Entreprises

Le juste-à-temps aux portes de la Somaca

Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

Pour accompagner le lancement de la Siena, la Somaca investit 200 millions de DH dans une nouvelle ligne de production et un complexe industriel destiné aux équipementiers. L'objectif est de créer un pôle industriel autour de l'usine(1).


Elle est la hantise de toutes les firmes automobiles mondiales. Leurs stratèges en ont fait une obsession. La méthode du just-in-time (ou des flux tendus) popularisée par les constructeurs japonais est un des leviers de la compétitivité.
C'est bien dans cet objectif qu'il faut recentrer la construction d'un complexe industriel (surface couverte de 28.000 m2) pour former un cordon de sous-traitants autour de l'usine de la Somaca. Ces locaux seront opérationnels en été 1998, ont promis les responsables de Fiat Auto. Les équipementiers qui vont s'y installer bénéficieront de tarifs préférentiels via des contrats de location longue durée. Le lancement de la Fiat «Siena» passait inévitablement par la mise à niveau de l'outil de production de la Somaca. La société a investi 200 millions de DH, (dont 70% pris en charge par son partenaire Fiat Auto) dans une nouvelle ligne de production et l'aménagement d'un complexe industriel destiné aux équipementiers.

Quelques grands noms de la sous-traitance automobile ont soit pris des options, soit des engagements. Il en est ainsi de la société Delphi (9,5 milliards de Dollars de chiffre d'affaires) qui investit 18 millions de Dollars pour la création d'une filiale. Celle-ci fabriquera les planches de bord et les faisceaux et câbles électriques et électroniques. Le groupe Sila Holding International investira 2,4 millions de Dollars dans la production de commandes à distance et des flexibles et le groupe Proma qui a racheté la société Elastoplast.

ISO 9002


La modernisation des installations de la Somaca portera sa capacité de production à 40.000 unités par an. Au 20 décembre, 16.000 véhicules étaient sortis des chaînes de l'entreprise. La Somaca annonce par ailleurs un investissement supplémentaire de 85 millions de DH en 1998/1999. Cet investissement portera sur l'extension de la ligne de traitement des surfaces et l'installation d'une nouvelle ligne des laques avec pistolage automatique. Parallèlement, la Somaca promet de poursuivre ses efforts en matière de qualité. Et d'ici 1999, elle se fixe l'objectif de la certification ISO 9002.

A rappeler que la «Siena» est produite dans les usines du groupe italien en Argentine, au Brésil et au Venezuela depuis près de six mois. La même voiture est également construite en Turquie, en Pologne et en Inde. Des échanges croisés de composants sont prévus entre les différentes unités du groupe Fiat qui fabriquent la voiture mondiale. C'est ainsi qu'une partie de composants proviennent de pays d'Amérique latine, et le Maroc devrait exporter certaines pièces détachées vers ces pays.
Au passage, l'on rappellera que c'est la «Palio» qui était programmée à être produite dans les chaînes de la Somaca. Après étude marketing, il s'est avéré qu'elle ne correspondait pas aux attentes du marché, et les responsables ont dû se résoudre à la remplacer par la Siena. Elle devrait

progressivement se substituer à la Uno d'ici une année et demie. De même, par rapport au calendrier initial, cette «world car» arrive légèrement en retard(2). Sa sortie commerciale était annoncée pour septembre 1997, alors que les premières voitures ne devraient être dans le réseau de distribution pas avant février prochain. Le prix de vente se situe à un peu moins de 100.000 DH (il reste à affiner certains détails pour fixer le prix définitif). Côté production, la Somaca se fixe l'objectif de sortir 13.000 voitures Siena en 1998. La production de la Uno se poursuivra au moins pendant une année encore, confie un responsable. Elle va constituer l'entrée en gamme du portefeuille de Fiat Auto Maroc.
Par rapport à la Uno, l'organisation du travail a complètement changé, dévoilent des employés de la Somaca. Quelques salariés ont suivi une formation en Amérique latine, et ce sont eux qui se chargeront de former leurs collègues. L'apprentissage se fera essentiellement sur le tas.

Abashi SHAMAMBA

(1) Voir L'Economiste du 18 décembre 1997.
(2) Voir L'Economiste du 21 novembre 1996.

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