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Economie

«Le marketing est un moteur de croissance»
Ezzedine Berrada, président de l'Association marocaine de l'industrie pharmaceutique (AMIP)

Par L'Economiste | Edition N°:1531 Le 03/06/2003 | Partager

. Pour l'industrie pharmaceutique, le problème se situe surtout par rapport à l'étroitesse du marché au Maroc. L'AMIP considère que l'AMO est susceptible de donner un autre souffle au secteur. L'Economiste: Quelle place occupe le marketing dans une structure industrielle pharmaceutique?- Ezzedine Berrada: Le marketing prend de plus en plus de place dans une structure industrielle, car nous estimons que c'est le moteur de notre développement et l'initiateur de la stratégie. Notre objectif est de mieux apporter l'information médicale au médecin pour qu'il puisse donner la préférence en toute liberté à tel ou tel médicament. Le budget consacré à l'information médicale représente entre 10 et 12% du chiffre d'affaires annuel. Des laboratoires font un marketing plus musclé qui peut aller jusqu'à 15% du CA. Tout le monde prend aujourd'hui conscience du fait que le marketing est un moteur de croissance. . Plusieurs médecins commencent aujourd'hui à parler de dérapages dans la relation entre laboratoires et corps médical. Dans quelle mesure l'AMIP est-elle concernée? - Notre secteur est organisé à tous les niveaux: la production, l'achat de la matière première jusqu'à la distribution et l'information médicale, au sens noble du terme. Toutes ces formalités sont régies par le décret du 7 mai 1977, qui organise la publicité du médicament. Un médicament est un produit qui vient d'une recherche scientifique. Il ne peut pas y avoir de dérapage pour la simple raison que l'on ne peut enfreindre la loi. S'il y a dérapage, ça ne pourrait être que des actes isolés. Nous participons à la formation médicale continue. Si un médecin exige un cadeau, cela n'engage que lui. Les cadeaux sont régis par le décret de 1977. Il s'agit d'articles publicitaires, stylos, sous-main, etc., que nos délégués donnent aux médecins lors de leurs tournées. . On accuse souvent les laboratoires de n'investir dans la formation continue des médecins que dans la mesure où ils veulent passer des messages publicitaires…?- Nous faisons des tables rondes autour d'un sujet et non d'un produit. Un laboratoire qui a des produits pour le traitement des rhumatismes va inviter des rhumatologues de Casablanca et des autres villes pour parler uniquement de cette spécialité. Souvent, l'industrie pharmaceutique est sollicitée pour aider à la formation scientifique. Il y aura un congrès mondial à Marrakech au mois d'octobre. C'est la première fois qu'il se tient au Maroc sur la pharmaco-vigilance. Il y a une centaine de sociétés savantes: de radiologie, pharmacologie, dermatologie… Elles tiennent leurs congrès annuels ou semestriels et sollicitent l'aide financière de l'industrie. Et puisque ce genre de manifestation n'attire pas le grand public, nous sommes tout à fait habilités à mettre la main à la pâte. . Comment vivez-vous la crise mondiale du secteur de la production médicale? - Le marché marocain est très plat. L'OMS nous le confirme. Avec un développement économique comparable au nôtre, nous devrions consommer 40 dollars par habitant, nous en sommes toujours à 20. On a encore du chemin à faire pour doubler la mise. L'assurance-maladie est un outil important pour booster la consommation. . Une meilleure politique du générique ne serait-elle pas à même de renflouer le secteur? - Le CA du générique au Maroc représente entre 15 et 20% du CA global. 90% des médicaments consommés en France sont des génériques. Le Maroc est un pays très peu consommateur de médicaments. Il faut tenir compte de plusieurs paramètres. C'est une question de culture. Ce n'est pas normal que le Maroc consomme moins que les Algériens et les Tunisiens. Toutes branches confondues, nous consommons à peu près 5 milliards de DH par an: entre médicaments vendus au privé, dans le marché public et les exportations. Les Tunisiens qui ne sont que 10 millions d'habitants, consomment 70% de ce que nous consommons. C'est une question de culture: privilégier sa santé, son ventre ou ses loisirs. Par tradition ou par habitude, le Marocain croit qu'il peut se soigner gratuitement. Il va déjà à l'hôpital avant d'aller chez le médecin. Les hôpitaux sont souvent occupés par des gens qui ont les moyens d'aller se soigner au privé. . Pourquoi le Maroc ne produit-il pas encore 100% de ses besoins en médicaments? - Nous produisons aujourd'hui 80% de nos besoins. Pourquoi pas les 100%? parce qu'il y a des petites séries où il n'est pas rentable d'investir. Le jour où il y aura l'AMO, nous serons capables d'assurer l'approvisionnement à 100%. C'est une loi à connotation très sociale et politique et je crois qu'elle fait peur aux financiers du Royaume. On a mis tellement de temps dans cette réforme. Les textes ne sont pas encore sortis. Le responsable du système de contrôle et de régulation doit être nommé, qui lui-même va constituer son équipe. Tout ça nous reporte à fin 2004. Mais il faut prendre toutes les mesures de sauvegarde pour que la réforme réussisse. Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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