évidence les politiques agricoles menées depuis l’Indépendance jusqu’à aujourd’hui. L’hypothèque agricole a été mentionnée car les rendements agricoles n’ont connu qu’une évolution lente malgré les investissements publics lourds dont a bénéficié ce secteur, qui fait vivre presque la moitié de la population, mais qui reste tributaire de l’aléa climatique. Cette situation s’explique par des structures foncières peu adaptées, par le taux élevé d’analphabétisme des agriculteurs et par le fait que le monde rural est resté marginalisé, du moins jusqu’au début des années 90. Ce n’est qu’à partir de 1993, que les conditions de vie des agriculteurs ont commencé à s’améliorer avec les programmes lancés pour équiper le monde rural en eau potable, en électricité et en routes rurales et avec le programme des priorités sociales visant la lutte contre la pauvreté. Le rapport du cinquantenaire sur le développement humain a identifié les défis à relever dans les deux prochaines décennies pour le secteur agricole. Il s’agit d’évoluer vers une économie rurale plus diversifiée et de réussir la reconversion du secteur agricole vers des activités à haute valeur ajoutée, dans un contexte d’ouverture sur le monde extérieur.. Vous avez identifié plusieurs nœuds qu’il fallait démêler. Comment provoque-t-on les ruptures?- Les ruptures peuvent être provoquées soit en révisant certains choix antérieurs structurants, soit en adoptant de nouvelles orientations de politiques publiques. Parfois, il suffit de changer les méthodes de travail quand les choix publics sont adéquats en développant, par exemple, l’anticipation au niveau des politiques publiques et en favorisant les programmes intégrés plutôt que les projets sectoriels. A ce sujet, il faut préciser que le Maroc a souvent opté, par le passé, en matière économique, pour des choix judicieux. Il n’a pas négligé le secteur agricole au lendemain de l’Indépendance contrairement à plusieurs pays en développement. Il a encouragé, dès les années 60, la liberté d’initiative et le développement de l’économie de marché.. Si on prenait un exemple concret: l’analphabétisme? - Le taux d’analphabétisme a baissé en moyenne d’un point par an depuis l’Indépendance, s’établissant à 43% aujourd’hui. Cette cadence est insuffisante pour un pays comme le Maroc qui aspire à atteindre un niveau de développement humain élevé à l’horizon 2025.Des progrès importants ont été réalisés ces dernières années en matière de généralisation de la scolarisation de base, ce qui constitue un premier pas dans la lutte contre l’analphabétisme. Pour l’éradiquer, il faudrait mobiliser l’ensemble des acteurs au développement (secteur public, milieu des affaires, société civile...) dans le cadre d’une démarche volontariste de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Certaines fédérations professionnelles ont d’ailleurs compris que l’alphabétisation des ouvriers permet d’accroître la productivité du travail et d’améliorer significativement la compétitivité industrielle.. Et les jeunes dans ce travail? - Les jeunes devraient être au centre des préoccupations publiques. Outre l’impératif de réussir la réforme de l’éducation en assurant une formation de qualité aux jeunes, il faudrait s’attaquer à la problématique du chômage qui constitue un nœud-levier du futur en réunissant les conditions d’une croissance forte et durable. Celle-ci est nécessaire mais pas suffisante, car il est possible de faire de la croissance au Maroc au détriment de l’emploi, du moment que la productivité globale des facteurs ne contribue que faiblement à la croissance économique. La problématique de la croissance et de l’emploi a été largement analysée tout au long du processus d’élaboration du rapport du cinquantenaire et des pistes ont été suggérées pour promouvoir l’emploi et répondre aux préoccupations des jeunes.. Les jeunes ont parfois l’impression d’être sujets d’étude plutôt qu’acteurs - Pour assurer une véritable intégration des jeunes au processus de développement, il est primordial de leur offrir une formation appropriée, de développer l’offre d’emploi en refondant une économie compétitive et prospère, de lutter contre certains fléaux et de promouvoir les activités sportives et de loisirs. La formation de leaders de demain a été précocement préconisée par certains pays ayant atteint, aujourd’hui, un niveau de développement élevé comme la Corée du Sud. Pour répondre à leurs aspirations et à leurs besoins, il est important de mener des enquêtes régulières sur les jeunes et de multiplier les débats sur les problématiques les concernant. L’approfondissement de la connaissance des jeunes facilitera la mise en œuvre de politiques publiques, ciblant cette catégorie de la population.


Une ambition pour le Maroc: Le savoir

Pour le modérateur du groupe «perspectives», Tawfik Mouline, s’il y avait une vision sur laquelle le Maroc devrait miser, ce serait «incontestablement intégrer la société du savoir» en tirant profit des «expériences internationales réussies comme celles de l’Irlande ou de la Corée du Sud». «Le savoir, c’est l’éducation et la formation, mais aussi l’innovation, la recherche & développement et l’émergence de pôles régionaux de compétences réunissant les universités, les centres de recherche et les entreprises», dit Mouline. Propos recueillis par Mouna KADIRI

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